Revues de presse

Edité par Progexa

Revue de presse 10 Avril : • L’UE veut prolonger la fermeture des frontières extérieures jusqu’au 15 mai • Air France-KLM : Djebbari confirme les négociations de prêts de six milliards d’euros • Trafic Air France-KLM : – 56,6% en mars…

Revue de presse 10 Avril : • L’UE veut prolonger la fermeture des frontières extérieures jusqu’au 15 mai • Air France-KLM : Djebbari confirme les négociations de prêts de six milliards d’euros • Trafic Air France-KLM : – 56,6% en mars…

Au sommaire :  

 

  • L’UE veut prolonger la fermeture des frontières extérieures jusqu’au 15 mai

  • Transport aérien : 65,5 millions d’emplois directs et indirects menacés dans le monde

  • Air France-KLM : Djebbari confirme les négociations de prêts de six milliards d’euros

  • Faillite compagnies aériennes : 100 députés français demandent la création d’un “fond passagers”

  • Trafic Air France-KLM : – 56,6% en mars

  • Le nombre de passagers d’Air France-KLM s’est effondré en mars

  • Lufthansa arrête les opérations de Germanwings

  • Coronavirus: Korean Air met 70% de son personnel en congé

  • Malaysia Airlines : une offre de 2,5 milliards de dollars

  • Non au sauvetage inconditionnel du secteur aérien!

  • Les Français pourront-ils partir en vacances cet été? 

 

L’UE veut prolonger la fermeture des frontières extérieures jusqu’au 15 mai

La Tribune du 08/04/2020

La Commission européenne a invité les Etats membres à prolonger jusqu’au 15 mai l’interdiction des voyages non essentiels vers l’UE, qui avait été décidée le 17 mars pour un mois en raison de la pandémie de nouveau coronavirus.

La reprise du transport aérien n’est pas pour demain. La Commission européenne a invité mercredi les Etats membres à prolonger jusqu’au 15 mai l’interdiction des voyages non essentiels vers l’UE, qui avait été décidée le 17 mars pour un mois en raison de la pandémie de nouveau coronavirus.

“L’expérience des Etats membres et d’autres pays exposés à la pandémie montre que les mesures en oeuvre pour combattre la propagation du virus requièrent plus que 30 jours pour être efficaces”, a indiqué la Commission dans un communiqué.

Un certain nombre d’exceptions

Cette fermeture des frontières extérieures de l’UE compte un certain nombre d’exceptions (ressortissants européens et leur famille, résidents de longue date, diplomates, personnel soignant, chercheurs, transfrontaliers…). Les ressortissants britanniques, dont le pays a quitté l’UE le 31 janvier, sont une autre exception et ne sont pas concernés par la mesure.

Le Royaume-Uni, qui ne fait pas partie de l’espace Schengen, ne s’est pas rallié à cette fermeture des frontières extérieures, pas plus que l’Irlande.

 

Transport aérien : 65,5 millions d’emplois directs et indirects menacés dans le monde

Tourmag du 08/04/2020

Dans sa conférence de ce mardi 7 avril, Alexandre de Juniac a dressé un constat catastrophique de la situation du transport aérien. Quelque 61 milliards de dollars pourraient disparaître des réserves de liquidités au cours du deuxième trimestre seulement. La demande est en chute libre. Dans le monde, il est en baisse de 70% par rapport à l’année dernière – 90% en Europe. Et cela pourrait même empirer. 25 millions d’emplois directs et indirects menacés dans le monde. Extraits.

Si les avions ne volent pas, la viabilité de bon nombre de ces emplois disparaît, a averti Alexandre de Juniac lors de la conférence de presse de l’IATA ce mardi sur le COVID-19. “Nous estimons qu’environ 25 millions d’emplois sont menacés jusqu’à ce que le secteur de l’aviation fonctionne à nouveau, a-t-il mis en garde.
25 millions de personnes équivaut à l’ensemble de la main-d’œuvre italienne et supérieur à la main-d’œuvre des principaux pays industrialisés comme l’Espagne ou le Canada. (…) Les gouvernements doivent accorder d’urgence une aide financière aux compagnies aériennes.

“Faire de la viabilité des compagnies aériennes une priorité…”

Nous continuons de demander aux gouvernements: (un) Soutien financier direct; (des) Prêts, garanties de prêts et soutien au marché des obligations de sociétés par le gouvernement ou les banques centrales, et Allégement fiscal. (…) Nous pensons que les gouvernements doivent faire de la viabilité des compagnies aériennes une priorité.
La vitesse est essentielle. Les compagnies aériennes disposent en moyenne de deux mois de liquidités. Et de nombreuses compagnies aériennes sont déjà dans la troisième semaine de fermetures majeures de leurs activités. (…) Les compagnies aériennes ont été largement fermées pendant quelques mois, le redémarrage est une chose compliquée. Les licences peuvent avoir expiré ou les dates d’audit de sécurité être passées. Les certificats de navigabilité peuvent ne plus être valides. Les avions auront besoin de quelques travaux de maintenance… (…)
Nous n’avons jamais fermé l’industrie à l’échelle mondiale auparavant. Ce sera donc une première pour une réouverture.(…)

 

Air France-KLM : Djebbari confirme les négociations de prêts de six milliards d’euros

La Tribune du 08/04/2020

Les informations selon lesquelles Air France-KLM pourrait avoir besoin d’une ligne de crédit de six milliards d’euros pour faire face à la crise du coronavirus sont réalistes, a jugé mercredi le secrétaire d’Etat français aux Transports, Jean-Baptiste Djebbari. “Tout est envisageable et tout est prêt”, a ajouté Bruno Le Maire au sujet des aides de l’Etat à Air France et à Renault.

L’Etat se tient prêt à renflouer le capital d’Air France et de Renault face à la crise du coronavirus, a indiqué mercredi le ministre de l’Economie Bruno Le Maire.

“Je vais être très bref, tout est possible, tout est envisageable, tout est prêt”, a déclaré le ministre de l’Economie et des Finances, Bruno Le Maire, à la sortie du conseil des ministres.

Ce matin, le secrétaire d’Etat aux transports Jean-Baptiste Djebbari a confirmé sur LCI les six milliards d’euros environ dont a besoin le groupe d’Air France-KLM pour survivre.  Dévoilé par Reuters la semaine dernière, cet ordre de grandeur avait été confirmé à La Tribune par un connaisseur du dossier.

“C’est à peu près ces horizons financiers. C’est en discussion. Vous annoncez un volume qui n’est pas irréaliste, donc je peux le confirmer”, a déclaré Jean-Baptiste Djebbari.

Soutien des deux Etats

Négociés avec des banques françaises et néerlandaises, ce montant serait couvert par deux prêts. L’un à hauteur de 2 milliards d’euros environ pour KLM, et l’autre de 4 milliards d’euros pour Air France. Celui de la compagnie néerlandaise sera garanti par l’Etat néerlandais, celui d’Air France par l’Etat français. Pour rappel, la France et les Pays-Bas sont les deux principaux actionnaires d’Air France-KLM, à hauteur de 14,3% et 14% respectivement.

“C’est en discussion évidemment avec les services de Bercy, l’agence des participations de l’Etat et nos homologues néerlandais”, a ajouté Jean-Baptiste Djebbari.

 

Faillite compagnies aériennes : 100 députés français demandent la création d’un “fond passagers”

Tourmag du 09/04/2020

Sous l’impulsion de Pascale Fontenel-Personne, députée de la Sarthe et co-présidente du groupe d’étude « Tourisme » à l’Assemblée Nationale, 100 députés ont écrit à la présidente de la Commission Européenne pour l’inciter à créer un “fond passagers” garantissant aussi bien les voyageurs que les agents de voyages en cas de faillite de la compagnie.

Un courrier signé par 100 députés et écrit à l’initiative de Pascale Fontenel-Personne, péputée de la Sarthe et co-présidente du groupe d’étude « Tourisme » à l’Assemblée Nationale a été envoyé à la présidente de la Commission européenne, Ursula Von Der Leyen afin de la sensibiliser aux pratiques de IATA qualifiées d’abusives par les agences de voyages. Pascale Fontenel-Personne a reçu le 3 avril dernier le CEDIV, les Entreprises du Voyages, le SNRT, le SETO ainsi que d’autres entreprises du tourisme afin de lancer ce courrier d’initiative parlementaire. Objectif : inciter la commission européenne à appliquer le règlement européen 261/2004 qui prévoit de rembourser les billets non volés et annulés aux passagers et aux agences de voyages.
“Cette position a été réaffirmée par la Commission Européenne dans son communiqué du 18 mars 2020. Alors appliquons-la.” indique le courrier signés des 100 parlementaires qui demandent surtout la mise en place d’urgence d’un “fond passagers” garantissant aussi bien les voyageurs que les agents de voyages en cas de faillite de la compagnie.

Comme le précise la député de la Sarthe, “la mise en place d’une garantie financière sur le transport aérien est un serpent de mer de la vie politique. À chaque faillite, l’idée et le débat resurgissent”.
L’objectif est de “trouver le compromis permettant de protéger toute la chaîne commerciale : du consommateur au producteur comme l’agent de voyages.”
“Cette fois-ci, nous ne pouvons y échapper. C’est l’une des conditions essentielles du rebond économique commun du secteur touristique et aérien qui permettra de rassurer durablement la filière” souligne Pascale Fontenel-Personne, députée de la Sarthe. La co-présidente du groupe d’études « Tourisme » de l’Assemblée nationale avait déjà condamné le 18 mars dernier les tarifs excessifs de certaines compagnies aériennes lors des rapatriements des Français bloqués à l’étranger.

 

Trafic Air France-KLM : – 56,6% en mars

Air journal du 09/04/2020

Pandémie de Covid-19 oblige, le trafic du groupe aérien franco-néerlandais a chuté de 56,6% en mars avec 3,597 millions de passagers. Air France affiche -58,8%, quand KLM Royal Dutch Airlines perd 54% et la low cost Transavia 56,6%,

Les statistiques d’Air France-KLM pour mars 2020 sont « fortement impactées par le COVID-19, reflétant l’extension progressive des réductions de capacité suite à l’expansion mondiale du virus ». Des vols spéciaux ont été opérés par Air France, KLM et Transavia pour rapatrier les citoyens dans leur pays d’origine, en étroite collaboration avec les gouvernements français et néerlandais, précise le communiqué du groupe. Pour avril et mai 2020, le Groupe prévoit que « plus de 90% de la capacité prévue sera suspendue en raison des restrictions de voyage imposées au niveau mondial » pour contrer la propagation du coronavirus ; Air France et KLM ont l’intention de continuer à desservir des paires de villes clés à partir de leurs hubs respectifs sous forme d’opérations réduites. Au-delà de mai 2020, le groupe n’est actuellement « pas en mesure de fournir des informations en raison du niveau élevé d’incertitude sur la durée de la crise » ; il suit l’évolution de la situation au quotidien « en évaluant en conséquence si des ajustements complémentaires sont nécessaires sur le réseau ».

En mars 2020, Air France-KLM affiche une baisse de 50,6% du trafic en PKT (passager kilomètre transporté), sur des capacités en SKO (siège kilomètre offert) en recul de 35,5. Le coefficient d’occupation global du groupe, toutes filiales comprises, recule de 20,5 points de pourcentage à 67,1%. La recette unitaire au siège kilomètre offert (RSKO) n’est pas mentionnée dans le communiqué publié ce jeudi matin.

L’activité passage réseaux, regroupant les compagnies aériennes Air France (HOP incluse) et KLM, a accueilli 3,065 millions de passagers en mars, un résultat en baisse de 56,9% par rapport au même mois l’année dernière. Le trafic en PKT recule de 51,0% sur des capacités en SKO baissant de 34,8%, pour un coefficient d’occupation à 65,4% (-21,6 points). Le nombre de voyageurs sur le seul long-courrier recule de 48,6% (1,166 million de passagers), et en particulier de 49,5% sur l’Amérique du nord, de 37,7% sur l’Amérique latine et de 65,8% vers l’Asie ; il est également en baisse de 41,8% sur l’Afrique et le Moyen-Orient et de 38,2% vers les Caraïbes-Océan Indien. Le coefficient d’occupation moyen sur le long-courrier est de 66,7% (-21,0 points). L’activité court et moyen-courrier est en baisse de 60,8% avec 1,899 million de passagers, et une occupation à 58,8% (-25,5 points).

Air France (incluant désormais sa filiale régionale HOP) a accueilli en mars 1,795 million de passagers, un résultat en baisse de 58,8%. Le trafic en PKT recule de 52,5% sur des capacités en SKO en baisse de 37,0% ; le coefficient d’occupation a perdu 21,3 points de pourcentage à 65,3%. Le court et moyen-courrier affiche 1,109 million de passagers (-62,9%), avec une occupation à 59,6% (-23,4 points) ; le long-courrier a transporté 686.000 voyageurs (-49,7%), avec une occupation moyenne à 66,4% (-21,1 points).

KLM Royal Dutch Airlines a de son côté accueilli 1,271 million de passagers le mois dernier (-54,0%), avec un  trafic en PKT à -48,9% sur des capacités en SKO à -31,6% ; le coefficient d’occupation s’établit à 65,4% (-22,1 points). Le court et moyen-courrier affiche 790.000 passagers (-54,7%), avec une occupation à 57,8% (-28,5 points) ; le long-courrier a transporté 480.000 voyageurs (-46,9%), avec une occupation en baisse de 20,9 points à 67,0%.

Transavia, la filiale low cost du groupe de l’alliance SkyTeam, a accueilli le mois dernier 532.000 passagers (-54,6%), avec une baisse de capacité (-43,3%) inférieure à celle du trafic en PKT (-46,3%) ; le coefficient d’occupation recule de 4,9 points par rapport à mars 2019, à 89,3%.

Enfin l’activité fret d’Air France-KLM a vu son trafic mensuel en TKT (tonne kilomètre transporté) baisser de 28,8% le mois dernier, sur des capacités en baisse de 27,8% ; le taux de remplissage recule de 0,8 point de pourcentage à 61,5%. Dans le détail, le cargo Air France voit son taux de remplissage chuter en mars de 2,0 point à 55,2%, sur un trafic en TKT en baisse de 22,5%, quand le taux de remplissage du cargo KLM perd 0,2 point à 67,3% sur un trafic en TKT en baisse de 24,7%.

Sur les trois premiers mois de l’année 2020, Air France-KLM a vu son trafic reculer de 20,1% avec 18,111 millions de passagers transportés, et un coefficient d’occupation en baisse de 6,1 points de pourcentage à 80,7%.

 

Le nombre de passagers d’Air France-KLM s’est effondré en mars

Les Echos du 09/04/2020

Le groupe franco-néerlandais a fait état d’une chute de 56,6 % du nombre de passagers en mars par rapport à mars 2019. S’il maintiendra certaines dessertes, il a précisé qu’il ne donnerait plus de prévisions au-delà du mois de mai, compte tenu des incertitudes sur la durée de la crise du coronavirus.

La crise du coronavirus vide le secteur aérien de ses passagers. Ce jeudi, le groupe Air France-KLM a annoncé que son nombre de clients transportés s’est effondré de 56,6 % en mars, par rapport à la même période l’an dernier.

La zone Asie, berceau de la pandémie de Covid-19 , a enregistré le plus fort recul, avec un plongeon de 65,7 %. Viennent ensuite l’Amérique du Nord (-48,9 %) et la zone Afrique-Moyen Orient (-40 %). La desserte des destinations court et moyen-courrier s’est, elle, effondrée de près de 61 %.

« Niveau élevé d’incertitude sur la durée de la crise »

Pour avril, le transporteur anticipe même « que plus de 90 % de la capacité prévue sera suspendue », en raison des mesures de confinement et des restrictions de voyages mises en place dans de nombreux pays. Air France-KLM compte toutefois « continuer à desservir des paires de villes clés à partir des hubs » d’Amsterdam-Schipol et Paris-Charles-de-Gaulle, avec des opérations réduites.

Le groupe précise qu’il n’est pas en mesure de fournir des prévisions au-delà du mois de mai, « en raison du niveau élevé d’incertitude sur la durée de la crise ». Il ajoute qu’il « suit l’évolution de la situation au quotidien, en évaluant en conséquence si des ajustements complémentaires sont nécessaires ». Il suspend également la publication des communiqués de trafics mensuels « jusqu’à nouvel ordre », « en raison des fortes réductions de capacité liées au Covid-19 ».

Air France-KLM, comme l’ensemble des compagnies aériennes dans le monde, est frappé de plein fouet par la crise du coronavirus. Celle-ci pourrait, selon l’Association internationale du transport aérien (IATA), coûter au secteur 259 milliards de dollars en 2020.

Lundi, la directrice générale d’Air France, Anne Rigail, avait indiqué qu’Air France-KLM aurait besoin d’un soutien financier rapide, précisant que le groupe disposait « d’une trésorerie de 6 milliards d’euros ». Le ministre de l’Economie français, Bruno Le Maire, a assuré mercredi soir qu’Air France bénéficiera d’un « soutien massif » de la part de l’Etat, après avoir indiqué un peu plus tôt que la France se tenait prête à renflouer son capital ainsi que celui du groupe Renault.

 

Lufthansa arrête les opérations de Germanwings

Tourmag du 08/04/2020

Le groupe Lufthansa poursuit sa restructuration. Le transporteur a annoncé le retrait définitif de plusieurs appareils de sa flotte sur les différentes compagnies du groupe et l’arrêt des opérations de Germanwings. Le groupe va entamer des discussions avec les syndicats et comités d’entreprise.

Chez Lufthansa, six Airbus A380 et sept A340-600 ainsi que cinq Boeing 747-400 seront définitivement mis hors service. En outre, onze Airbus A320 seront retirés des opérations court-

Le Conseil d’Administration de Deutsche Lufthansa AG ne s’attend pas à ce que l’industrie aéronautique retrouve très rapidement les niveaux d’avant crise du coronavirus.
Selon lui, il faudra “des mois avant que les restrictions mondiales sur les voyages soient complètement levées et des années avant que la demande mondiale ne revienne aux niveaux d’avant crise”. Sur la base de cette évaluation, le Conseil d’Administration a décidé aujourd’hui de prendre des mesures de grande envergure pour réduire la capacité des opérations aériennes et de l’administration à long terme. La vente des six A380 à Airbus était déjà prévue pour 2022. La décision d’éliminer progressivement sept A340-600 et cinq Boeing 747-400 a été prise sur la base des inconvénients environnementaux et économiques de ces types d’avions, indique un communiqué de presse. Avec cette décision, Lufthansa va réduire la capacité de ses hubs de Francfort et de Munich.

Les opérations de vol de Germanwings seront interrompues

De plus, Lufthansa Cityline retirera également du service trois Airbus A340-300. Depuis 2015, le transporteur régional assure des vols vers des destinations touristiques long-courriers pour Lufthansa. Sur le segment des vols court-courriers, dix Airbus A320 supplémentaires devraient être progressivement retirés du marché. Les activités long-courriers d’Eurowings, qui sont gérées sous la responsabilité commerciale de Lufthansa, seront également réduites. En complément, l’objectif d’Eurowings de regrouper les opérations aériennes en une seule unité, qui avait été défini avant la crise, va maintenant être accéléré. Les opérations de vol de Germanwings seront interrompues.
Les programmes de restructuration déjà engagés chez Austrian Airlines et Brussels Airlines seront intensifiés en raison de la crise du coronavirus. Les deux compagnies s’emploient notamment à réduire leur flotte. SWISS International Air Lines adaptera également la taille de sa flotte en retardant les livraisons de nouveaux avions court-courriers et envisagera le retrait progressif des avions plus anciens. De plus, les compagnies aériennes de Lufthansa Group ont déjà résilié presque tous les accords de « wet lease » avec d’autres compagnies aériennes. Le groupe a entamé des discussions avec les syndicats et les comités d’entreprise pour trouver “de nouveaux modèles d’emploi.”

 

Coronavirus: Korean Air met 70% de son personnel en congé

Challenges du 08/04/2020

La compagnie aérienne sud-coréenne South Korean a annoncé la mise en congé de 70% de ses 19.000 employés en raison de la crise liée à la pandémie de coronavirus qui frappe durement le transport aérien.

De nombreuses compagnies aériennes internationales ont été contraintes de clouer au sol la quasi-totalité de leur flotte en raison des restrictions de circulation liées au Covid-19. Ce secteur est l’un des plus durement touchés par la crise financière liée au nouveau coronavirus.

Korean Air, l’une des plus grandes compagnies au monde, est le fleuron de Hanjin group, un des plus vastes conglomérats familiaux, appelés “chaebols”, qui dominent l’économie sud-coréenne, la 12e mondiale. La majorité de son personnel sera mise en congé pour six mois à compter du 16 avril en réponse à la “détérioration des conditions commerciales”, a déclaré Korean Air dans un communiqué.

Conformément aux usages en Corée du Sud, les employés percevront 70% de leur salaire habituel, dont la majeure partie – jusqu’à 90% selon certaines sources – sera financée par un plan gouvernemental en faveur des entreprises nécessitant un soutien financier pour faire face à la crise liée au coronavirus.

Le syndicat de Korean Air a accepté cette mesure qui vise à “partager les charges”, a déclaré la compagnie dont les dirigeants ont également consenti à des réductions de salaire. Cette mesure intervient après des mois de conflit au sein de la famille Cho concernant la prise de contrôle de la compagnie. Depuis des années, cette famille, mêlée à de multiples scandales, a défrayé la chronique.

L’aînée de la famille, Cho Hyun-Ah, avait notamment fait la une des journaux en 2014 après avoir forcé deux membres d’équipage à se mettre à genoux pour demander pardon après s’être vue servir des noix de macadamia dans leur sachet et non dans un bol.  Dernièrement, elle a cherché à évincer son frère Cho Won-tae de la présidence de Korean Air. Ce dernier a finalement obtenu, le mois dernier, le soutien des actionnaires. Avant même la crise liée au coronavirus, le groupe Hanjin était en difficulté.

Sa filiale Hanjin Shipping, premier armateur sud-coréen et septième mondial, avait fait faillite en 2017.

 

Malaysia Airlines : une offre de 2,5 milliards de dollars

Air journal du 08/04/2020

Une société privée malaisienne a présenté une offre de 2,5 milliards de dollars pour racheter intégralement la holding possédant la compagnie aérienne Malaysia Airlines. L’unique actionnaire, le fonds souverain Kazanah Nasional BhD, est sceptique sur sa réalité financière, surtout en pleine pandémie de coronavirus.

Afin de reprendre intégralement la société holding Malaysia Aviation Group (MAG) propriétaire de la compagnie nationale malaisienne, Golden Skies Ventures Sdn Bhd (GSV) a affirmé le 7 avril 2020 avoir obtenu « plus de 2,5 milliards de dollars » auprès d’une banque européenne non précisée. Interrogé par Reuters, le CEO de GSV Shahril Lamin a estimé qu’il lui faudra « trois ou quatre mois » pour obtenir le financement à long terme, une « société japonaise de capital-investissement » étant prête à injecter des fonds « immédiats » dans le groupe Malaysia Airlines « par le biais d’un accord de participation ». Des pourparlers seraient également en cours avec « d’autres banques étrangères et sociétés de capital-investissement pour un financement supplémentaire ». Les montants évoqués permettraient à la compagnie aérienne de « tenir confortablement » pendant 18 mois.

L’objectif serait de poursuivre son activité LC premium tout en maximisant l’utilisation de la flotte de 81 avions ; les activités de fret, de maintenance et les filiales régionales seraient conservées. Selon le directeur général adjoint Ravindran Devagunam, « nous ne licencierons pas les 13 000 employés de première ligne » ; et quelle que soit la durée de la pandémie de Covid-19 cette année, « nous envisageons une augmentation de l’activité à partir de l’été 2021 » – avec pour but un bénéfice net d’ici trois ans.

Fondé par d’anciens responsables de Malaysia Airlines et des professionnels ayant une expérience de l’aviation, GSV aurait soumis il y a un mois sa proposition à la banque Morgan Stanley, embauchée par Kazanah pour gérer la vente de la compagnie qui ne s’est jamais remise de la perte successive de deux avions en 2014 – un disparu dans l’Océan indien (vol MH370) et l’autre abattu au-dessus de l’Ukraine (vol MH17). Ces derniers mois, les rumeurs se sont succédées sur un possible intérêt de Japan Airlines, des low cost AirAsia et Lion Air, voire d’Air France-KLM.

Khazanah Nasional Bhd n’est pas convaincu par l’offre : selon le Daily Express, le fonds souverain est sceptique sur la proposition, affirmant que Golden Skies « n’a pas été en mesure de prouver sa source de financement ». Selon son directeur général Shahril Ridza Ridzuan, il serait « prudent » de savoir si l’offre a été faite avec un soutien financier, compte tenu de la crise mondiale des compagnies aériennes et de l’aversion au risque de crédit en cette période. « De plus, leur proposition initiale repose à 100% sur le financement par emprunt de tiers. Ils n’ont pas de capitaux propres », a-t-il souligné.

Depuis la mi-mars, Malaysia Airlines a suspendu plus de 4000 vols et prévu de conserver une capacité réduite jusqu’à la fin juin, supprimant en particulier tous les vols hors Jakarta en Asie du Sud-est et la plupart de ses rotations vers Londres. Elle a aussi demandé à ses employés de prendre trois mois de congés sans solde. 

 

Non au sauvetage inconditionnel du secteur aérien!

Mediapart du 07/04/2020

Par Maxime Combes

A l’heure où la France & les Pays-Bas envisagent d’injecter des milliards d’euros dans le sauvetage inconditionnel d’Air France – KLM, 250 organisations du monde entier appellent justement les gouvernements à conditionner leurs aides à une série de conditions pour que l’argent public ne soit pas dilapidé pour sauver ce monde d’avant, insoutenable tant sur le plan social qu’écologique.

A défaut de masques, de respirateurs et de tests en nombre suffisants, la France est sur le point de débloquer des milliards d’euros pour sauver Air France KLM, en lien avec les Pays-Bas. Alors que l’activité des compagnies aériennes est réduite à portion congrue, Paris et La Haye seraient d’accord, selon Reuters, pour engager la garantie des Etats pour des prêts de 6 milliards d’euros (4 milliards pour la France). Une injection de capital directe de capital est également dans les tuyaux, et l’hypothèse d’une renationalisation d’Air France – KLM n’est pas exclue comme l’a récemment confirmé Edouard Philippe : la France et les Pays-Bas détiennent 14% chacun de la holding. Avec Lufthansa, les principales compagnies américaines, ce sont toutes les entreprises aériennes qui vont être mises sous perfusion d’argent public – alors que les hôpitaux manquent de tout – dans les jours à venir.

Plus de 250 syndicats et ONG publient ce mardi 7 avril une lettre ouverte adressée aux gouvernements pour dire “Non au sauvetage inconditionnel du secteur aérien !”. Tout renflouement des entreprises du secteur aérien doivent être conditionnées à la reconversion du secteur, avec une réduction des émissions de gaz à effet de serre : jusqu’à présent, l’aviation civile, qui n’est pas couverte par l’Accord de Paris, a pu éviter toute contrainte climatique internationale : il serait aujourd’hui totalement infondé que les gouvernements les sauvent de la banqueroute sans leur imposer des conditions strictes et drastiques pour faire décroître rapidement et considérablement l’impact climatique et écologique de l’aviation. Depuis des décennies, l’industrie aéronautique a également œuvré pour que les exonérations de taxes sur les carburants ou les billets perdurent, permettant de fait au secteur de se développer avec un soutien massif des pouvoirs publics et sans remplir les caisses de l’Etat. Cela ne peut plus durer. 

Au milieu de la crise du Covid-19, alors que le monde entier lutte contre le virus et que d‘innombrables travailleur.euse.s perdent leurs revenus, le secteur aérien exige des renflouements massifs et inconditionnels garantis par les contribuables. Et ce, alors que ces dernières années, les compagnies aériennes se sont fermement op- posées à toute tentative de mettre fin à leurs exonérations fiscales inéquitables et ont refusé de contribuer aux objectifs globaux de réduction des émissions de gaz à effet de serre – objectifs qui nécessiteraient de réduire de manière significative l’activité du transport aérien.

Non seulement celui-ci est déjà responsable de 5 % à 8 % de l‘impact climatique mondial, essentiellement du fait d’une minorité aisée de grand.e.s voyageur.euse.s, mais le secteur prétend également qu‘il peut continuer à croître. D‘énormes profits ont été réalisés au cours des dernières décennies sur le dos de travailleurs à bas salaire et au détriment du climat.

Les travailleur.euse.s touché.e.s par la crise actuelle ont besoin de soutien, mais nous ne devons pas laisser l‘industrie aéronautique continuer à privatiser ses bénéfices et à combler ses pertes avec l’argent public. Si nous ne nous attaquons pas aux problèmes structurels qui ont rendu nos sociétés et nos économies si vulnérables à des crises comme celle-ci, nous serons encore plus vulnérables face aux prochaines, car les inégalités entre les pays et à l‘intérieur de ceux-ci continuent à se creuser et les crises écologiques et climatiques s‘aggravent.

Le sauvetage financier des compagnies ne doit pas permettre au secteur aérien de reprendre ses activités habituelles une fois la crise du Covid-19 terminée. L’argent public doit être utilisé en priorité pour les travailleur.euse.s et le climat.

NOUS DEMANDONS :

1. PRIORITE AUX EMPLOYES

Au lieu de voler au secours des cadres dirigeants et des actionnaires, toute aide financière devrait faire bénéficier les travailleur.euse.s de solides protections en matière de travail et de santé et assurer un revenu de base suffisant au personnel de bord, au sol, dans les services de restauration ainsi qu’aux pilotes et à tou.te.s les autres travailleur.euse.s touché.e.s.

2. UNE TRANSITION JUSTE VERS UNE MOBILITE RESPECTUEUSE DU CLIMAT

Tout soutien public doit s’assurer que l‘industrie aéronautique s‘aligne sur une trajectoire de 1,5 °C. Les réductions d‘émissions doivent être réelles et ne pas faire appel à des mécanismes comptables douteux, tels que la compensation carbone, ni reposer sur des biocarburants qui nuisent à l‘environnement, à la sécurité alimentaire et aux droits fonciers. L’aviation verte est une illusion, les voyages en avion doivent donc être réduits. Pour qu’une sortie de crise se fasse de manière juste, elle doit s’appuyer sur la prise de décision démocratique et l’appropriation publique. Les gouvernements doivent soutenir une transition juste : modifier les réseaux de trans- port de façon systémique, garantir l‘accès à des alternatives abordables (telles que le transport ferroviaire) et permettre aux travailleur.euse.s de quitter les emplois dépendant des combustibles fossiles pour des emplois décents et compatibles avec le climat.

3. PAS DE SAUVETAGES SANS UNE FIN DES EXEMPTIONS FISCALES

Il n‘est pas juste de sauver le secteur aérien avec l’argent des contribuables alors que celui-ci ne paie presque pas de taxes, lui donnant ainsi un avantage injustifié sur les modes de transport à faibles émissions. Il faut donc mettre un terme aux exonérations fiscales : obliger les compagnies aériennes à payer une taxe sur le kérosène et remplacer les programmes de fidélité qui incitent à prendre davantage l’avion, par des taxes équitables et progressives qui pénalisent ceux qui le prennent souvent.

Il s’agit de profiter de la pause involontaire du trafic aérien pour construire un secteur des transports respectueux du climat et résilient face aux crises futures. 

Ces demandes sont soutenues par plus de 250 organisations de la société civile :

Stay Grounded (international) | Am Boden bleiben (GE) | Aterra (PT) | Bevar Jordforbindelsen (DK) | Biofuelwatch (UK) | Coordinadora de Pueblos y Organizaciones del Oriente del Estado de México en Defensa de la Tierra, el Agua y su Cultura (MX) | Ecologistas en Acción (ES) | Fairosene (EU) | Flight Free Australia | PCS Public and Commercial Services Union (UK) | Réseau Action Climat (FR) | Schipholwatch (NL) | Umverkehr (CH) | Peris- kop (AU) | Possible (UK) | WEIT (GE) | Zomer Zonder Vliegen (BE) | 350 Denmark | ActionAid (IE) | Alternatiba (FR) | Amigos de la Tierra (ES) | ASEED (NL) | Attac (GE) | Attac (FR) | Back on Track (Europe) | BBI Bündnis der Bürgerinitiativen (GE) | BUNDjugend (GE) | Carbon Market Watch (interna- tional) | Center for Biological Diversity (US) | CommunityAIR (CA) | Ecomuni- dades (MX) | EDGE Funders Alliance (international) | European Environmental Bureau (EU) | Fern (BE) | Federación Nacional de Energías Renovables (CO) | Fridays for Future (several cities) | GLOBAL 2000 / Friends of the Earth (AU) | Global Forest Coalition (international) | Greenpeace (international) | Guerrilla Foundation (GE) | ICTA UAB (ES) | Jordens Vänner / Friends of the Earth (SE) | International Climate-Safe Travel Institute ICSTI (NZ) | Klima*Kollektiv (GE) | Land over Landings (CA) | Mouvement Ecologique (LU) …

 

Les Français pourront-ils partir en vacances cet été? 

Tourmag du 08/04/2020

Le secrétaire d’Etat aux Transports a demandé aux Français de patienter avant d’effectuer leurs réservations pour cet été … L’enjeu est pourtant de taille pour les professionnels du tourisme, qui n’enregistrent plus une seule vente depuis trois semaines.

Après des vacances de Pâques sans vacancier, le scénario va-t-il se répéter pour les vacances d’été ? S’il est impossible pour l’heure de savoir si les Français seront encore confinés à leur domicile dans trois mois, la prise de parole mardi de Jean-Baptiste Djebbari, secrétaire d’Etat aux Transports, n’est pas très rassurante pour les acteurs du tourisme. « Il y aura un après-coronavirus. Mais pour l’instant (…) je conseille aux Français la plus grande prudence sur la préparation de leurs voyages car la situation aujourd’hui est encore trop incertaine », a-t-il indiqué sur Franceinfo. « Je leur dis d’attendre ».

« Jean-Baptiste Djebbari sait-il combien de temps va durer la crise sanitaire ? Si, comme tout le monde, il l’ignore, alors il a dit une bêtise », réagit jean-Pierre Mas, le président des Entreprises du Voyage (Edv), aux propos du secrétaire d’Etat, et qualifie ses conseils de « prématurés ».

Interrogée mardi soir lors d’une audition de la commission des Affaires économiques du Sénat, la ministre de la Transition écologique Elisabeth Borne, a affirmé que les propos de Jean-Baptiste Djebbari portaient sur « les vols à l’étranger ». 

« Pas le moment d’acheter un billet »

Il n’était « pas en train de dire que les Français ne pourraient pas partir en vacances cet été« , a déclaré Elisabeth Borne. « Le point de vigilance que soulignait Jean-Baptiste Djebbari, c’est qu’aujourd’hui ce n’est pas le moment d’acheter un billet pour partir à l’autre bout de la planète avec toutes les incertitudes qu’on peut avoir sur ce que sera l’état de l’épidémie » en France et dans le monde, a-t-elle précisé.

Une prise de position qui fait bondir le président des Edv. « Si les conditions sanitaires sont réunies, je ne vois pas pourquoi les Français ne pourraient pas partir à l’étranger cet été », affirme Jean-Pierre Mas. Elisabeth Borne a rappelé que ces dernières semaines, le gouvernement a « accompagné le rapatriement de 150 000 Français qui étaient en déplacement à l’étranger ». Elle invite, en revanche, les Français à « profiter de notre beau pays pour les prochaines vacances, ce qui aidera aussi le secteur du tourisme ». Selon le cabinet Protourisme, les réservations pour juillet-août sont « correctes » avec, début avril, « seulement 7% d’annulation ». « Bon nombre ont déjà réservé leurs vacances, d’autres sont dans l’attente », estime Didier Arino, le directeur du cabinet.

« S’ils le peuvent, il y a fort à parier que les Français voudront se changer les idées et partir en vacances. La France sera comme chaque année privilégiée et cela va même s’accentuer cet été », affirme Jean-Pierre Mas. 

Des prévisions « extrêmement noires »

« Nous avons besoin d’un tourisme franco-français, domestique, de proximité. C’est très important pour les acteurs du tourisme sinon cela sera plus de 40 milliards d’euros de pertes pour l’été et des centaines de milliers d’emplois qui seront détruits », avance Didier Arino, qui regrette pour l’heure « le flou total » dans lequel sont plongés les professionnels. « Les acteurs du tourisme aimeraient qu’on leur dise : vous ne serez pas ouverts avant telle date, cela leur permettrait de différer les séjours et d’éviter de repousser de 15 jours en 15 jours les réservations », a-t-il indiqué le 8 avril sur BFM TV. Mais est-ce si simple ? Avant la crise sanitaire, les réservations pour cet été étaient supérieures à l’an dernier mais depuis trois semaines elles se sont littéralement effondrées.

« Seulement 50% des réservations sont maintenues par rapport à une année normale et ça va continuer à baisser », note Jean-Pierre Mas, qui révèle des prévisions « extrêmement noires », de l’ordre de -90% pour le deuxième trimestre et de -60% pour cet été.

Revue de presse 10 Avril : • L’UE veut prolonger la fermeture des frontières extérieures jusqu’au 15 mai • Air France-KLM : Djebbari confirme les négociations de prêts de six milliards d’euros • Trafic Air France-KLM : – 56,6% en mars…

Revue de presse 8 Avril : • L’incroyable descente aux enfers du transport aérien • Orly : «La fermeture de l’aéroport est une catastrophe économique»…

Au sommaire :  

 

  • Coronavirus : l’incroyable descente aux enfers du transport aérien

  • Coronavirus : quand les Etats font office de parachute pour le transport aérien

  • Coronavirus : comment Air France s’y prend pour stocker 180 avions inutilisés

  • A contre-courant, les grandes compagnies low-cost européennes remboursent les billets des vols annulés pour cause de Covid-19

  • Après la crise, « il faudra baisser la fiscalité sur les billets d’avion », dit le représentant des aéroports français

  • Delta Air Lines table sur une chute de 90% de son chiffre d’affaires au second trimestre

  • Coronavirus: ADP perd 3 mlns d’euros de CA par jour 

  • Orly : «La fermeture de l’aéroport est une catastrophe économique pour tout le bassin d’emploi»

  • Covid-19 : -48% pour Ryanair, -61% pour Norwegian en mars

  • Heathrow ferme une piste et réduit ses activités 

  • Air France-KLM : rapatriements, argent et problèmes de parking

  • Brussels Airlines : pas de vol avant le 15 mai

  • Voyages à forfait : les nouvelles conditions d’Air France KLM vis-à-vis des TO

  • Coronavirus : Accor est contraint de fermer les deux tiers de ses hôtels dans le monde

  • Crise Coronavirus : “small is beautiful”… Vers l’éclatement des grands Groupes ?

 

Coronavirus : l’incroyable descente aux enfers du transport aérien

Les Echos 7/04/2020

Depuis début avril, la plupart des compagnies aériennes européennes sont quasiment à l’arrêt et le ciel français est presque vide. Le transport aérien n’avait pas connu pareil coup de frein depuis 1940. Et le retour à la normale n’est pas attendu avant 2021, voire 2022.

Pour mesurer l’énormité de la crise qui bouleverse le transport aérien, il suffit de jeter un oeil sur les sites de suivi des vols en temps réel. Lundi matin, vers 10 h, seulement 7 avions de passagers volaient dans ciel français, dont deux à destination de Paris-CDG, contre plus d’une centaine en temps ordinaire.

Air France et KLM n’avaient que 18 vols en cours à travers le monde, contre près de 2.000 par jour l’an dernier à la même époque. Qatar Airways alignait plus de vols au départ de l’Europe qu’Air France. Et vendredi dernier, la première compagnie européenne n’était plus Ryanair, mais la petite compagnie régionale norvégienne Wideroe – avec 192 vols prévus ce jour-là, contre vingt pour la low cost irlandaise et 109 pour le groupe Lufthansa.

15 années de croissance perdues

Et c’est partout pareil ! En un mois, le trafic aérien mondial est passé de près de 110.000 vols commerciaux par jour à 26.000 vols en ce début de semaine. Soit l’équivalent de 15 ans de croissance effacée en quelques semaines. Et le transport aérien n’a probablement pas encore touché le fond. Car si l’Europe est aujourd’hui la plus touchée, avec plus de la moitié de ses compagnies aériennes à l’arrêt et un effondrement du trafic de 86 %, la crise ne fait, semble-t-il, que commencer aux Etats-Unis, où la baisse de trafic n’était encore « que » de 21 % en fin de semaine dernière.

Le transport aérien est coutumier des crises. Mais aucune n’avait approché, même de loin, une telle ampleur, depuis le déclenchement de la Deuxième Guerre mondiale. Le 11 septembre 2001 s’était seulement traduit par une baisse du trafic de 6 %. Au pire de la crise du SRAS, en avril 2003, le trafic mondial avait chuté de 15 % à 25 %, pour terminer l’année en recul de 1 % seulement. En 2009, le virus H1N1, ajouté à la crise financière de 2008, s’étaient traduit par une baisse de 3,5 %. Mais cette fois, la baisse du trafic mondial sur l’année 2020, pourrait atteindre 38 %, selon la dernière estimation de l’association internationale du transport aérien (IATA) et même 43 % en Europe.

Des pertes abyssales

Les pertes des compagnies aériennes s’annoncent tout aussi abyssales. Pour l’heure, aucune estimation n’est encore disponible. L’IATA évoque un manque à gagner qui devrait atteindre 252 milliards de dollars en 2020, soit environ 30 % du chiffre d’affaires de 2019 ( 883 milliards de dollars ). Mais le précédent record de 2008 , qui s’était soldé par une perte nette cumulée de 16,8 milliards de dollars pour un chiffre d’affaires en recul de 17 %, sera sans aucun doute pulvérisé.

Selon l’IATA, la différence entre ce qui reste de recettes aux compagnies aériennes et leurs coûts résiduels se traduirait déjà par une perte nette de 39 milliards de dollars pour le seul deuxième trimestre 2020. La perte du deuxième trimestre s’élèverait même à 61 milliards de dollars, en intégrant les dépréciations d’actifs et la dette virtuelle de 35 milliards de dollars que représente l’ensemble des billets d’avion des vols annulés, non-utilisés mais non remboursés par les compagnies aériennes. Soit dix milliards de plus que la totalité des pertes cumulées du secteur de 2001 à 2009.

La crise jusqu’à quand ?

Reste à savoir quelle sera la durée la crise. De toute évidence, l’impact sur l’économie mondiale durera plus longtemps que la pandémie de coronavirus. L’IATA estime que si l’épidémie en Europe prenait fin d’ici à un ou deux mois avec le retour des beaux jours, le trafic aérien resterait en baisse de 45 % au troisième trimestre et de 10 % au quatrième trimestre. Même chose dans les autres régions du globe, où le trafic ne devrait pas retrouver son niveau d’avant crise avant 2021.

Certains analystes sont moins optimistes. Dans sa note du 1er avril, UBS ne prévoit pas de retour à la normale avant 2022. De son côté, HSBC a imaginé trois scénarios pour les compagnies européennes. Le plus optimiste table sur une offre quasi-nulle en avril et en mai, avec une reprise à 50 % en juin et en juillet, à 70 % d’août à novembre et un retour au niveau d’avant la crise en décembre. Mais dans le scénario le plus sombre, la période d’hibernation se prolongerait jusqu’en juillet inclus, suivie par une reprise à 30 % d’août à octobre et à 50 % en novembre et décembre.

Le trafic « affinitaire » sera le moteur de la reprise

Un sondage informel réalisé par le cabinet d’étude spécialisé dans le voyage OAG auprès de 5.000 participants à ses deux récentes web-conférences sur l’impact de la crise, apporte une vision intermédiaire. La majorité de ces professionnels et experts du secteur ne voit pas de retour à la normale du voyage d’affaires, coeur de cible des compagnies, avant au mieux, l’an prochain, du fait des conséquences économiques globales de la pandémie. En revanche, une petite majorité des sondés mise sur un retour plus rapide du trafic loisir, basé sur le trafic « affinitaire » et les promotions tarifaires qui ne manqueront pas de se multiplier à la reprise.

Toutefois, même dans les scénarios les plus sombres, personne ne veut croire que la croissance du transport aérien serait durablement enrayée. L’hypothèse d’un doublement du trafic aérien sur les 15 prochaines années n’a pas été démentie à ce stade. Quant aux conséquences financières de la crise, il faut se souvenir que dans le transport aérien, les remontées sont souvent aussi rapides que les descentes. Les pertes records de 2008 et 2009 avaient ainsi été suivies par un bénéfice record en 2010.

 

Coronavirus : quand les Etats font office de parachute pour le transport aérien

Les Echos 6/04/2020

A l’instar d’Air France-KLM, qui devrait faire l’objet d’une aide financière massive de la part de la France et des Pays-Bas, les compagnies aériennes du monde entier se sont tournées vers leurs gouvernements. Les plus grands gagnants sont, pour l’heure, les compagnies américaines. Mais les mesures générales de chômage partiel ont également permis aux compagnies européennes d’éviter le pire.

Pour les compagnies aériennes du monde entier, la question n’est pas de savoir si elles auront besoin de l’aide de leurs gouvernements, mais plutôt quand et comment se concrétisera cette aide. Face à une crise sans précédent, même les plus hostiles aux aides publiques se sont en effet convertis à l’interventionnisme étatique.

L’exemple le plus spectaculaire de cette conversion est donné par les compagnies américaines , qui ont été les premières à appeler à l’aide et qui sont aussi, pour l’heure, les mieux servies. Le plan de soutien à l’économie américaine voté la semaine dernière prévoit de leur octroyer 25 milliards de dollars d’aide directe pour payer les salaires et les pensions, ainsi que des garanties de prêts pour 25 milliards supplémentaires.

Aides sous conditions

Ces aides sont conditionnées à l’acceptation de certaines contraintes, comme l’interdiction des plans de licenciements d’ici au 30 septembre et le maintien des lignes intérieures pendant les deux prochaines années. Mais les montants en jeu devraient permettre aux transporteurs de laisser passer la crise. Selon son directeur général, American Airlines serait ainsi éligible à une enveloppe totale – aides et prêts garantis -, de 12 milliards de dollars, soit près de dix fois son bénéfice net de 2019 et plus de trois mois de chiffre d’affaires. Le partenaire et actionnaire d’Air France-KLM, Delta Air Lines, pourrait toucher jusqu’à 11 milliards de dollars.

Mais les Américains ne sont pas les seuls à sortir le chéquier pour le transport aérien. En Asie, Singapore Airlines a obtenu de son principal actionnaire, le fonds souverain singapourien Temasek, l’autorisation de lever jusqu’à 9,6 milliards d’euros (15 milliards de dollars singapouriens) sous forme d’actions nouvelles (pour 3,4 milliards d’euros) et d’obligations convertibles (6,2 milliards d’euros), assorti d’un prêt-relais de 2,5 milliards d’euros. Par ailleurs, 75 % des salaires des employés de SIA mis au chômage partiel sont financés par le gouvernement. La compagnie, qui a cloué au sol la quasi-totalité de sa flotte jusqu’à fin avril, explique avoir ainsi de quoi faire à la crise et « saisir les opportunités » à la sortie.

Dans la même région Asie-Pacifique, la Chine, Hong Kong, la Corée, l’Australie, la Nouvelle-Zélande, ont annoncé des aides d’Etats, sous forme de prêts et d’exonérations de taxes et redevances. Au Moyen-Orient, l’émir de Dubaï a promis une « injection de capital » à Emirates.

En Europe, en revanche, les aides spécifiques accordées au transport aérien sont encore modestes. Plusieurs gouvernements ont annoncé des mesures fortes, comme la renationalisation d’ Alitalia ou de Brussels Airlines. Mais le premier membre de l’Union européenne à avoir demandé et obtenu le feu vert de la Commission européenne pour une aide d’Etat à ses compagnies aériennes est la France. Et cette aide se limite au report de paiement de trois taxes et redevances (taxe de l’aviation civile, taxe de solidarité sur les billets et redevances sur les services de navigation aérienne), pour la période de mars à décembre, dont le règlement pourra être étalé sur 2021-2022.

Prêts garantis et injection de capital

Cependant, Air France-KLM comme les autres compagnies ont largement bénéficié des mesures générales de chômage partiel, qui leur ont permis de réduire de 80 % leur principal poste de dépense. Ce mécanisme n’existe pas aux Etats-Unis. Par ailleurs, les gouvernements français et néerlandais ont mis leurs dissensions de côté pour étudier ensemble différentes aides financières à Air France-KLM. La première devrait se concrétiser sous la forme de crédit garantis par les deux Etats , pour un total de 6 milliards d’euros, dont quatre milliards pour la France. Mais une injection directe de capitaux dans Air France-KLM par les deux Etats reste envisagée à moyen terme pour accompagner la reprise.

Cela sera-t-il suffisant pour assurer l’avenir d’Air France-KLM dans le monde d’après ? Les taxes reportées et les prêts contractés, ainsi que le chômage partiel, permettent d’éviter des faillites à court terme en soulageant la trésorerie des entreprises. Mais ils devront être remboursés. Ce qui suppose que l’activité revienne rapidement à un niveau suffisant pour le permettre. Plutôt que des reports de taxe, les professionnels français du transport aérien auraient donc préféré des baisses durables, afin de réduire l’écart de compétitivité.

 

Coronavirus : comment Air France s’y prend pour stocker 180 avions inutilisés

Les Echos 6/04/2020

Avec seulement 5 % de son programme de vol maintenu, Air France a entrepris de stocker l’essentiel de sa flotte long et moyen-courrier pour une durée d’au moins un mois. Une opération totalement inédite à cette échelle, qui mobilise un millier d’employés des services de maintenance.

Chez Air France, il n’y a pas que les salariés qui sont confinés. Les avions aussi ! Avec l’arrêt de 95 % des vols , la compagnie a en effet dû immobiliser 180 avions sur 224, pour ne conserver que le strict nécessaire aux vols de rapatriements, à quelques lignes essentielles et au transport de fret. Un défi sans précédent pour les services de maintenance d’Air France, qui ont dû préparer les appareils à un sommeil de plusieurs semaines, comme le raconte le directeur général adjoint « engineering & maintenance » d’Air France, Géry Mortreux.

« On distingue trois niveaux de stockage selon la durée, explique-t-il : le parking normal, pour une durée de 2 à 4 semaines, le stockage actif, pour un à trois mois, et le stockage prolongé, au-delà de trois mois ». Avec, dans chaque cas, des recommandations à appliquer des avions et des motoristes, plus ou moins longues et complexes. « Pour un stockage actif, il faut compter environ 150 heures de main-d’oeuvre selon le type d’avion, en incluant le temps nécessaire pour sa remise en service, précise Géry Mortreux. Pour un stockage prolongé, il faut compter environ 800 heures ». Au total, un millier de salariés de la maintenance Air France restent ainsi mobilisés sur le terrain essentiellement pour ces opérations.

Un à trois mois de stockage

Air France n’en est heureusement qu’à la phase deux, de stockage actif. « Nous préparons nos appareils pour un arrêt complet d’un à trois mois, indique Géry Mortreux. Nous avons commencé il y a 15 jours et nous devrions avoir fini vers la fin de la semaine prochaine ». Sur les 180 appareils longs et moyen-courriers, 125 sont à Roissy-CDG, 37 à Orly et 10 au centre de maintenance de Toulouse.

« Nous avons aussi huit appareils qui étaient partis chez des sous-traitants pour des opérations de maintenance ou de peinture et qui y sont encore », précise-t-il. La crise sanitaire a en effet interrompu tous les travaux de maintenance et de réaménagement des cabines, afin de ne pas exposer inutilement les salariés.

Les préparatifs de stockage commencent, comme pour le simple parking, par la mise en place des protections sur toutes les ouvertures, comme les entrées d’air des moteurs et les sondes, ainsi que sur les roues, les pneus et les freins. « Nous procédons également au nettoyage de certaines zones, comme les trains d’atterrissage, ainsi qu’à une inspection générale de l’avion ».

10 % à 20 % de carburant dans les réservoirs

A ces opérations de base s’ajoutent, en cas de stockage actif, des opérations de « sécurisation » des commandes de vols, des éléments de voilure, du système de conditionnement d’air et du système hydraulique. « Nous réalisons aussi des opérations de graissage des commandes de vol et des éléments de voilure, ainsi que des mesures destinées à lutter contre la corrosion, en commençant par vérifier les drains », détaille le directeur de la maintenance d’Air France. « Nous plaçons des déshumidificateurs dans les cabines et nous recouvrons de protection certaines zones non peintes ». Autre mesure de précaution importante : les réservoirs de carburant sont remplis à 10 % ou 20 %, « afin d’éviter l’assèchement des joints, qui peut occasionner des fuites ».

Une fois mis sous cocon, les appareils ne restent pas livrés à eux-mêmes. « Une visite de vérification des protections est faite tous les 7 à 15 jours selon les flottes, avec un test du conditionnement d’air et des drains. Et tous les 15 à 30 jours, nous procédons à des tests des commandes de vols, des systèmes électriques et hydrauliques ainsi que des moteurs et de l’APU ».

Anticiper la reprise

Les opérations de déstockage sont globalement plus rapides – de l’ordre d’une cinquantaine d’heures, voire plus selon les types d’avions et la durée de stockage -, mais doivent être anticipées. « Avant de remettre l’avion en service, nous devons nous assurer que les tâches d’entretien réglementaires ont été réalisées, afin de ne pas avoir à l’arrêter quelques jours après », explique Géry Mortreux. Compte tenu de ces contraintes, le déstockage des premiers appareils commencera probablement dès la fin du mois d’avril, pour un retour en service en mai.

Reste à savoir si tous ces avions reprendront la voie des airs. « Aucun stockage prolongé n’est prévu », affirme Géry Mortreux. Mais certains s’interrogent sur une éventuelle sortie anticipée des A340 et de certains A380, en cas de reprise trop lente du trafic, qui nécessiterait une réduction durable de la capacité.

 

A contre-courant, les grandes compagnies low-cost européennes remboursent les billets des vols annulés pour cause de Covid-19

La Tribune 6/04/2020

Impossible de rembourser des billets d’avion qui ne pourront pas être utilisés au cours des prochaines semaines en raison des annulations de vols pour cause de Covid-19 ? Pas pour tout le monde visiblement. Alors que la plupart des compagnies aériennes comme Air France, Lufthansa ou British Airways proposent à leurs clients des reports de voyage ou des “avoirs” plutôt que des remboursements, certains transporteurs offrent la possibilité de rembourser. C’est en particulier le cas de plusieurs low-cost européennes puisque Ryanair, Easyjet, Vueling, Wizzair, Volotea, et même Nowegian, pourtant en grande difficulté financière, ont fait le choix de respecter les règles européennes obligeant les compagnies à proposer l’option du remboursement.

Règles européennes

Evidemment, ces compagnies n’en font pas une grande publicité. Elles n’ont pas intérêt à avoir trop de remboursements à effectuer. Comme tous les transporteurs, leur trésorerie est déjà sous tension en raison d’une absence totale de recettes du maintien de certains coûts fixes. C’est pour cette raison que la plupart des transporteurs se disent incapables de rembourser leurs clients.

“Nous sommes conscients des inconvénients (le non remboursement, NDLR) que cela peut représenter pour les passagers, mais c’est une question de survie pour les compagnies aériennes qui ont un énorme problème de cash devant elles”, a déclaré la semaine dernière Alexandre de Juniac, le directeur général de l’IATA.

Le montant des billets émis pour les trois prochains mois s’élève à 35 milliards de dollars au niveau mondial et à 10 milliards pour les compagnies aériennes européennes.

Les low-cost ne proposent pas toutes le remboursement des billets. C’est le cas de Transavia, Eurowings, respectivement filiales d’Air France-KLM et Lufthansa.

 

Après la crise, « il faudra baisser la fiscalité sur les billets d’avion », dit le représentant des aéroports français

Les Echos 7/04/2020

Le président de l’Union des aéroports français, Thomas Juin, plaide pour une action proactive des Pouvoirs publics, afin de permettre aux compagnies aériennes et aux aéroports français d’affronter une concurrence accrue lors de la reprise du trafic aérien.

Quel est le niveau d’activité des aéroports français ?

Roissy-CDG, Nice, Toulouse, Lyon et Marseille maintiennent encore un semblant d’activité, mais il s’agit essentiellement de vols cargo et de rapatriements. D’autres, comme Orly, n’ont plus de vol commercial, mais conservent une activité liée à la gestion de la crise, pour des vols sanitaires ou gouvernementaux. D’autres, enfin, sont fermés, mais ont la possibilité de rouvrir en une ou deux heures, si besoin.

Quel pourrait être l’impact financier de la crise ?

Si l’on se réfère à l’an dernier, la perte de trafic est de 18,7 millions de passagers pour le seul mois d’avril. Les aéroports se sont rapidement efforcés de réduire leurs dépenses. Mais les coûts fixes sont très importants, de l’ordre de 80 % des coûts globaux. Même avec le recours au chômage partiel, les pertes resteront abyssales. Pour un grand aéroport régional, on peut s’attendre à plus de 30 millions de perte nette dans l’hypothèse d’une reprise d’activité à l’été. A l’échelle nationale, le manque à gagner pour les aéroports et leur écosystème se chiffrera en milliards d’euros.

Les mesures gouvernementales de soutien au transport aérien sont-elles satisfaisantes ?

Les reports de paiement de taxes et de redevances vont un peu soulager la trésorerie des compagnies aériennes. C’est une bonne chose, mais cela n’aura aucun impact sur les coûts de touchée (temps d’immobilisation au sol, NDLR). En particulier, la fiscalité sur les billets d’avion reste inchangée. Par ailleurs, avec la baisse du trafic, le financement de la sûreté qui, en France, est à la charge des passagers, n’est plus assuré. Pour rétablir l’équilibre, il faudrait augmenter les redevances. A la reprise des vols, les compagnies françaises risquent donc de se retrouver avec des coûts de touchée plus élevés, mais avec moins de passagers et moins de recettes, dans un contexte de concurrence accrue.

Comment voyez-vous la sortie de crise ?

Une crise d’une telle ampleur sera nécessairement suivie d’une baisse de la connectivité aérienne en Europe. Au redémarrage, les compagnies se concentreront sur les lignes les rentables. Or le niveau de connectivité à une incidence directe sur l’attractivité économique d’un pays. Il faudrait donc que le gouvernement baisse la fiscalité sur le transport aérien, afin d’encourager les compagnies à reprendre leurs programmes de vols aussi largement que possible. Quand le transport aérien lutte pour sa survie, il serait choquant que le gouvernement maintienne des taxes comme taxe dite de « solidarité » et « l’éco-contribution » , destinées à financer d’autres secteurs.

 

Delta Air Lines table sur une chute de 90% de son chiffre d’affaires au second trimestre

La Tribune 6/04/2020

Dans un courriel à tout le personnel, Edward Bastian a également annoncé le dépôt d’un dossier de demande d’aide d’urgence auprès du Trésor tout en prévenant que sans des mesures d’économies drastiques prises en interne et de nouveaux financement l’argent public “ne mènerait la compagnie que jusqu’en juin”.

Situation grave

Pour souligner à quel point la situation était grave, M. Bastian a indiqué que samedi dernier Delta a transporté 38.000 passagers, alors qu’un samedi normal de fin mars ce sont 600.000 personnes qui prennent les avions de la compagnie.

“Tous les jours Delta brûle 60 millions de dollars de trésorerie”, a-t-il aussi indiqué, et il en a profité pour lancer un appel pour qu’un plus grand nombre d’employés prenne des congés sans solde, alors que 30.000 ont déjà choisi de le faire pour aider l’entreprise. Delta employait environ 90.000 personnes en 2019.

Congés sans solde

M. Bastian a rappelé que l’entreprise encourageait désormais ses employés à prendre 3, 6 ou même 12 mois de congés sans solde. “Je vous en pris demandez vous si un congé prolongé peut être intéressant pour vous et votre famille”, a-t-il écrit.

Il a aussi insisté sur le fait que l’entreprise économisait des milliards de dollars en retardant des projets d’investissements, en rationalisant ses installations aéroportuaires, en retardant les travaux d’entretien et en passant en revue toutes les dépenses dans tous les domaines.

 

Coronavirus: ADP perd 3 mlns d’euros de CA par jour

L’Usine Nouvelle 7/04/2020

 Le groupe Aéroports de Paris (ADP) perd chaque jour plus de trois millions d’euros de chiffre d’affaires en raison de l’épidémie de coronavirus qui a cloué les avions au sol et conduit à la fermeture de l’aéroport d’Orly, a déclaré mardi son PDG, Augustin de Romanet.

“Nos pertes de chiffre d’affaires par jour c’est plus de trois millions d’euros”, a-t-il déclaré sur France Inter tout en précisant que “l’exigence” pour le groupe était “de ne pas demander d’aide à l’Etat au-delà du chômage partiel”.

 

Orly : «La fermeture de l’aéroport est une catastrophe économique pour tout le bassin d’emploi»

Le Parisien 6/04/2020

La maire d’Orly est à l’unisson de tous les élus du secteur. Avec la fermeture de l’aéroport d’Orly, ce sont 90 000 emplois directs et indirects de la plateforme qui sont aussi concernés.

L’ aéroport d’Orly a fermé mardi dernier à 23h59 et depuis mercredi, les 80 avions stationnés sur la plateforme voient s’envoler les hélicoptères de l’armée de l’air, de la protection civile et du Samu et avions civils et militaires médicalisés.

Vidé de ses 80 000 voyageurs quotidiens et de ses 25 000 salariés, parmi lesquels ceux des 150 commerces et restaurants qui ont baissé le rideau, Orly est devenu la tête de pont de l’ évacuation sanitaire des patients gravement atteints du coronavirus vers les hôpitaux de province.

Une fermeture inédite décidée par Aéroport de Paris (ADP) pour permettre une reprise « le plus tôt possible » de l’activité aéroportuaire qui avait chuté de 80 % depuis le début de la pandémie.

« Une catastrophe économique » pour les 90 000 emplois directs et indirects, dont 42 000 emplois dans le secteur de la logistique, du bassin d’Orly qui inquiète les élus du territoire.

«Tout ce que l’on peut espérer c’est la réouverture rapide»

« Après la catastrophe sanitaire, cette fermeture est une véritable catastrophe économique qui va avoir un impact sur l’ensemble des entreprises sous-traitantes et l’ensemble de la plateforme. Certains se réjouissent d’entendre le chant des oiseaux, c’est sans compter les dégâts collatéraux pour les PME, les petits commerçants, les artisans qui seront les premiers touchés. Tout ce que l’on peut espérer c’est la réouverture rapide de la plateforme », alerte Christine Janodet, maire DVG d’Orly et membre du conseil d’administration d’ADP.

Premier pôle économique du Sud Francilien, troisième de la métropole du Grand Paris, la dynamique de l’aéroport rayonnant du bassin d’emploi d’Orly, au Min de Rungis, au centre commercial Belle-Epine jusqu’en Essonne et dans les Hauts-de-Seine, il est difficile de projeter en chiffre les pertes économiques liées à sa fermeture.

« Tout ce que l’on peut dire aujourd’hui c’est que le tissu économique est en grande difficulté, c’est une catastrophe pour notre région et l’on ne peut avoir que de sombres perspectives si le confinement dure », constate Richard Dell’ Agnola (LR), vice-président délégué à la stratégie économique au territoire Grand Orly Seine Bièvres et maire de Thiais.

«Reprise normale à la fin de l’été»

D’autant qu’il faudra plusieurs jours à l’aéroport pour retrouver son activité une fois la réouverture décidée sans que l’on ne sache quand celle-ci sera possible. Le numéro deux du groupe ADP Edward Arkwright avançait ce mercredi une reprise « échelonnée en fonction des destinations » pour une « reprise normale à la fin de l’été ».

Inquiet pour « les dizaines de milliers d’emplois qui sont concernés », notamment pour « les nombreux intérimaires qui ne seront probablement pas concernés par les mesures de chômage partiel et pour qui l’impact va être catastrophique », le président du conseil départemental du Val-de-Marne Christian Favier (PCF) l’est aussi pour la santé d’ADP qui emploie 1 350 salariés sur la plateforme d’Orly.

Des compagnies aériennes déjà fragiles

« ADP n’a plus de recettes tandis qu’il faut assurer les dépenses de gardiennage et de maintenance pour le moment venu redémarrer l’activité. Les compagnies aériennes elles aussi vont être en difficulté, on sait que plusieurs d’entre elles sont fragiles, on se souvient de la faillite d’Aigle Azur l’année dernière. L’activité est marquée par la période de l’été qui va être en grande partie sacrifiée », pointe le président.

Premier employeur privé d’Ile-de-France, le groupe Air France y génère plus de 230 000 emplois directs, indirects et induits. Dont 7 000 emplois directs dans le secteur du Grand Orly, répartis entre Air France et ses filiales Transavia et Bluelink.  « L’ensemble des salariés sont en activité partielle, à un taux variable en fonction de la nature de leur activité. Il est aujourd’hui trop tôt pour connaître l’impact de la fermeture d’Orly », indique-t-on chez Air France.

Tandis que 37 avions long et moyen-courriers sont actuellement stockés sur la plateforme d’Orly. Les équipes de maintenance se relayent pour assurer les opérations d’entretien de ces avions et permettre leur retour rapide en exploitation une fois la crise terminée.

 

Covid-19 : -48% pour Ryanair, -61% pour Norwegian en mars

Air Journal 6/04/2020

Le trafic aérien en mars 2020 a été considérablement affecté par la pandémie de coronavirus, comme l’attestent les chiffres publiés par les compagnies aériennes low cost Ryanair et Norwegian Air Shuttle.

Alors qu’elle maintient jusqu’à jeudi un programme de vols limités, Ryanair affiche pour le mois dernier une chute de trafic de 48%: le groupe a transporté 5,7 millions de passagers, avec un coefficient d’occupation de 91%, contre 10,9 millions durant le même mois l’année dernière. Ryanair en Irlande, au Royaume Uni, en Pologne et à Malte affichent 5,5 millions de clients, tandis que Lauda en Autriche en a enregistré 200.000 (-50%).

La low cost précise qu’elle a exploité plus de 33.000 vols réguliers en mars, dont « un certain nombre de vols de sauvetage et médicaux pour le compte de divers gouvernements de l’Union européenne ». Mais en raison des interdictions et des restrictions généralisées des vols des gouvernements de l’UE, Ryanair « prévoit de transporter un trafic minimal voire inexistant au cours des mois d’avril et de mai ».

Sur 12 mois en trafic glissant, Ryanair a transporté 146,8 millions de clients, soit une hausse de 4% par rapport à la même période à fin mars 2019 ; le coefficient d’occupation s’établit en moyenne à 96%.

En Norvège, la low cost Norwegian évoque « une baisse spectaculaire de la demande » suite aux restrictions imposées par le gouvernement en matière de voyages et à une baisse générale des voyages. En mars 2020, elle affiche 1,153 million de passagers (-61%), expliquant avoir « immédiatement réagi » et adapté son programme de vols à plusieurs reprises au cours du mois. La première étape a consisté à réduire d’environ 15% de la capacité prévue le 10 mars, puis à 85% de la capacité prévue à partir du 16 mars, « la plupart des annulations commençant à partir du 25 mars ». La capacité était de 40% inférieure à celle prévue tandis que les vols exploités avaient un coefficient d’occupation de 72%, en baisse de 13,8 points de pourcentage par rapport au même mois l’année précédente. Par rapport à mars 2019, la capacité totale (ASK) de Norwegian a diminué de 53% tandis que le trafic total de passagers (RPK) a diminué de 60%.

En mars, Norwegian a exploité 77% des vols réguliers, « plusieurs vols de sauvetage et a continué de maintenir une infrastructure de vol régionale essentielle ». Pour le CEO Jacob Schram, « la vitesse de l’épidémie mondiale de COVID-19 tout au long du mois de mars a eu un impact profond sur l’ensemble du réseau de Norwegian, car les annulations, conformément aux conseils de voyage mondiaux et à la baisse de la demande, ont été mises en œuvre tout au long du mois ». Norwegian a effectué « plusieurs vols de sauvetage pour le compte du gouvernement afin de garantir que des milliers de passagers scandinaves puissent rentrer chez eux en toute sécurité. Je profite de cette occasion pour remercier tous nos collègues dévoués, nos clients et les membres du public pour leur soutien continu », a ajouté le dirigeant.

 

Heathrow ferme une piste et réduit ses activités

La Presse 6/04/2020

(Londres) L’aéroport d’Heathrow, le plus grand du Royaume-Uni et l’un des principaux « hubs » du transport aérien mondial, va fermer l’une de ses deux pistes et suspendre l’activité liée aux passagers dans deux terminaux face à la chute du trafic en pleine crise du coronavirus.

L’aéroport reste ouvert notamment pour permettre l’acheminement des équipements médicaux et des produits alimentaires au Royaume-Uni, et pour permettre le rapatriement des Britanniques coincés à l’étranger à cause de la pandémie et des fermetures de frontières ou des mesures de confinement, précise Heathrow dans un communiqué reçu lundi.

« C’est notre devoir […] de rester ouverts et de fonctionner d’une manière sure », précise le communiqué, tout en ajoutant que ces mesures de réduction du périmètre de son activité vont lui permettre de diminuer ses coûts pendant la crise sanitaire, qui annihile une grande partie de ses revenus.

À cet effet, à compter de ce lundi, « nous allons passer à des opérations sur une seule piste » d’atterrissage et décollage et « dans les prochaines semaines nous allons temporairement transférer les activités impliquant des passagers des terminaux 3 et 4 vers les terminaux 2 et 5 », détaille le communiqué.

Il précise que la « réduction importante du trafic de passagers assure que ces derniers sont en mesure de respecter les directives gouvernementales de distanciation sociale ».

Dans un autre communiqué datant de vendredi et posté sur son site, l’aéroport précise que « le nombre de vols de passagers partant de Heathrow a chuté de 75 % » à cause de la pandémie.

À Londres, l’aéroport de Gatwick, le deuxième de la capitale britannique, a déjà fermé un terminal et réduit ses activités de façon importante.

London City Airport, situé dans l’est de la capitale non loin du quartier financier de Canary Wharf, a suspendu les siennes et de nombreux aéroports de province se retrouvent quant à eux menacés de faillite.

 

Air France-KLM : rapatriements, argent et problèmes de parking

Air Journal 7/04/2020

Il resterait encore environ 5000 Français coincés à l’étranger en raison de la pandémie de Covid-19, et le groupe Air France-KLM continue d’opérer des vols de rapatriement au gré des autorisations locales. Mais avec environ 5% des vols habituels opérés par les deux compagnies aériennes, il faut trouver de l’espace pour garer les avions inutilisés.

Depuis le 15 mars 2020 et le début du confinement en France, quelque 130.000 Français ont été rapatriés dans l’hexagone depuis 140 pays selon le Quai d’Orsay – un « exploit » selon les sénateurs pour la cellule de crise du ministère des Affaires étrangères. La plupart l’ont été à bord de vols Air France, comme par exemple dimanche au départ de Cotonou puis de Libreville qui a ramené du Gabon « 367 passagers dont 280 compatriotes, Français de passage ou personnes vulnérables résidant au Gabon ; 87 étrangers de passage (dont 67 Européens), pour partie conjoints de compatriotes de passage » selon l’ambassade de France au Gabon. Parmi ces passagers, 154 venaient de Port-Gentil par quatre vols organisés le même jour par l’ambassade de France en liaison avec Afrijet. Un nouveau vol AF entre Libreville et Paris-CDG est à l’étude. La compagnie française a également opéré hier un vol spécial depuis Ho Chi Minh Ville au Vietnam, et prévu pour demain un vol de rapatriement au départ de Buenos Aires en Argentine.

Interrogée dans Le Figaro, la directrice générale d’Air France Anne Rigail a rappelé que depuis la mi-mars, 240.000 ressortissants français et européens ont été rapatriés depuis 82 pays. La crise vécue par la compagnie aérienne, qui « se différencie de toutes les précédentes par sa brutalité et son ampleur », s’est déroulée en trois étapes : le 30 janvier « avec l’arrêt de nos vols vers la Chine, décidé volontairement afin de protéger nos salariés et nos clients » ; le 12 mars avec l’interdiction par Donald Trump des voyages aux États-Unis pour les étrangers ; et le 16 mars avec la décision de confinement en France. « Nous avons alors perdu en quelques jours 95 % de notre activité, avec la fermeture de beaucoup de pays que nous desservons », souligne la dirigeante, pour qui au-delà des vols de rapatriements « il nous semble aussi important de maintenir une ligne de vie pour assurer la continuité territoriale ».

Anne Rigail n’a pas confirmé le montant d’un éventuel emprunt de 6 milliards d’euros par Air France-KLM, qui serait garanti par la France et les Pays-Bas. Mais elle s’est félicitée de la promesse d’aide de la part des deux Etats ; « le groupe dispose d’une trésorerie de 6 milliards d’euros, mais nous aurons besoin rapidement d’un soutien financier » pour passer la crise et « se préparer au redémarrage de l’activité en 2021 ou 2022 qui s’accompagnera d’une consolidation dans le secteur ». Sans moyens conséquents, Air France-KLM serait marginalisé face à des acteurs comme Singapore Airlines, qui vient d’être renflouée à hauteur de 13 milliards de dollars. Mais il faudra « rembourser cette somme sur une durée de quatre ans, voire six maximum, ce qui signifie 800 millions à 1 milliard à sortir chaque année. Vu les perspectives de reprise, ce ne sera pas chose facile », a expliqué une source de l’entreprise proche du dossier à Libération.

En attendant, Air France comme KLM doivent gérer le stationnement à long terme de leurs avions inutilisés. Pour la première, l’immobilisation de 180 avions pour au moins un mois mobilise un millier d’employés de la maintenance ; le directeur général adjoint Engineering & Maintenance Géry Mortreux a détaillé les trois niveaux de stockage envisagés dans Les Echos : « le parking normal, pour une durée de 2 à 4 semaines, le stockage actif, pour un à trois mois, et le stockage prolongé, au-delà de trois mois ». Pour un stockage actif, « il faut compter environ 150 heures de main-d’œuvre selon le type d’avion, en incluant le temps nécessaire pour sa remise en service », tandis que dans le cas du stockage prolongé, « il faut compter environ 800 heures », a-t-il précisé.

A l’aéroport d’Amsterdam, KLM Royal Dutch Airlines n’est pas en reste : plus de 200 avions sont désormais parqués à Schiphol. Les destinations qu’elle continue de desservir dans le cadre de son « calendrier restreint » sont exploitées à l’aide d’Embraer 190 et Boeing 737 et 777-300ER, les vols de rapatriement étant parfois opérés à l’aide des 777-200ER, 787-9 et 787-10 (les 747 sont désormais sortis de la flotte). La piste 18L-36R (« Aalsmeerbaan ») est entièrement dédiée au stockage des avions inutilisés par KLM et sa filiale low cost Transavia, tout comme 4 des 6 jetées de Schiphol (seules les D et E sont encore utilisés par les passagers).

La compagnie néerlandaise décrit dans son blog le « Great Big Schiphol Parking Puzzle, car chaque position ou stand ne convient pas à chaque type d’avion. C’est tout un défi de garer tous les avions à leur place. Plusieurs aspects sont impliqués dans cette opération. La taille d’un avion est bien sûr un facteur clé. Vous devez empêcher les avions de bloquer les autres, par exemple, si vous devez les remorquer pour l’entretien. Par conséquent, l’un des critères de stationnement est qu’il devrait y avoir suffisamment d’espace entre les aéronefs, afin qu’ils puissent être facilement déplacés pour inspection. Cependant, tous les types d’avions doivent être regroupés aussi étroitement que possible, afin de garantir que le stationnement et la maintenance peuvent être effectués aussi efficacement que possible. Ce sont tous des facteurs qui doivent être pris en compte ».

 

Brussels Airlines : pas de vol avant le 15 mai

Air Journal 7/04/2020

Clouée au sol depuis la mi-mars en raison de la pandémie de Covid-19, la compagnie aérienne Brussels Airlines a reporté au 15 mai au plus tôt la reprise de ses vols. Ses 4200 employés resteront donc au chômage partiel.

Ayant suspendu ses opérations le 20 mars 2020, la compagnie nationale belge avait initialement programmé son retour dans les airs pour le 20 avril. Sans surprise, cela ne sera pas le cas : elle a reporté cette date lundi au 15 mai au plus tôt « en raison des circonstances exceptionnelles causées par la crise mondiale du Coronavirus ». Brussels Airlines assure à ses clients que « la valeur de votre billet reste valable pour de futurs voyages et nous gardons votre billet d’origine en attente ».

Si vous êtes détenteur d’un billet de Brussels Airlines (numéro de billet commençant par 082), nous vous offrons la possibilité de recevoir un bon de réduction de 50 € par invité pour une nouvelle réservation ultérieure. Une fois que vous avez demandé ce bon, vous avez jusqu’au 31 août 2020 pour effectuer une nouvelle réservation pour une date de voyage au plus tard le 31 décembre 2020. Vous pouvez également réserver votre vol pour un voyage entre le 1er janvier 2021 et le 30 avril 2021, mais la réduction ne sera pas appliquée.

En attendant, la compagnie de Star Alliance conserve « une capacité de vol minimale » disponible pour les vols de rapatriement du gouvernement et le transport de fret humanitaire. Visant une « offre de vol stable » dès la reprise des opérations, Brussels Airlines travaille actuellement sur un réseau réduit répondant selon son communiqué « aux besoins des voyageurs d’affaires et de loisirs ». Dès le redémarrage de ses activités, la compagnie aérienne va progressivement étendre son offre de réseau « en fonction de la demande et des besoins des marchés qu’elle dessert ».

Brussels Airlines prolonge en outre l’intégralité du chômage temporaire pour l’ensemble de la compagnie. Des exceptions sont prévues pour les employés qui couvrent les vols de rapatriement, maintiennent la flotte ou préparent le redémarrage des opérations.

« Tout comme l’ensemble du secteur mondial de l’aviation et du tourisme, Brussels Airlines est également fortement impactée par cette crise sans précédent. À côté de nos passagers et de nos employés, nous ne devons pas oublier les milliers d’emplois indirects créés en Belgique à la suite de nos opérations avec Brussels Airlines. Ces entreprises souffrent également. Je profite de l’occasion et remercie l’incroyable solidarité au sein du secteur. Je suis convaincu qu’ensemble, nous pouvons sortir de cette crise en tant que communauté encore plus forte », a déclaré Dieter Vranckx, CEO de Brussels Airlines.

 

Voyages à forfait : les nouvelles conditions d’Air France KLM vis-à-vis des TO

Tour Hebdo 6/04/2020

Le Seto et la compagnie aérienne ont signé un accord vendredi portant sur les conditions accordées par la compagnie à l’ensemble des membres du syndicat, incluant les groupistes, le MICE et les spécialistes des voyages scolaires.

Le courrier adressé vendredi 3 avril aux adhérents du Seto par le président du syndicat, René-Marc Chikli, est porteur d’une bonne nouvelle. Le Seto a en effet réussi à trouver un accord avec Air France KLM portant sur les conditions accordées par la compagnie à l’ensemble des membres (des groupistes au MICE en passant par les voyages scolaires) pendant la crise sanitaire.

Nous nous félicitons d’avoir obtenu cet accord exceptionnel applicable dès à présent. Ces conditions devraient être reprises par Transavia, mais également par un ensemble de compagnies opérant en France, avec votre aide“, indique René-Marc Chikli dans le courrier.

Pour les voyages à forfait en Groupe dans le cadre de vols annulés entre le 1er mars 2020 et le 15 septembre du fait du COVID 19, Air France KLM s’engage à ce que le TO ait “la liberté de réserver un nouveau groupe dans les 12 mois (à partir de la date de voyage initiale) ou se faire rembourser après 12 mois (à partir de la date de voyage initiale). Le changement de nom est déjà couvert par les conditions Groupe actuelles“, précise dans l’accord Sébastien Guyot, directeur des Ventes Entreprises et Agences chez Air France KLM.

Pas de pénalité d’annulation pour les groupes

Davantage dans le détail, pour les départs jusqu’au 30 juin 2020, les groupes déjà réservés, acomptés ou avec des billets émis au 1er avril 2020, n’auront pas de pénalité d’annulation. Pour les départs du 1er juillet jusqu’à 31 août 2020, il n’y aura pas non plus de pénalité d’annulation si l’annulation est effectuée 60 jours avant le départ. Enfin, pour les départs du 1er jusqu’au 15 septembre 2020, la compagnie ne procédera à aucune pénalité d’annulation si elle est effectuée avant le 1er juillet 2020. Dans tous les cas, les TO auront la possibilité d’effectuer le report de l’EMD d’acompte sur un nouveau groupe pour un départ jusqu’à 12 mois après la date de voyage initiale. De plus, si le report du groupe est involontaire (annulation par Air France), l’EMD pourra être remboursé 12 mois après la date de voyage initiale.

Pour les voyages à forfait en Allotement dans le cadre de vols annulés entre le 1er mars et le 15 septembre 2020 du fait du COVID 19, la compagnie s’engage à ce que le TO/agence ait la liberté de demander une nouvelle quotation ou de se faire rembourser via le BSP Link.

Enfin, pour les voyages à forfait en TOI dans le cadre de vols annulés entre le 1er mars et le 15 septembre 2020 du fait du COVID 19, le TO/agence a la possibilité d’émettre un EMD à valoir sur une nouvelle réservation réalisée dans un délai de 12 mois avec un changement de nom possible. Il peut se faire rembourser 12 mois après l’émission de l’EMD (en cas de report involontaire). 

Pour les voyages à forfait en tarif public, dans le cadre de vols annulés, les conditions particulières et évolutives liées à la crise COVID 19 s’appliquent.

 

Coronavirus : Accor est contraint de fermer les deux tiers de ses hôtels dans le monde

Tour Hebdo 6/04/2020

Alors que la moitié des établissements sont déjà fermés, 200 000 collaborateurs du géant hôtelier se retrouvent au chômage partiel ou sans travail. Un fonds va être créé pour aider les salariés en grandes difficultés financières.

L’épidémie de coronavirus touche de plein fouet le groupe hôtelier français. Son PDG Sébastien Bazin vient d’annoncer la fermeture prochaine des deux tiers de ses hôtels dans le monde. “Notre activité est très très fortement impactée” par le Covid-19, a-t-il déclaré. Ajoutant que “Accor a demandé de ne pas être là le 2 avril” aux deux tiers de ses 300 000 collaborateurs travaillant dans les quelque 5 000 hôtels sous enseignes dans le monde. Ceux-ci sont au chômage partiel ou sans travail, a indiqué le dirigeant. “Car malheureusement nous n’avons pas de clients, et les hôtels ferment.”

En parallèle, le groupe, dont la moitié du parc est déjà fermé, va “allouer 25% du dividende prévu, soit 70 millions d’euros“, à un fonds destiné à ses salariés et “préserver” les 210 millions d’euros restants. Ce fonds pourra aider “au cas par cas” les collaborateurs se trouvant “en grandes difficultés financières suite à des mesures de chômage technique” et prendre en charge leurs frais d’hospitalisation lorsqu’ils “ne bénéficient pas d’une couverture sociale“, a précisé Sébastien Bazin.

Il pourra aussi éventuellement bénéficier à des “partenaires individuels en grande difficulté financière” ou à des “initiatives solidaires en soutien des personnels soignants et d’organisations caritatives” luttant contre le Covid-19.

Reprise progressive de l’activité en Chine

On est face à une crise sans précédent, on prend des mesures extraordinairement contraignantes et brutales pour un ensemble de collaborateurs dans le monde (…) il faut se montrer solidaire et disponible” envers eux, a-t-il affirmé. Et “il faut sauvegarder le plus de trésorerie possible parce qu’on va en avoir bien besoin”. Le groupe est néanmoins confiant car il “a commencé l’année avec 2,5 milliards d’euros de trésorerie“, grâce à la cession de 65% de son pôle immobilier AccorInvest.

En Chine, où Accor compte 25 000 collaborateurs jusqu’ici confinés à leur domicile, l’activité reprend puisque “80% d’entre eux sont retournés dans les hôtels qui sont en fonctionnement pour accueillir des clients“. “La reprise est lente” dans le pays, “elle se fait surtout par le segment économique” avec “50% de taux d’occupation” dans les hôtels à l’heure actuelle et une clientèle “très locale, chinoise“, a encore précisé le PDG du géant hôtelier.

 

Crise Coronavirus : “small is beautiful”… Vers l’éclatement des grands Groupes ?

TourMag 6/04/2020

La chronique de Jean-Louis Baroux

La situation actuelle bouleverse toute l’organisation du transport aérien, sans compter celle de tout notre système économique. En gros, elle montre les limites de la mondialisation effrénée dans laquelle nous nous étions tous engouffrés. C’est ainsi que les compagnies aériennes ont créé des groupes gigantesques pour contrôler un maximum de marchés…

IAG qui regroupe British Airways, Iberia, Vueling, Aer Lingus, Level et Air Europa réalise un chiffre d’affaires de 23 milliards d’euros avec 600 appareils, lesquels desservent 280 destinations en transportant plus de 100 millions de passagers.
Lufthansa et ses filiales : Eurowings, Germanwings, Swiss, Edelweiss, Austrian Airlines, Brussels Airlines et LH cargo fait voyager plus de 145 millions de passagers dans ses 763 appareils, le tout pour un chiffre d’affaires de plus de 36 milliards d’euros.
Enfin le groupe Air France/KLM et ses filiales Transavia Holland, Transavia France et Martinair, pèse plus de 26 milliards d’euros de chiffre d’affaires réalisé avec 590 appareils, lesquels ont transporté plus de 100 millions de passagers vers 312 destinations.

Pendant ce temps-là, les leasings et locations continuent à courir

Les chiffres donnent le tournis. Rajoutez à cela que les trois groupes ensemble emploient 286 000 salariés, et vous aurez une idée de leur puissance.
Sauf que tout cela s’est effondré sous les coups sournois d’un minable virus importé de Chine, on ne sait trop comment.
Ainsi la quasi-totalité de presque 2 000 appareils a été clouée au sol. Les personnels sont mis massivement en chômage technique.
Les seuls appels en réservation sont pour annuler des voyages. Et il faut maintenant rembourser les clients qui réclament leur argent car ils ont acheté, souvent longtemps à l’avance, des billets pour des vols qui ont dû être annulés, certes en dehors de la volonté des transporteurs, soumis aux règles de fermeture des frontières édictés par les Etats.
Et pendant ce temps-là, les leasings et locations continuent à courir.
Oh bien sûr, il y aura des accommodements avec les propriétaires d’avions, mais ces derniers doivent percevoir leurs loyers pour payer les considérables emprunts qu’ils ont levés auprès des établissements bancaires et des fonds d’investissement.

Plus les groupes sont importants et plus ils deviennent fragiles

Alors, plus les groupes sont importants et plus ils deviennent fragiles. Et toutes les compagnies crient à l’aide auprès de leurs gouvernements.
Ce n’est d’ailleurs pas le cas des seuls transporteurs européens, les gros américains et les transporteurs du Golfe en ont fait autant, avec d’ailleurs plus de réactivité de la part de leurs pays que celle observée en Europe.
C’est maintenant que les Etats se rendent compte de l’importance stratégique du transport aérien.
Chaque pays a besoin de son drapeau et aucun gouvernement ne souhaite voir le destin de sa compagnie majeure rester aux mains des grands groupes si fragilisés.
La Commission Européenne a modifié largement sa doctrine libérale et a commencé à autoriser l’Italie à nationaliser Alitalia, en fermant les yeux sur les ratios d’endettement et de déficit du pays.
Cela ne s’arrêtera pas là. La Belgique a fait savoir qu’elle était prête à nationaliser elle aussi Brussels Airlines. Il n’y a pas de raisons pour que la Suisse et l’Autriche n’en fassent pas autant.

Les Etats ne laisseront pas tomber leurs compagnies nationales

Dans cette hypothèse, le Groupe Lufthansa serait ramené aux seuls transporteurs allemands.
Du côté franco-néerlandais, ne va-t-on pas assister aussi à la séparation de KLM et d’Air France, chaque pays se préoccupant d’abord de sauver son transporteur avant de s’occuper du voisin ?
Si cela devait arriver, l’affaire serait d’ailleurs très compliquée car le groupe appartient en grande partie à des compagnies étrangères : Delta Airlines, China Eastern ainsi qu’aux Etats français et néerlandais.
Mais d’un autre côté, les cours de bourse s’étant effondrés, toutes les transactions deviennent possibles.
D’ailleurs, il pourrait arriver aussi le même scénario au groupe IAG, d’autant plus que la partie majoritaire britannique redevient hors européenne sous le coup du Brexit. Seulement, Qatar Airways possède 25% des actions, ce qui en fait un partenaire incontournable.
La grande leçon à tirer de la situation actuelle est que les Etats ne laisseront pas tomber leurs compagnies nationales et que pour ce faire, ils sont disposés à les racheter, quitte à faire exploser les groupes auxquelles elles appartiennent.
Va-t-on revenir 20 ans en arrière ? Et cela serait-il si désastreux ?

Revue de presse 10 Avril : • L’UE veut prolonger la fermeture des frontières extérieures jusqu’au 15 mai • Air France-KLM : Djebbari confirme les négociations de prêts de six milliards d’euros • Trafic Air France-KLM : – 56,6% en mars…

Revue de presse 6 Avril : • Chine : timide reprise du trafic aérien domestique • Air France-KLM négocie un prêt massif garanti par Paris et La Haye…

Au sommaire :  

 

  • Chine : timide reprise du trafic aérien domestique 

  • Air France-KLM négocie un prêt massif garanti par Paris et La Haye 

  • Aide au transport aérien : le gouvernement favorise-t-il Air France ?

  • Le trafic passagers divisé par deux en mars 2020 sur les aéroports français

  • Tour-opérateurs et Covid-19 : un accord avec Air France-KLM

  • EasyJet et Covid-19 : des vols disponibles en mai ?

  • Air France-KLM : rapatriements, emprunt et nationalisation

  • Qatar Airways Cargo relance ses opérations de fret en Chine

  • Pont aérien entre Mayotte et La Réunion : mise en place de deux rotations par semaine

  • Lyon Saint-Exupéry : le Rhônexpress suspendu temporairement, les usagers pris en charge en taxi 

 

Chine : timide reprise du trafic aérien domestique

Air-Journal.fr – 5 Avril 2020

Le trafic aérien domestique en Chine a légèrement augmenté en mars par rapport à février mais il reste encore inférieur de moitié au niveau d’avant la crise du coronavirus, a annoncé l’Administration de l’aviation civile de Chine (CAAC).

Le nombre de vols quotidiens a bondi de 20,5% en mars à 6.533, a déclaré Jin Junhao, un responsable de la CAAC. Cela représente cependant seulement 42% des capacités enregistrées avant la mise en place des mesures de restriction pour endiguer la propagation du coronavirus. Selon les principales compagnies aériennes publiques chinoises –Air China, China Southern Airlines et China Eastern Airlines-, les voyageurs font toujours preuve de prudence et réservent à la dernière minute, tandis que les tarifs restent bas et l’occupation des sièges moins importante qu’à l’accoutumée. China Eastern Airlines prévoyait de porter ses capacités sur les vols intérieurs à 40%-50% en mars, mais la demande n’a été que d’environ 30%. 

Quant au trafic international, il est toujours quasiment à l’arrêt. La CAAC a demandé la semaine dernière aux compagnies aériennes chinoises de réduire leurs liaisons internationales à une seule route par pays et de limiter le nombre de vols à un seul par semaine pour éviter une deuxième vague de contagion du virus, venant cette fois de l’extérieur.

 

Air France-KLM négocie un prêt massif garanti par Paris et La Haye

Investir.fr – 6 Avril 2020 

6 milliards d’euros. C’est le montant des prêts que seraient en train d’organiser Paris et La Haye pour éviter le naufrage d’Air France-KLM, dont ils détiennent respectivement 14,3% et 14%. Dans un ciel dépourvu d’avions en raison de la crise eu Covid-19 et des mesures de restriction de déplacements, les appels à l’aide se multiplient de la part des compagnies aériennes : American Airlines a sollicité l’administration Trump pour une aide de 12 milliards, les compagnies thaïlandaises en demandent 16 milliards, quand l’Association internationale du transport aérien chiffre entre 150 et 200 milliards d’euros l’enveloppe globale nécessaire…  A en croire l’agence de presse Reuters, Air France-KLM négocierait donc pour emprunter « plusieurs » milliards sous la forme de crédits garantis par ses deux actionnaires étatiques. Plus exactement quatre milliards d’euros garantis par l’Etat français pour Air France et un emprunt de l’ordre de deux milliards garanti par l’Etat néerlandais pour KLM. « Air France-KLM est une belle entreprise et nous voulons qu’elle reste en l’état, c’est pourquoi nous sommes prêts à la soutenir », a déclaré le ministre français de l’Economie et des Finances, Bruno Le Maire.

Un tel prêt prêt garanti fait partie du panel de mesures dont dispose Paris pour aider la compagnie à traverser les turbulences actuelles, en plus des dispositions déjà adoptées permettant, entre autres, un allègement des coûts fixes, notamment de personnel – les 45.000 salariés d’Air France sont aujourd’hui au chômage partiel, avec des taux qui varient, mais la majorité subit un chômage à 80% – ou un report d’autres charges (impôts ou cotisations). Une cession d’actifs est-elle envisageable ? Et une augmentation de capital ? A priori, non. Air France-KLM n’a pas beaucoup d’actifs non décorrélés au marché aérien à vendre et il paraît bien difficile de céder catering, dont personne ne veut actuellement. Quant à une augmentation de capital, elle n’aurait pas grand sens au cours actuel. 

Ce prêt garanti apporterait une bouffée d’oxygène à Air France-KLM, qui, selon les calculs de Yan Derocles, analyste chez Oddo BHF, brûle de l’ordre de 35 millions d’euros de cash par jour. A la mi-mars, le groupe disposait de quelque 6 milliards d’euros de trésorerie disponible, l’équivalent d’un peu plus de six mois de besoin de financement.

 

Aide au transport aérien : le gouvernement favorise-t-il Air France ?

Air-Journal.fr – 5 Avril 2020

American Airlines réclame 12 milliards à l’administration Trump, 7 compagnies aériennes thaïlandaises demandent une aide de 16 milliards de dollars, Emirates Airlines sauvée coûte que coûte par Dubaï, Lufthansa espère une aide de plusieurs milliards de dollars… Partout dans le monde, les transporteurs aériens, cloués au sol par la pandémie du coronavirus, comptent sur une aide étatique pour redécoller. 

Pour sa part, Air France-KLM mène des discussions avec des banques pour emprunter plusieurs milliards d’euros sous la forme de crédits garantis par les Etats français et néerlandais, qui détiennent chacun 14% du capital du groupe aérien. Selon l’agence Reuters, Air France-KLM pourrait bénéficier d’un emprunt pouvant atteindre 4 milliards d’euros garanti par l’Etat français pour Air France combiné à un emprunt de près de 2 milliards garanti par l’Etat néerlandais pour KLM. « Air France-KLM est une belle entreprise et nous voulons qu’elle reste en l’état, c’est pourquoi nous sommes prêts à la soutenir« , a déclaré le le ministre français des Finances, Bruno Le Maire.

Mais pourquoi aider seulement Air France ? La question a déjà fait l’objet d’une passe d’armes entre le groupe Dubreuil (Air caraïbes et french bee) et Air France dans les pages du journal La Tribune. La Fédération Nationale de l’Aviation Marchande (FNAM) réclame, elle, une aide directe de l’Etats français à l’ensemble du pavillon français.

« L’heure est grave pour l’ensemble des entreprises françaises et pour le consommateur. Mais le pire qui puisse arriver, c’est de sauver les compagnies historiques et de ne pas sauver les compagnies alternatives. Ce serait immoral, inefficace et dangereux. Il n’y a pas de raisons de laisser tomber les transporteurs qui opèrent des vols intérieurs en France, qui desservent les Dom-Tom… Spontanément, j’ai plutôt envie de sauver Corsair, Air Tahiti Nui, Air Austral, Air Corsica et Air Caraïbes avec l’argent public, parce qu’elles permettent au consommateur d’avoir le choix et des prix bas. Avec le retour d’un monopole national, nous ferions un bond dans les années 80, lorsqu’un billet pour les Antilles valait un Smic ou deux ! Sans compter qu’on a déjà un monopole ferroviaire onéreux en France avec la SNCF… » déclare Fabrice Dariot, patron de l’agence de voyages Bourses des vols.

Aux Etats-unis, des associations de défense des consommateurs exigent que l’aide accordée aux compagnies aériennes ne soit pas un chèque en blanc : « Bien que les compagnies aériennes aient maintenant perdu beaucoup d’argent et aient été obligées de modifier leurs plans d’exploitation, elles ont réalisé des milliards de dollars de bénéfices au cours des dernières années. Les compagnies aériennes américaines demandent maintenant des prêts de plus de 50 milliards de dollars, mais avec des bénéfices de plusieurs milliards – et plus de 45 milliards de dollars donnés aux dirigeants et aux actionnaires ces dernières années – on peut se demander comment l’argent est dépensé et pourquoi ces compagnies n’étaient pas préparées pour les jours difficiles« , rappelle l’Association des défenseurs des droits des passagers (APRA).

 

Le trafic passagers divisé par deux en mars 2020 sur les aéroports français

Aerobuzz.fr – 4 Avril 2020

Les premiers chiffres de trafic qui nous parviennent font état d’un recul de plus de 50% du trafic passagers sur les premiers aéroports à diffuser leurs statistiques de mars 2020. 

Il ne s’agit pas encore de résultats globaux de trafic, mais des premiers chiffres que nous avons pu recueillir auprès de trois aéroports en France. La tendance est à une baisse de moitié du trafic passagers. L’aéroport de Brest qui depuis plusieurs mois battait, mois après mois, ses propres records, accuse une chute de -56,72% à 38.739 passagers. L’aéroport breton est fermé aux vols commerciaux depuis le 25 mars 2020, avec depuis le début de la crise un trafic décroissant au fil des jours, surtout depuis le 15 mars. Au final, le nombre des mouvements (603) est en baisse de -48,9%. 

A Montpellier, la chute du trafic passagers est de -57,36% à 61.253 passagers. A Marseille, elle de -54,6% à 329.364 passagers. Le nombre de mouvements est en recul de -41,4% (5.163 mouvements en mars 2020). 

 

Tour-opérateurs et Covid-19 : un accord avec Air France-KLM

Air-Journal.fr – 6 Avril 2020

Le Syndicat des Entreprises du Tour Operating (SETO) a conclu avec le groupe Air France-KLM un accord adaptant aux voyagistes le principe des avoirs déjà pratiqué avec les passagers. 

Après avoir recommandé un report au 15 mai 2020 au plus tôt des voyages à forfait, le SETO poursuit son travail face à la pandémie du nouveau coronavirus. Après la publication de l’ordonnance du 25 mars relative aux avoirs applicables notamment aux forfaits, qui ne s’adressait qu’aux clients, un accord bilatéral a été trouvé avec le groupe franco-néerlandais et notamment avec Air France. Il garantit « une très grande flexibilité aux tour-opérateurs, sur une période de 12 mois. Toute l’activité est couverte », y compris les vols secs et tarifs TO, a déclaré le président du syndicat René-Marc Chikli. « Sans cet accord, nous nous retrouvions avec des billets payés non volés dans les comptes… Là, nous avons une monnaie d’échange », en l’occurrence des avoirs. Il espère que la filiale low cost Transavia va emboiter le pas, tout comme « d’autres compagnies aériennes » qui auraient déjà donné des accords de principe. 

Pour les voyages à forfait en groupe, dans le cadre de vols annulés entre le 1er mars et le 15 septembre pour raison de pandémie, Air France-KLM permet au TO et agences de voyage de réserver un nouveau groupe dans les 12 mois (à partir de la date initiale de voyage) ou de se faire rembourser après 12 mois. Un changement de nom est possible – conformément aux conditions groupe actuelles. Dans le détail, trois cas de figure sont différenciés :

– Pour des départs jusqu’au 30 juin : pas de pénalité d’annulation. Possibilité de report de l’EMD d’acompte sur un nouveau groupe pour un départ jusqu’à 12 mois après la date de voyage initiale.

– Pour des départs du 1er juillet jusqu’à 31 août : pas de pénalité d’annulation si l’annulation est effectuée 60 jours avant le départ. Possibilité de report de l’EMD d’acompte sur un nouveau groupe pour un départ jusqu’à 12 mois après la date de voyage initiale.

– Pour des départs du 1er au 15 septembre: pas de pénalité d’annulation si l’annulation est réalisée avant le 1er juillet. Possibilité de report de l’EMD d’acompte sur un nouveau groupe pour un départ jusqu’à 12 mois après la date de voyage initiale.

S’agissant des voyages à forfait en allotement, dans le cadre de vols annulés entre le 1er mars et le 15 septembre, le calcul des pénalités sera neutralisé des vols annulés sur la période. Le TO/agence peut demander une nouvelle quotation ou de se faire rembourser via le BSP Link. Enfin, pour les voyages à forfait en « TOI » (tarifs TO), toujours dans le cadre de vols annulés entre le 1er mars et le 15 septembre, le TO/agence peut émettre un EMD à valoir sur une nouvelle réservation réalisée dans un délai de 12 mois, avec un changement de nom possible. Puis, se faire rembourser 12 mois après l’émission de l’EMD (en cas de report involontaire). Pour les voyages à forfait en tarif public, dans le cadre de vols annulés, les conditions particulières et évolutives liées à la crise Covid-19 s’appliquent. 

 

EasyJet et Covid-19 : des vols disponibles en mai ?

Air-Journal.fr – 6 Avril 2020 

Le patron de la compagnie aérienne low cost easyJet a annoncé que la suspension des vols durera tout le mois d’avril, des billets vers l’Europe étant en vente en ligne à partir du 1er mai. Les vols de rapatriement vers la Grande Bretagne se poursuivent.

Johann Lundgren, CEO de la spécialiste britannique du vol pas cher, a présenté ses excuses à ses clients le 3 avril 2020, après avoir annoncé l’immobilisation au sol de toute la flotte. Aucun vol ne sera donc proposé en avril « à l’exception des vols de rapatriement », a-t-il déclaré. Mais alors que la suspension des opérations avait été annoncée la semaine dernière « pour une durée indéterminée », la presse du Royaume uni a remarqué que des vols easyJet « vers l’Europe » étaient en vente à compter du 1er mai (à l’instar de TUI ou British Airways d’ailleurs), avec des tarifs à partir de 34,99 livres. Un porte-parole d’easyJet a déclaré à DevonLive : « A ce stade, il ne peut y avoir aucune certitude quant à la date de redémarrage des vols commerciaux, et nous évaluons en permanence en fonction de l’évolution des réglementations et de la demande des clients. Alors que notre équipage est en congé pendant deux mois, nous restons prêts à fonctionner dans ce délai si nous sommes en mesure de le faire. Nous avons un programme d’annulation en place, et nous y travaillons après avoir mis fin aux ventes en avril ». 

Côté vols de rapatriement, Johan Lundgren a rappelé qu’au cours des dernières semaines, easyJet a « travaillé d’arrache-pied pour rapatrier plus de 45.000 clients de toute l’Europe, et nous continuerons de travailler avec les gouvernements pour soutenir l’effort continu visant à ramener les gens chez eux là où cela est nécessaire ». Ses équipes essayent d’atténuer autant que possible les perturbations : « Je suis extrêmement fier de la façon dont tout le monde ici, du personnel du centre d’appels aux équipages, a tout donné à un moment aussi difficile ». 

Rappelons qu’easyJet assure disposer de comptes sains et dit avoir trouvé un accord avec les syndicats britannique pour que son personnel de cabine se mette en congés : l’accord est effectif depuis le 1er avril pour deux mois, les équipages étant payés « 80% de leur salaire moyen grâce au système mis en place par le gouvernement pour maintenir les emplois ». La low cost a notamment salué « la décision de Paris d’inclure tous les employés en contrats (français) dans un mécanisme (d’indemnisation d’activité partielle), ce qui rassure nos 1.700 employés en France ».

 

Air France-KLM : rapatriements, emprunt et nationalisation

Air-Journal.fr – 6 Avril 2020

Les vols de rapatriements de passagers coincés à l’étranger par la pandémie de coronavirus se poursuivent chez les compagnies aériennes Air France et KLM Royal Dutch Airlines. Le groupe négocie des emprunts garantis par la France et les Pays-Bas qui pourraient atteindre 6 milliards d’euros afin de survivre à la crise, mais une éventuelle nationalisation d’Air France ne serait que temporaire selon le ministre français des finances. 

Ce 6 avril 2020 à 6h39, un Boeing 777-300ER d’Air France a quitté l’aéroport de Ho-Chi Minh Ville-Tanh Son Nhat en direction de Paris-CDG, où il est attendu à 15h10, avec à son bord un nombre inconnu de Français et d’Européens. Prévu depuis la semaine dernière, ce vol était apparemment complet selon une habitante de Hanoi qui n’a pas pu le prendre ; l’ambassade de France au Vietnam n’a pas (encore ?) annoncé de vol spécial supplémentaire.

La compagnie nationale française a d’autre part annoncé la mise en place mercredi d’un autre vol de rapatriement vers Buenos Aires : il décollera d’Argentine le 8 avril à 13h30, pour atterrir à Roissy le lendemain à 7h10. Air France rappelle au passage que les vols spéciaux sont gérés directement via les ambassades, « par nos équipes locales en lien avec @francediplo ».

Air France et KLM ont en fin de semaine dernière opéré plusieurs vols de rapatriements de ressortissants européens, par exemple vers Brazzaville et Luanda, vers Delhi ou vers Moscou pour la première, et vers Sydney pour la seconde (le premier d’une série de six).

Côté finances, le groupe Air France-KLM pourrait bénéficier de garanties des deux états sur des emprunts bancaires, à hauteur selon Reuters de 4 milliards d’euros pour la compagnie française et de 2 milliards d’euros pour la compagnie néerlandaise. Une somme qui permettrait de passer la crise du Covid-19, mais ajouterait à une dette atteignant déjà 1,2 milliard d’euros. Certaines sources affirment que le montant des avoirs et autres reports de réservation a déjà atteint 3 milliards d’euros, et les revenus des nouvelles réservations à la reprise de l’activité (a priori en juin) ne devraient être que faibles pendant plusieurs mois. 

Le ministre français des finances Bruno Le Maire a de nouveau promis hier dans le Journal du Dimanche que l’Etat apportera « les moyens financiers nécessaires aussi longtemps que la crise durera » : « Je préfère que nous nous endettions aujourd’hui, en évitant un naufrage, plutôt que laisser détruire des pans entiers de notre économie », a-t-il déclaré, précisant que sur huit jours, ce sont 20 milliards d’euros de prêts garantis par l’Etat qui ont été demandés par plus de 100.000 entreprises. Sans citer Air France dont la m, le ministre dit avoir transmis au Président et au Premier ministre « une liste d’une vingtaine d’entreprises stratégiques fragilisées et des solutions pour les aider : garanties de prêts, montée au capital, recapitalisation, et, en dernier ressort, nationalisation ». Mais dans ce dernier cas, Bruno Le Maire a précisé : « Il ne pourra s’agir que de nationalisations temporaires », et les entreprises bénéficiant de l’aide de l’Etat ne pourront pas verser de dividendes. Le patron d’Air France-KLM Benjamin Smith se serait en outre engagé auprès du ministre à « faire un effort » sur sa rémunération, ses employés au chômage partiel en France ne touchant que 84% de leur salaire…

 

Qatar Airways Cargo relance ses opérations de fret en Chine

Air-Journal.fr – 5 Avril 2020 

Qatar Airways Cargo a repris ses vols à destination de la Chine à compter du 30 mars au moyen d’appareils dédiés au cargo ainsi que des appareils initialement configurés pour le transport de passagers. 

Les vols « cargo only«  à destination de Pékin ont repris le 30 mars, vers Shanghai, Hangzhou et Chengdu le 31 mars, et vers Guangzhou et Chongqing le 1er avril. En temps normal, Qatar Airways Cargo dessert quatre destinations en Chine toute l’année avec des avions 100% cargo (Shanghai-Pudong, Guangzhou, Hong Kong et Macao) et profite également des vols passagers pour acheminer des marchandises en soute. Dans le contexte de la pandémie du coronavirus et ses conséquences, les vols passagers qui avaient été interrompus vont pouvoir reprendre mais sans passager, uniquement avec des marchandises.

Ces vols « cargo only » desservent 6 villes en Chine au total, à savoir Pékin, Shanghai, Guangzhou, Chengdu, Chongqing et Hangzhou. Une capacité de fret supplémentaire est donc ajoutée répondant ainsi à la demande accrue pour l’expédition de produits de première nécessité vers et hors de la Chine continentale en ce moment. Les vols de fret en soute sont effectués sur la base de rotations sous numéros de vol et selon les fréquences précédemment attribuées aux vols commerciaux, sans aucun membre d’équipage ou passager à bord. Ces vols additionnels permettront de transporter 600 tonnes hebdomadaires de marchandises supplémentaires portant ainsi la capacité hebdomadaire total hors de Chine à plus de 1 300 tonnes.

« La compagnie continue ainsi à soutenir la connectivité dans le monde, rétablir la chaîne d’approvisionnement et répondre à la forte demande du marché pour les exportations et les importations de marchandises. Cela comprend notamment le transport de l’aide médicale d’urgence qui est essentielle à la lutte contre la pandémie du coronavirus« , a souligné Qatar Airways dans un communiqué. 

 

Pont aérien entre Mayotte et La Réunion : mise en place de deux rotations par semaine

LeJournalDeMayotte.yt – 5 Avril 2020 

La ministre des outre-mer, Annick Girardin, confirme l’annonce de la Compagnie Air Austral ce vendredi : la compagnie transportera du personnel de santé et du fret sanitaire.

Afin de limiter la propagation du coronavirus COVID-19 à Mayotte, Annick Girardin et le secrétaire d’Etat aux transport, Jean-Baptiste Djebbari, avaient annoncé la suspension des vols commerciaux à destination et depuis Mayotte à partir du 27 mars dernier, ainsi que la mise en place en substitution d’un pont aérien pour avitailler Mayotte en produits sanitaires et alimentaires, permettre les évacuations sanitaires urgentes, et envoyer, le cas échéant, des renforts de personnel soignant.

Le ministère chargé des transports a passé ce vendredi 3 avril un contrat d’affrètement avec la compagnie Air Austral, pour la mise en place de deux rotations par semaine. “Le premier avion, un Boeing 787, est parti samedi après-midi de La Réunion avec à son bord 7 tonnes de fret et 24 personnels de santé”, indique le ministère des outre-mer dans un communiqué. Il pourrait s’agir de la réserve sanitaire demandée par Dominique Voynet, directrice de l’ARS Mayotte.

Dans l’attente de la mise en place de ce pont aérien, le gouvernement avait eu recours à titre transitoire à l’Airbus A330 de la présidence de la République, arrivé mardi 31 mars dernier à Mayotte, qui a pu effectuer depuis un aller-retour entre la Réunion et Mayotte pour acheminer du fret sanitaire et des soignants.

 

Lyon Saint-Exupéry : le Rhônexpress suspendu temporairement, les usagers pris en charge en taxi

Air-Journal.fr – 5 Avril 2020

En raison de la baisse de fréquentation de l’aéroport Lyon-Saint Exupéry dû à la crise du coronavirus, le service par voie ferrée Rhônexpress desservant l’aérogare lyonnaise est suspendu à partir du 1er avril et jusqu’à nouvel ordre.

Toutefois, la continuité du service public entre la Part-Dieu et l’aéroport est assurée de 6h à 21h par la mise en place d’une offre de substitution en taxi. Les voyageurs munis d’un titre Rhônexpress valide, les usagers détenteurs d’un titre valide Rhônexpress ainsi que les salariés de la plateforme aéroportuaire Lyon Saint-Exupéry peuvent bénéficier de ce nouveau service de navette en taxi. Les détenteurs du pass Rhônexpress doivent, bien entendu, être à jour de leur abonnement. 

Pour être pris en charge, l’usager doit appeler au 04 72 69 02 87 une fois arrivé à une station Rhônexpress. Il doit indiquer l’identifiant de son titre de transport, en retour l’agent de Rhônexpress le met en contact avec l’une des centrales taxi partenaire de Rhônexpress.

L’activité de Lyon-Saint exupéry est quasiment à l’arrêt, avec parfois aucun vol quotidien. Mais la plateforme reste ouverte : « On a aussi une fonction de service public. Il y a toujours des employés sur place et pour les postes qui le permettent du télétravail a été mis en place« , indique l’aéroport. Quelques rares vols commerciaux auront lieu, notamment pour les rapatriements. Les activités de fret, les vols gouvernementaux et l’activité de transports d’organe sont aussi maintenus.

Revue de presse 10 Avril : • L’UE veut prolonger la fermeture des frontières extérieures jusqu’au 15 mai • Air France-KLM : Djebbari confirme les négociations de prêts de six milliards d’euros • Trafic Air France-KLM : – 56,6% en mars…

Revue de presse 2 Avril : • Des taxes reportées pour les compagnies aériennes françaises • American Airlines veut 12 milliards de dollars • Le gouvernement français étend le dispositif de chômage partiel…

Au sommaire :  

 

  • Des taxes reportées pour les compagnies aériennes françaises

  • Covid-19 : L’Etat donne un coup de pouce aux compagnies aériennes françaises

  • A suivre aujourd’hui… ADP

  • Covid-19 : American Airlines veut 12 milliards de dollars

  •  Coronavirus : le gouvernement français étend le dispositif de chômage partiel

  • TAP Air Portugal cesse les vols, 90% du personnel mis à pied

  • Qatar Airways rapatrie des milliers de ressortissants français en France

 

Des taxes reportées pour les compagnies aériennes françaises

Air Journal du 02 /04/2020

Le gouvernement français annonce le report de plusieurs taxes et redevances aéronautiques pour les compagnies aériennes de l’hexagone, afin de les aider à survivre à l’épidémie de coronavirus. Sans vraiment convaincre les aéroports, et au grand dam des transporteurs étrangers qui ne bénéficieront pas de toutes les mesures.

Afin d’apporter « un soutien en trésorerie aux compagnies aériennes impactées par l’épidémie du Covid-19 », le gouvernement a annoncé le 1er avril 2020 reporter sur les années 2021 et 2022 le paiement de « certaines taxes et redevances exigibles entre mars et décembre 2020 ». Cette décision « aidera les compagnies aériennes concernées à affronter la crise sanitaire » dont l’impact économique sur le transport aérien est « particulièrement fort », souligne le communiqué du secrétaire d’Etat aux transports Jean-Baptiste Djebbari. Qui rappelle que la Commission européenne a confirmé mardi la « compatibilité avec les règles sur les aides d’État, au titre de la compensation des répercussions économiques de la pandémie, du report du paiement par le pavillon français des taxes de l’aviation civile et de solidarité sur les billets d’avion » (taxe Chirac). Le report sur les redevances est mis en place en collaboration avec Eurocontrol, à qui la France a délégué le recouvrement, auprès de l’ensemble des compagnies aériennes fréquentant les aéroports de métropole, de la redevance pour services terminaux de la circulation aérienne. La taxe de l’aviation civile et les redevances concernées financent le budget annexe de la direction générale de l’aviation civile, qui fournit les services de la navigation aérienne en France.

Jean-Baptiste Djebbari a déclaré : « Cette mesure contribuera dans le contexte de la pandémie Covid-19 à soulager les tensions en termes de trésorerie auxquelles fait face le transport aérien français. L’Etat l’accompagnera ainsi jusqu’à la fin de l’année, y compris dans la phase de reprise du trafic. Elle démontre la solidarité de l’État avec ce secteur économique, en mobilisant le budget annexe de l’aviation civile pour jouer un rôle d’amortisseur de la crise ». Ce report vient en complément des mesures demandées par la France, et déjà annoncées par l’Union européenne, comme le moratoire sur les créneaux horaires non utilisés. « Face aux circonstances inédites que nous traversons, d’autres mesures restent à préciser, comme l’adaptation des modalités de mise en œuvre du droit des passagers, tel le remboursement des billets », conclut le communiqué.

Les réactions sont plutôt positives du côté des compagnies aériennes françaises : « Ces mesures sont une bonne chose car elles soulagent la trésorerie des compagnies aériennes à court terme », a déclaré dans La Tribune Alain Battisti, président de la Fédération nationale de l’aviation marchande (FNAM) selon qui la situation des compagnies aériennes est « simplement catastrophique ». « Mais elles ne font que déplacer le tas de sable. Il nous faut des mesures qui nous permettent de passer la prochaine saison hiver car la reprise sera lente et difficile », a-t-il ajouté, demandant un report de ces taxes jusqu’à août 2021 et un paiement étalé en 2022 et 2023.

Thomas Juin, le président de l’Union des aéroports français (UAF) qui évoquait en début de semaine une reprise « lente, progressive voire fébrile », a lui aussi salué l’annonce – tout en s’inquiétant sur les conséquences à moyen terme : lors de cette reprise, explique-t-il à La Tribune, les compagnies aériennes « se positionneront sur les lignes sur lesquelles elles généreront le plus de marges. Il y aura donc une compétition entre les aéroports », et si les coûts restent plus élevés sur les aéroports français, « les compagnies aériennes feront des arbitrages, et il y aura moins de fréquences sur les lignes et moins de liaisons au départ des aéroports régionaux ». Si les mesures annoncées hier devaient en rester là (le secrétaire d’Etat dit le contraire), « ce ne sera clairement pas à la hauteur de l’enjeu », ajoute Alain Battisti.

Le report du paiement des taxes ne concerne donc que les compagnies françaises, tandis que celui du paiement des redevances touche toutes celles desservant les aéroports de métropole – y compris donc les étrangères. Pour ces dernières, l’association BAR France qui représente 76 compagnies aériennes opérant dans l’hexagone dont 70 étrangères dénonce une « différenciation de traitement » : son président Jean-Pierre Sauvage déplore dans La Tribune de voir les transporteurs étrangers en être privés alors qu’ils « abondent pour quasiment les deux tiers au Budget annexe de l’aviation civile ».

 

Covid-19 : L’Etat donne un coup de pouce aux compagnies aériennes françaises

La Tribune du 1er/04/2020

Le gouvernement a décidé de reporter à la fin de l’année le prélèvement de certaines taxes et redevances spécifiques aux compagnies aériennes françaises et d’étaler leur remboursement en 2021 et 2022. Les compagnies saluent la décision mais veulent un moratoire plus long. Les aéroports français sont “mitigés”, car la mesure ne répond pas à l’enjeu de la connectivité aérienne des aéroports. Quant aux compagnies aériennes étrangères, elles déplorent la différence de traitement.

C’est une première étape qui soulagera les compagnies aériennes françaises au moment de la reprise. Mais qui restera insuffisant pour les sauver dans la durée. Ce mercredi, le gouvernement a décidé un moratoire sur certaines taxes et redevances spécifiques au transport aérien. La mesure s’ajoute aux mesures générales dont peuvent bénéficier toutes les entreprises frappées par la crise du coronavirus comme la prise en charge du chômage partiel par l’Etat, ou l’obtention d’un prêt garanti par l’Etat à hauteur de 25% du chiffre d’affaires 2019.

Dans le détail, “le paiement de certaines taxes et redevances exigibles entre mars et décembre 2020″ sera reporté sur les années 2021 et 2022”, explique le secrétariat d’Etat aux transports. La mesure concerne la taxe de l’aviation civile (qui finance le budget de l’aviation civile), la taxe de Solidarité sur les billets d’avion (ou taxe “Chirac”, qui sert à financer les programmes de santé dans les pays en voie de développement), et les redevances sur les services terminaux de la circulation aérienne que recouvre Eurocontrol. Le report des taxes n’est valable que pour les seules compagnies disposant d’une licence française. En revanche, celui des redevances Eurocontrol profitera à toutes les compagnies.

« Cette mesure contribuera dans le contexte de la pandémie Covid-19 à soulager les tensions en termes de trésorerie auxquelles fait face le transport aérien français. L’Etat l’accompagnera ainsi jusqu’à la fin de l’année, y compris dans la phase de reprise du trafic. Elle démontre la solidarité de l’État avec ce secteur économique, en mobilisant le budget annexe de l’aviation civile pour jouer un rôle d’amortisseur de la crise », a déclaré le secrétaire d’Etat aux Transports, Jean-Baptiste Djebbari, dans un communiqué.

Cette mesure n’a pas beaucoup d’intérêt aujourd’hui dans la mesure où, en l’absence de trafic passagers, les taxes ne sont payées. Elle aura tout son sens en revanche au moment de la reprise.

“Ces mesures ne font que déplacer le tas de sable” (Fnam)

Du côté des compagnies aériennes françaises, on se félicite de cette mesure, même si on la juge insuffisante.

“Ces mesures sont une bonne chose car elles soulagent la trésorerie des compagnies aériennes à court terme. Mais elles ne font que déplacer le tas de sable. Il nous faut des mesures qui nous permettent de passer la prochaine saison hiver car la reprise sera lente et difficile”, a indiqué à La Tribune Alain Battisti, le président de la Fédération nationale de l’aviation marchande (Fnam), en demandant un report de ces taxes jusqu’à août 2021 et un paiement étalé en 2022 et 2023.

Le secrétariat d’Etat aux transports a précisé que d’autres mesures restaient à préciser, “comme l’adaptation des modalités de mise en œuvre du droit des passagers, tel le remboursement des billets”. Frappées de plein fouet par la crise, les compagnies aériennes du monde entier (à part quelques rares exceptions) se disent incapables de rembourser les billets émis et qui ne seront pas utilisés au cours des prochains mois en raison de l’annulation des vols. Plutôt que de rembourser les billets, elles proposent aux passagers des reports de vols ou des “avoirs”, contrairement aux règles européennes. Reste à voir si la France va accorder aux compagnies aériennes ce qu’elle a accepté pour les tour-opérateurs et les agences de voyage. A savoir proposer des reports des voyages à forfait ou des “avoirs” afin d’éviter des remboursements.

Les aéroports mitigés

Les aéroports français sont plus mitigés. Même s’il s’interroge sur la capacité des compagnies à assumer à nouveau ces paiements en fin d’année, Thomas Juin, le président de l’Union des aéroports français (UAF), salue évidemment ces premières mesures qui permettront “de soulager la trésorerie des compagnies françaises au moment de la reprise”,

Mais il regrette l’absence de mesures de réduction des “coûts de touchée” sur les aéroports français (redevances et taxes qui pèsent sur le passager), qui sera un élément déterminant à ses yeux pour maintenir la connectivité aérienne des aéroports tricolores.

Quand l’activité reprendra, explique-t-il à La Tribune, “les compagnies aériennes se positionneront sur les lignes sur lesquelles elles généreront le plus de marges. Il y aura donc une compétition entre les aéroports”, et si les coûts restent plus élevés sur les aéroports français, “les compagnies aériennes feront des arbitrages, et il y aura moins de fréquences sur les lignes et moins de liaisons au départ des aéroports régionaux”. Une inquiétude renforcée par le fait que seules les compagnies ayant une licence française sont concernées par le report de taxes. Si ces mesures devaient en rester-là ,”ce ne sera clairement pas à la hauteur de l’enjeu”, a-t-il ajouté.

D’autant plus que la demande des aéroports à l’Etat de prendre à sa charge le financement des missions régaliennes de sûreté-sécurité est restée lettre morte, alors que les aéroports ont indiqué qu’ils n’étaient plus en mesure de la payer à court terme en raison de l’absence de trafic.

Les compagnies étrangers déplorent l’inégalité de traitement

L’agacement est évidemment perceptible du côté des compagnies étrangères. Si le BAR (Board Airlines Représentatives), une association qui regroupe la quasi-totalité des compagnies aériennes étrangères en France et quelques compagnies françaises, se réjouit du report des taxes pour ses membres tricolores, il déplore de voir les transporteurs étrangers en être privés, alors “qu’ils abondent pour quasiment les deux tiers au Budget annexe de l’aviation civile”, selon son président, Jean-Pierre Sauvage. “Nous ne comprenons pas cette différenciation de traitement”, explique-t-il à La Tribune.

Cette différence de traitement, extrêmement rare dans le transport aérien mondial (dans les pays du Golfe par exemple, l’absence de taxes s’appliquent à toutes les compagnies), a été validé par la Commission européenne. Elle traduit le changement d’approche de Bruxelles en matière d’aides d’Etat en raison de la crise du coronavirus.

“C’est la première aide d’État qui nous est notifiée par un État membre afin d’atténuer les dommages subis par le secteur aérien”, a indiqué Margrethe Vestager, commissaire européenne à la concurrence.

“La Commission a apprécié la mesure de la France au regard de l’article 107 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne (TFUE), qui permet à la Commission d’autoriser les aides d’État accordées par les États membres pour compenser les dommages causés directement à certaines sociétés ou à certains secteurs (sous la forme de régimes d’aides) par des événements extraordinaires”, précise Bruxelles. La pandémie de Covid-19 étant évidemment considérée comme tel, “la Commission a donc conclu que ce régime était conforme aux règles de l’UE en matière d’aides d’État, notamment à l’article 107, paragraphe 2, point b), du TFUE, étant donné qu’il contribuera à atténuer les effets négatifs du coronavirus sur le secteur aérien en France, sans fausser indûment la concurrence au sein du marché intérieur”.

Reste à voir comment les autres Etats réagiront. Il serait dommageable en effet qu’Air France se retrouve pénalisée sur les marchés internationaux.

 

A suivre aujourd’hui… ADP

Capital du 1er/04/2020

Pour préserver ses marges de manœuvre dans un contexte de crise du Covid-19, et à la demande de l’Etat, ADP a décidé de soumettre au vote de la prochaine assemblée générale annuelle le versement d’un dividende total de 69 264 101,90 euros. Ce montant correspond à l’acompte sur dividende de 0,70 euro versé pour chaque action ayant eu droit au dividende le 10 décembre dernier (à comparer avec le projet précédent d’un dividende de 3,70 euros). Il n’est donc pas proposé de verser le solde du dividende au titre de l’exercice 2019.

Seul l’acompte de 0,70 euro du dividende au titre de l’exercice 2019 restera acquis.

Par ailleurs, ADP demande aux actionnaires de privilégier les moyens de vote à distance pour l’ Assemblée générale mixte du 12 mai prochain. Cette dernière pourrait d’ailleurs être réunie à huis clos. 

 

Covid-19 : American Airlines veut 12 milliards de dollars

Air Journal du 1er/04/2020

La compagnie aérienne American Airlines compte demander au gouvernement une aide de 12 milliards de dollars, soit environ 10 milliards d’euros, pour faire face à la crise du transport aérien déclenchée apr la pandémie de coronavirus. Ses rivales Delta Air Lines, United Airlines ou la low cost Southwest Airlines ont jusqu’à vendredi pour préciser leurs besoins. En attendant, l’aéroport de Pitssburgh héberge 88 avions aux couleurs de la bannière étoilée.

Sur les 50 milliards de dollars promis par le Congrès aux compagnies basées aux USA, 12 pourraient bien aller à American Airlines: elle est la première à avoir chiffré ses besoins, le Wall Street Journal citant une note aux employés du CEO Doug Parket et du Président Robert Isom qui ont “l’intention de soumettre une demande pour obtenir ces fonds, et nous sommes confiants dans le fait qu’ils vont nous permettre de traverser cette crise même si le pire des scénarios se réalisait”.

Les aides au transport aérien prévues par les Etats-Unis sont cependant soumises à conditions, en particulier l’interdiction de chômage partiel involontaire ou de licenciement d’ici le 30 septembre et l’interdiction de supprimer la connectivité d’une ville avant cette date. Ce dernier cas n’empêche pas les compagnies aériennes de coopérer pour réduire au minimum le nombre de vols sur les routes où elles sont en concurrence, même si le calcul des partages de revenus sera extraordinairement complexes. Autre idée avancée par la Maison Blanche, une entrée dans le capital des transporteurs ayant bénéficié d’une aide: “je ne vois pas pourquoi le contribuable américain n’aurait pas le droit à ce qu’on lui rende la monnaie de sa pièce« , a déclaré sur Fox News Larry Kudlow, conseiller économique à la Maison Blanche.

En attendant ces fonds, les dirigeants d’Amercian Airlines ont annoncé des “options de congé volontaire et de retraite anticipée améliorées”, estimant qu’il ne fait “aucun doute que nous aurons plus de membres d’équipe que nécessaire pour opérer nos horaires de vol considérablement réduits au cours des prochains mois”.

Côté flotte, la compagnie de l’alliance Oneworld compte réduire d’environ 15% le nombre d’avions en service, à 790 appareils : les neuf Airbus A330-300, 34 Boeing 757 et seize 767 sont sortis de flotte plus tôt que prévu et ne reprendront pas du service. Le nombre de 737-800 sera réduit de 304 à 228 (départ de 76 monocouloirs âgés de plus de 19 ans); ils seront en partie “compensés” par la reprise des livraisons d’A321neo une fois la crise passée, et par le retour dans les airs espéré des 737 MAX.

American Airlines a déjà mis au parking une centaine d’avions, dont 88 sur la centaine stationnés dans le seul aéroport de Pittsburgh en Pennsylvanie (où 63 morts du coronavirus étaient recensés lundi). Selon Bryan Dietz, vice-président du développement des services aériens, la plateforme peut gérer jusqu’à 140 avions “inactifs” : “Avant tout, nous voulons donner aux compagnies aériennes un moyen de répondre à cette baisse de la demande de voyages”, a-t-il déclaré dans un communiqué de presse, “Nous voulons leur donner un endroit où ils peuvent consolider facilement et efficacement leur stationnement d’avion”.

 

TAP Air Portugal cesse les vols, 90% du personnel mis à pied

Air Journal du 02/04/2020

La compagnie aérienne TAP Air Portugal a annoncé hier soir la suspension de tous ses vols, 90% de son effectif étant mis au chômage partiel en raison de l’effet sur la demande de la pandémie de Covid-19. Seules cinq rotations hebdomadaires seraient encore proposées à Lisbonne jusqu’au début mai, vers Madère et les Açores.

Pas de communiqué officiel mais dans un bref message sur les réseaux sociaux, la compagnie nationale portugaise a annoncé le 1er avril 2020 : « A bientôt au nom de toute la famille TAP. Compte tenu de la fermeture de plusieurs frontières à travers le monde, nous avons dû suspendre temporairement nos vols. Nous sommes sûrs que nous aurons bientôt le plaisir de vous accueillir à nouveau à bord ». Le site de TAP Air Portugal ne mentionne rien, les dernières informations sur les routes maintenues remontant au 26 mars – quand elle prévoyait de ne maintenir du 1er avril au 4 mai que deux rotations hebdomadaires entre sa base à Lisbonne et l’aéroport de Ponta Delgada, deux vers Terceira et une vers Funchal.

Côté emploi, un porte-parole a déclaré à CNN que 90% des quelque 10.000 salariés sont mis à pied pour 30 jours à partir de ce jeudi. Les mesures prises par le gouvernement portugais leur permettront de toucher 2/3 de leur salaire, mais le chômage partiel pourrait être reconduit pour une nouvelle période de 30 jours. Pour les employés maintenus en poste, les heures de travail et les salaires devraient être réduits de 20%.

La compagnie de Star Alliance compte toutefois poursuivre les vols de rapatriement des ressortissants portugais, en coordination avec les autorités, ainsi que les vols cargo transportant par exemple des équipements sanitaires depuis la Chine. TAP Air Portugal avait cette dernière semaine opéré en particulier 12 vols vers l’Afrique (Angola, São Tomé, Guinée Bissau, Cape Vert et Mozambique).

TAP Air Portugal avait publié en février des résultats annuels marqués par une perte nette de 105,6 millions d’euros, mais un profit de 14,1 millions au deuxième semestre et un bénéficie opérationnel annuel de 58,6 millions (contre une perte de 44 millions en 2018). Le coût unitaire a reculé de 9%, résultat de ses investissements dans de nouveaux Airbus, et 2019 a vu son trafic augmenter de 8% à plus de 17 millions de passagers. A la fin de l’année dernière, elle disposait d’une trésorerie de 434 millions d’euros, « la plus importante de son histoire ». Le groupe Lufthansa allié à United Airlines aurait entamé des négociations pour acquérir les 45% du capital de la compagnie aérienne détenus par David Neeleman.

 

Coronavirus : le gouvernement français étend le dispositif de chômage partiel

Le Monde du 30/03/2020

L’exécutif entend s’inscrire dans une logique de préservation des compétences, menacées par la récession consécutive à la pandémie de Covid-19.

Une fois de plus, l’Allemagne est citée en exemple. Si le gouvernement d’Edouard Philippe cherche à faciliter le chômage partiel dans les entreprises, c’est, dit-il, parce que nos voisins ont démontré l’efficacité du remède en période de crise. Outre-Rhin, les employeurs avaient mis en place des mesures de ce type, en 2008-2009, en particulier dans les industries exportatrices de biens manufacturés. Elles avaient, du même coup, conservé leur main-d’œuvre et s’étaient relancées « plus vite », alors que le produit intérieur brut avait baissé plus fortement qu’en France, argumente-t-on dans l’entourage de Muriel Pénicaud, la ministre du travail.

L’exécutif entend aujourd’hui s’inscrire dans cette même logique de préservation des compétences, menacées par la récession consécutive à la pandémie de Covid-19. Une ordonnance publiée au Journal officiel du samedi 28 mars contient plusieurs dispositions « exceptionnelles et temporaires » qui cherchent à « limiter les ruptures des contrats de travail (…) en renforçant le recours à l’activité partielle », le terme officiel pour désigner le dispositif. Ce dernier permet à des sociétés en proie à des difficultés passagères de ralentir ou de stopper leur production, moyennant une aide financée par l’Etat et par l’assurance-chômage pour couvrir une partie des rémunérations du personnel.

Entreprises mieux soutenues

Le système sera ouvert aux employés à domicile, aux assistantes maternelles ainsi qu’aux VRP et aux salariés dont le temps de travail est décompté en jours et non pas en heures. De même, les agents des « entreprises publiques qui s’assurent elles-mêmes contre le risque de chômage » y seront éligibles (RATP, SNCF).

Le texte prévoit aussi d’étendre momentanément la mesure aux « entreprises étrangères » qui n’ont pas d’établissement dans l’Hexagone et qui emploient au moins une personne « effectuant son activité sur le territoire national ». A une condition : elles doivent relever du système de Sécurité sociale tricolore. Parmi les bénéficiaires, il y a notamment la compagnie aérienne britannique easyJet et ses quelque 1 700 salariés sous contrat français, d’après Mme Pénicaud.

Des améliorations sont par ailleurs apportées, notamment pour les travailleurs à temps partiel : ainsi, ceux qui sont à mi-temps au salaire minimum percevront 100 % de la moitié du smic (et non pas 84 % comme aujourd’hui). Les entreprises sont également mieux soutenues puisque l’allocation qui leur est versée couvre la totalité de la rémunération de leur salarié, dans la limite de 4,5 smic (un peu plus de 4 800 euros net par mois). « C’est nettement plus favorable que la prise en charge forfaitaire de droit commun », se réjouit le directeur des affaires sociales d’un grand groupe. Avec l’ensemble de ces règles, le ministère du travail assure avoir instauré le régime de chômage partiel « le plus protecteur d’Europe ».

 

Qatar Airways rapatrie des milliers de ressortissants français en France

Tourmag du 1er/04/2020

Qatar Airways a participé aux rapatriements des Français et assurera cette semaine 7 vols supplémentaire en collaboration avec les autorités françaises.

Qatar Airways travaille aux côtés du gouvernement français pour ramener les Français chez eux dans le cadre des rapatriements. Depuis le 14 mars, la compagnie a rapatrié plus de 14 000 passagers en France sur une quarantaine de vols réguliers et plus de 4 000 sur une dizaine de vols charter, c’est-à-dire, dédié au rapatriement des français.
7 vols de rapatriement supplémentaires sont prévus cette semaine en étroite collaboration avec les autorités françaises :
– 3 vols charter entre l’Australie et Paris : depuis Perth le 31 mars, Sydney le 2 avril et Melbourne le 4 avril
– 2 vols charter entre l’Inde et Paris : depuis Chennai et Goa le 1er avril
– 2 vols charter entre les Philippines et Paris : depuis Cebu le 1er avril et Manille le 3 avril

Face à la très forte demande, les classes de réservations les plus basses sont celles qui sont réservées en priorité et il arrive qu’il n’y ait plus que des sièges en Classe Affaires disponibles sur certains vols après seulement quelques heures de mise en vente, explique la compagnie.

L’objectif de Qatar Airways étant de ramener les Français chez eux, la compagnie conseille de réserver les billets le plus rapidement possible pour pouvoir bénéficier des tarifs les plus bas.

Revue de presse 10 Avril : • L’UE veut prolonger la fermeture des frontières extérieures jusqu’au 15 mai • Air France-KLM : Djebbari confirme les négociations de prêts de six milliards d’euros • Trafic Air France-KLM : – 56,6% en mars…

Revue de presse 30 Mars : • L’activité de Paris-Orly suspendue après le 31 mars • Covid-19 : Gatwick se prépare à fermer son Terminal Nord…

Au sommaire :  

 

  • L’activité de Paris-Orly suspendue après le 31 mars

  • Coronavirus : le scénario catastrophe de l’Organisation mondiale du tourisme

  • Covid-19 : Gatwick se prépare à fermer son Terminal Nord

  • Les dirigeants de l’OACI veulent une réponse mondiale au Covid-19

  • L’aéroport de Munich en mode crise Covid-19

  • Air France poursuit le rapatriement des Français

  • Embraer essuie de fortes pertes en 2019 

  • Plus aucun vol commercial à l’aéroport de Montpellier

 

 

L’activité de Paris-Orly suspendue après le 31 mars

Air-Journal.fr – 29 Mars 2020 

C’était une décision attendue en pleine période d’état d’urgence en raison de la pandémie du Covid-19 : Jean-Baptiste Djebbari, secrétaire d’État chargé des Transports, a signé l’arrêté relatif à la suspension de l’exploitation de l’aéroport de Paris-Orly à titre temporaire.

Cet arrêté fait suite à la demande de suspension du trafic aérien commercial faite par Aéroports de Paris le 27 mars 2020 en raison de la baisse de la demande. Aéroports de Paris est ainsi autorisé à suspendre temporairement l’exploitation commerciale de l’aéroport de Paris-Orly à compter du 31 mars 2020 à partir de 23h30. Il revient à Aéroports de Paris de permettre aux compagnies aériennes souhaitant poursuivre leurs activités de réaffecter leurs vols sur l’aéroport de Paris-Charles-de-Gaulle. 

Air France adapte son programme de vols et rassemble ses activités parisiennes à l’aéroport de Paris-Charles de Gaulle.

– les vols de/vers Cayenne, Fort-de-France, Pointe-à-Pitre et Saint-Denis de la Réunion seront transférés à Paris-CDG

– les vols de/vers Toulouse, Nice et Marseille seront également transférés à Paris-CDG 

Durant cette période, l’aéroport de Paris-Orly demeurera accessible en permanence aux aéronefs d’État et aux vols de secours médical d’urgence ou d’évacuation sanitaire. Cette disposition vaut également pour tout vol de transport de passagers ou de fret nécessaire à la gestion de la crise sanitaire, sur autorisation du ministère chargé des transports. En temps habituels, l’aéroport d’Orly compte quelque 600 vols par jour.

  

Coronavirus : le scénario catastrophe de l’Organisation mondiale du tourisme

LesEchos.fr – 28 Mars 2020 

L’OMT, institution spécialisée de l’ONU, s’attend à une baisse des arrivées de touristes internationaux de 20 % à 30 % en 2020, soit plus de cinq fois le recul historique de 2009. La pandémie effacerait cinq à sept ans de croissance du tourisme international. 

L’Organisation mondiale du tourisme (OMT) confirme, à son tour, que les conséquences économiques et sociales de la pandémie de Covid-19 sont non seulement sans précédent mais d’une ampleur inouïe. L’OMT, une institution spécialisée de l’ONU, a en effet fait état, vendredi soir, de prévisions catastrophiques pour 2020. 

L’organisation s’attend désormais à une baisse des arrivées de touristes internationaux de 20 % à 30 % par rapport au total de 2019 (1,5 milliard d’arrivées), sachant qu’elle prévoyait, en tout début d’année, un taux de croissance pour 2020 analogue à celui de l’an dernier, soit +4 %.

La pire année depuis 70 ans 

A titre de comparaison, l’OMT a rappelé, dans cette même communication, qu’en 2009, au plus fort de la crise économique, le repli de ce même indicateur de trafic avait été de 4 % (4,2 % précisément), faisant alors de 2009 « la pire année depuis soixante ans »… De même, « la flambée de SRAS a provoqué un repli de juste 0,4 % en 2003 », a également rappelé l’institution.

Conséquence directe de l’effondrement des déplacements, les recettes du tourisme international pourraient diminuer, selon l’OMT, de 300 à 450 milliards de dollars, soit près d’un tiers du total enregistré pour 2019 (1.500 milliards de dollars). De fait, observe l’organisation, la pandémie « ferait perdre de cinq à sept ans de croissance » du tourisme international. 

Résilience et défi colossal

Particulièrement prudente dans un contexte totalement incertain, l’OMT invite toutefois à prendre ce scénario catastrophe avec prudence. Elle précise en effet que « ces chiffres se fondent sur les dernières évolutions, alors que la communauté mondiale est aux prises avec un défi social et économique sans précédent, et doivent être interprétés avec précaution étant donné l’extrême niveau d’incertitude entourant la crise actuelle ». A croire, que l’effondrement du trafic pourrait être bien plus important encore.

Dans ce contexte noir, les professionnels du voyage peuvent toutefois se consoler que leur secteur a, jusqu’à présent, prouvé sa résilience, se relevant toujours des crises qu’il a traversées. Ainsi, dix ans après le choc de 2009, le nombre de visiteurs internationaux a atteint l’an dernier un nouveau pic à 1,5 milliard, et en 2018 le trafic avait déjà dépassé le seuil que l’OMT visait pour 2020. Reste à savoir cependant dans quelle mesure la crise actuelle modifiera les comportements, sachant que l’humanité doit relever un autre défi plus colossal encore que la lutte contre le covid-19 : le réchauffement climatique.

 

Covid-19 : Gatwick se prépare à fermer son Terminal Nord

Air-Journal.fr – 28 Mars 2020

Pâtissant d’une demande en berne, l’aéroport de Londres Gatwick, le deuxième plus important aéroport du Royaume-Uni, doit fermer temporairement son terminal nord le 1er avril prochain et consolider ses opérations dans son terminal sud. Les vols opéreront uniquement entre 14 heures et 22 heures, à partir du mois prochain. 

L’aéroport estime que ce déménagement est le meilleur moyen de protéger le personnel, les passagers et les entreprises de l’impact du Covid-19. Les mesures d’urgence seront en place à partir du 1er avril pour un mois, la situation étant régulièrement réexaminée. Une décision sera prise sur la réouverture du terminal nord « lorsque le trafic aérien augmentera et que les conseils du gouvernement en matière de santé publique – y compris sur les distanciations sociales – seront assouplis ».

L’aéroport ajoute que la décision de réduire les opérations de l’aéroport a été discutée avec les compagnies aériennes partenaires de l’aéroport et que tous les passagers réservés sur des vols devant décoller ou arriver à Gatwick pendant cette période sont invités à contacter leur compagnie aérienne. « Gatwick est une entreprise résiliente mais également responsable et en ces temps extraordinaires, nous devons prendre des mesures sans précédent pour protéger la santé et le bien-être de notre personnel et de nos passagers, tout en protégeant l’entreprise de l’impact de Coronavirus », a commenté Stewart Wingate, CEO de l’aéroport.

D’autres aéroports britanniques ont déjà pris leurs dispositions face à la baisse drastique de la demande. Londres City, l’aéroport du centre-ville préféré des voyageurs d’affaires, a fermé ses portes à tous les passagers commerciaux depuis le 25 mars jusqu’à la fin avril. Celui de Manchester a consolidé toutes ses opérations dans l’un de ses trois terminaux.

 

Les dirigeants de l’OACI veulent une réponse mondiale au Covid-19

Air-Journal.fr – 30 Mars 2020

Le président et le secrétaire général du Conseil de l’OACI ont salué dans un communiqué du 27 mars la déclaration des dirigeants du G20 relative au Covid-19, y compris sa mise en évidence de la façon dont cette pandémie sans précédent sert de «puissant rappel de notre interconnectivité et de nos vulnérabilités». 

« J’ai été encouragé de voir les engagements financiers solides que le G20 a désormais pris pour aider à la reprise mondiale après COVID-19, et que les secteurs les plus gravement touchés par les mesures d’atténuation de la pandémie actuelles seront prioritaires à l’avenir, a affirmé le président du Conseil de l’OACI, Salvatore Sciacchitano. Le transport aérien international souffre clairement de manière très aiguë alors que la mobilité personnelle et mondiale continue d’être restreinte, et compte tenu de son rôle déterminant dans la réponse mondiale en temps de crise, je suis très encouragé par le fait que les secours pourraient bientôt arriver. »

 

Le Secrétaire général de l’OACI, M. Fang Liu, évoque de son côté la nécessité d’un «soutien budgétaire audacieux et à grande échelle», et l’espoir que «l’ampleur et la portée de cette réponse ramèneront l’économie mondiale sur ses pieds et jeter des bases solides pour la protection de l’emploi et la reprise de la croissance. » Les deux dirigeants ont également réitéré que l’OACI se joint au Sommet des dirigeants du G20 pour se tenir prête à prendre toutes les mesures nécessaires et à continuer de travailler sur la base de la solidarité et d’une coopération internationale efficace avec les Nations Unies (ONU), l’Organisation mondiale de la santé (OMS). et d’autres organisations internationales et industrielles.

 

L’aéroport de Munich en mode crise Covid-19

Air-Journal.fr – 29 Mars 2020 

En raison des restrictions de voyage et des réductions drastiques des vols disponibles résultant de la pandémie de coronavirus, l’aéroport de Munich annonce dans un communiqué les mesures adoptées pour limiter l’impact.

L’aéroport munichois connaît actuellement des baisses massives dans tous les domaines. Le nombre de décollages et d’atterrissages a diminué régulièrement en mars et cette semaine a chuté à moins de 10% du nombre comptabilisé au cours de la semaine correspondante en 2019. Entre-temps, le trafic de passagers ne représente plus que 5% du niveau de l’an dernier. Dans un contexte de forte baisse, Flughafen München GmbH (FMG) et ses filiales ont commencé il y a plusieurs semaines à mettre en œuvre des mesures de grande envergure pour garantir la liquidité de l’aéroport. Celles-ci comprennent un ensemble de mesures à l’échelle du groupe pour imposer des limites strictes sur les coûts de personnel et de matériel afin de réaliser des économies importantes dans tous les domaines. En conséquence, les projets d’investissement prévus tels que le parking ouest, le nouveau siège social et le nouvel hôtel économique ont été reportés jusqu’à nouvel ordre.

«Nous traversons une crise du transport aérien mondial à une échelle sans précédent, sans fin en vue, a commenté Jost Lammers, président et chef de la direction de l’aéroport de Munich. La protection de la santé des passagers et des employés de l’aéroport de Munich reste notre priorité absolue. Une autre préoccupation vitale est de limiter les énormes dégâts économiques pour l’aéroport de Munich et les personnes qui y travaillent en prenant toutes les mesures nécessaires pour préserver notre stabilité financière. » Conformément à son rôle d’infrastructure essentielle, l’aéroport de Munich continuera de fonctionner et contribuera ainsi à garantir que les rapatriés puissent rentrer chez eux et que les expéditions de fret continuent de se déplacer rapidement. Les compagnies aériennes ont désormais plus de 100 appareils hors service stationnés à l’aéroport de Munich. Les infrastructures inutiles dans les zones A, B et D du terminal 1 et de l’installation satellite du terminal 2 ont été temporairement fermées.«Notre objectif cette année est d’ajuster nos fondamentaux économiques et financiers à la situation actuelle et à la vague de sécheresse qui nous attend. Ce  faisant, nous profiterons des solides performances économiques de l’aéroport de Munich au fil des ans et en particulier en 2019 », a déclaré Jost Lammers.

À l’heure actuelle, toute prévision quant au moment où l’industrie de l’aviation pourrait rebondir et reprendre sa tendance à la hausse ne serait qu’une conjecture. En ce qui concerne les perspectives à long terme pour l’ensemble de l’industrie et de l’aéroport de Munich, le PDG regarde vers l’avenir avec confiance, citant la vaste expérience acquise des crises passées dans le monde de l’aviation. «Les effets de la crise des coronavirus dépassent de loin l’impact des attaques terroristes du 11 septembre 2001 ou de la crise financière mondiale de 2008. Par conséquent, cela peut prendre beaucoup plus de temps avant que la demande ne revienne au niveau précédent. Nous ne pouvons pas non plus exclure des changements structurels du trafic aérien. Mais je ne doute pas que les besoins mondiaux de mobilité augmenteront à moyen terme et que les voyages en avion reprendront donc de la croissance », a déclaré M. Lammers.

 

Air France poursuit le rapatriement des Français

Air-Journal.fr – 30 Mars 2020 

Air France poursuit cette semaine son opération rapatriement des Français encore bloqués à l’étranger, notamment en Afrique et en Amérique du sud. 

Selon le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves le Drian, quelques 30.000 Français, touristes et expatriés et leurs familles, sont encore coincés aux quatre coins du monde par la fermeture des frontières et l’arrêt des liaisons aériennes dû à la crise du coronavirus.

« Nous travaillons en lien étroit avec le Ministère des Affaires Étrangères français et les ambassades afin de proposer des solutions de rapatriement aux ressortissants français et européens. Nous vous conseillons de vous inscrire sur Ariane, sur le site France Diplomatie, pour recevoir toutes les recommandations du ministère français des Affaires Étrangères » ,  annonce Air France, et de publier la liste des vols supplémentaires de rapatriement des prochains jours à destination de l’aéroport Paris-Charles de Gaulle (sous réserve d’obtention des autorisations gouvernementales requises) :

– Vol AF165 du 30 mars 2020 au départ de Bangkok à 11h30

– Vol AF4142 du 30 mars 2020 au départ de Tunis à 15h00

– Vol AF4145 du 30 mars 2020 au départ d’Oran à 16h30

– Vol AF4081 du 31 mars 2020 au départ de Buenos Aires à 14h20

– Vol AF982 du 31 mars 2020 au départ de Yaoundé à 09h00 et au départ de Douala à 11h00

– Vol AF225A du 31 mars 2020 au départ de New Delhi à 01h05

– Vol AF655A du 01 avril 2020 au départ de Dubaï à 17h20

– Vol AF4147 du 02 avril 2020 au départ de Kinshasa à 08h30

– Vol AF986 du 02 avril 2020 au départ de Cotonou à 08h45 et au départ de Lagos à 10h50

– Vol AF4151 du 02 avril 2020 au départ de Bamako à 13h25

Attention, certains de ces vols partent à vide et ne sont pas disponibles à la vente/modification de réservation sur le site de la compagnie française. Ils sont gérés par les équipes locales en lien directement avec le ministère des Affaires étrangères. 

Par ailleurs, le premier vol cargo AF 6901 en Boeing 777 Cargo en provenance de Chine et arrivé hier soir à Paris-CDG avec à son bord près de 100 tonnes de matériel médical dont 5,5 millions de masques médicaux.

 

Embraer essuie de fortes pertes en 2019 

Lantenne.com – 27 Mars 2020

Embraer a fait état jeudi 26 mars de pertes importantes au quatrième trimestre 2019, sans annoncer d’objectif pour 2020 en raison des incertitudes liées à la pandémie de coronavirus.

Troisième constructeur mondial d’avions après Airbus et Boeing, Embraer a essuyé une perte nette de 209,8 millions de dollars au quatrième trimestre, terminant l’année largement dans le rouge, avec une perte cumulée de 322,3 millions de dollars.

L’entreprise a annoncé avoir livré 89 avions commerciaux et 109 jets d’affaire l’an dernier, des chiffres en accord avec les objectifs fixés au préalable.

 

Plus aucun vol commercial à l’aéroport de Montpellier

FranceBleu.fr – 29 Mars 2020

Avec la fermeture lundi 30 mars de la liaison entre les aéroports de Montpellier (Hérault) et Roissy (Île-de-France), l’ensemble des vols commerciaux sont désormais suspendus à l’aéroport de Montpellier. L’établissement reste ouvert et “en capacité opérationnelle”.

C’était la dernière ligne commerciale encore ouverte à l’aéroport de Montpellier, avec un aller-retour par jour. Air France France annonce la suspension de sa liaison aérienne entre l’aéroport de Montpellier et celui de Roissy-Charles-de-Gaulle après un dernier vol en direction de la capitale dimanche 29 mars à 16h. Les vols commerciaux sont suspendus mais des équipes restent mobilisées à minima pour maintenir l’aéroport “en capacité opérationnelle” afin d’accueillir notamment des vols sanitaires ou des avions de rapatriement.

Ces dernières semaines, les liaisons avaient toutes progressivement fermé en réponse aux mesures de confinement pour endiguer l’épidémie de coronavirus Covid-19. Mais contrairement à l’aéroport de Paris-Orly, qui doit fermer ses portes mardi 31 mars en fin de soirée, et celui de Beauvais, déjà fermé, l’aéroport de Montpellier reste pour l’heure ouvert. Les compagnies low-cost ayant été les premières à suspendre leur activité, l’aéroport de Béziers-Cap d’Agde a progressivement cessé ses activités depuis une dizaine de jours.

Revue de presse 10 Avril : • L’UE veut prolonger la fermeture des frontières extérieures jusqu’au 15 mai • Air France-KLM : Djebbari confirme les négociations de prêts de six milliards d’euros • Trafic Air France-KLM : – 56,6% en mars…

Revue de presse 17 Février : • Coronavirus : 4 à 5 milliards de dollars de perte pour les compagnies aérienne, selon l’OACI • Delta investit 1 milliard de dollars pour devenir la première compagnie aérienne neutre en carbone

Au sommaire :  

 

  • Coronavirus : 4 à 5 milliards de dollars de perte pour les compagnies aérienne, selon l’OACI

  • Delta investit 1 milliard de dollars pour devenir la première compagnie aérienne neutre en carbone

  • Aéroport de Bordeaux-Mérignac : une grève pour les vacances de février?

  • Le transport aérien en Afrique contribue pour plus de 50 milliards dollars au PIB, selon l’AFRAA

  • Droit des passagers aériens : un pilote soudainement malade n’est plus une circonstance extraordinaire

  • Coronavirus : KLM accusée de discrimination en Corée du sud

  • Aéroport El Prat : un projet d’agrandissement à l’étude

 

 

Coronavirus : 4 à 5 milliards de dollars de perte pour les compagnies aérienne, selon l’OACI

Air-Journal.fr – 15 Février 2020 

L’épidémie du coronavirus a entraîné une « réduction potentielle de 4 à 5 milliards de dollars » de revenus pour les compagnies aériennes du monde entier, estime l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI). 

Cette perte de 4 à 5 milliards de dollars porte uniquement le trafic passager international ; elle n’inclut ni le transport de fret ni le trafic domestique en Chine. Selon l’OACI, « 70 compagnies aériennes ont annulé tous les vols internationaux à destination et en provenance de Chine » et « 50 autres compagnies aériennes ont réduit leurs activités aériennes » sur le marché chinois. En conséquence, cela a entraîné une « réduction de 80% de la capacité aérienne étrangère pour les voyageurs à destination et en provenance de Chine et une réduction de 40% de la capacité aérienne des compagnies aériennes chinoises ». 

Le premier trimestre 2020 devrait connaître une « réduction de 39% à 41% de la capacité des passagers, soit une réduction de 16,4 à 19,6 millions de passagers, par rapport aux prévisions des compagnies aériennes », selon des estimations préliminaires de l’organisation onusienne. 

 

Delta investit 1 milliard de dollars pour devenir la première compagnie aérienne neutre en carbone

Air-Journal.fr – 16 Février 2020

Delta Air Lines s’engage à investir, à partir du 1er mars 2020, un milliard de dollars au cours des 10 prochaines années afin de réduire l’ensemble des émissions de carbone de ses opérations mondiales.

La compagnie aérienne américaine investira dans l’innovation, le développement de technologies de transport aérien propres, la réduction accélérée des émissions de carbone et des déchets et le lancement de nouveaux projets conçus pour atténuer le reste de ses émissions. Objectif : devenir la première compagnie aérienne neutre en carbone à l’horizon 2030.

« Rien ne remplace le pouvoir qu’ont les voyages de connecter les gens, alors que notre monde n’en a jamais eu autant besoin qu’aujourd’hui. À l’heure où nous connectons nos clients à travers le monde, il est de notre responsabilité de tenir nos engagements et de rassembler les gens, tout en veillant avec le plus grand soin à l’environnement », explique Ed Bastian, PDG de Delta. « Le moment est aujourd’hui venu d’accélérer nos investissements et de nous fixer des objectifs ambitieux que toute l’équipe Delta aura à cœur de mettre en œuvre. »

« Aucun des défis auxquels nous sommes confrontés ne nécessite plus d’innovation que la durabilité environnementale et nous sommes conscients qu’il n’existe pas de solution unique. Nous entendons approfondir ces questions et examiner chaque aspect de nos activités, tout en faisant appel à des experts, en forgeant des coalitions, en favorisant les partenariats et en encourageant l’innovation », résume Ed Bastian.

 

Aéroport de Bordeaux-Mérignac : une grève pour les vacances de février?

SudOuest.fr – 15 Février 2020

Les agents de sûreté de Hubsafe régional menacent de faire grève à partir du vendredi 21 février pour une durée illimitée

Les vacances de février risquent d’être mouvementées pour les clients de l’aéroport. En effet, des agents de la société Hubsafe régional menacent de faire grève. Un préavis a été déposé à l’appel des syndicats Force ouvrière et CFDT. La mobilisation est prévue à partir du vendredi 21 février et sera à durée illimitée.

Opérant depuis environ un an sur l’aéroport de Bordeaux-Mérignac, la société est chargée du contrôle de sûreté des passagers et des bagages à main aux postes d’inspection filtrage des halls A, B et Billi (terminal low-cost). Multiples, les revendications concernent l’amélioration des conditions de travail, le retour de certains acquis (possibilité de fractionner une semaine de congés à la journée, récupération de jours exceptionnels pour décès d’un membre de sa famille ou pour déménagement). 

Une augmentation demandée 

« On nous impose le port d’un uniforme. La société qui détenait le marché auparavant avait octroyé une indemnité de nettoyage. L’employeur actuel ne voulait pas la reconduire. Il a fallu se battre des mois pour que la direction se ravise », explique Laure Bua, déléguée syndicale FO.

Parmi les autres revendications figure une demande d’augmentation de salaire de 200 euros brut par mois et par employé. Certains griefs visent ADBM, l’exploitant de l’aéroport : toilettes régulièrement bouchées, matériel défectueux (équipement d’imagerie radioscopique, chariots…), problème de climatisation et de chauffage. Jointe au téléphone, la direction n’a pas souhaité s’exprimer.

 

Le transport aérien en Afrique contribue pour plus de 50 milliards dollars au PIB, selon l’AFRAA

ANACgabon.org – 17 Février 2020

Le transport aérien en Afrique contribue pour plus de 50 milliards dollars américains au PIB, indique l’Association des compagnies aériennes africaines (AFRAA) dans un communiqué.

« Le transport aérien en Afrique soutient actuellement 6,2 millions d’emplois, contribue pour 55,8 milliards de dollars au PIB et devrait croître à un taux annuel de 4,6 pc au cours des 20 prochaines années », selon le communiqué, citant le rapport 2019 de l’AFRAA. 

Cette croissance du trafic s’accompagne de plus en plus d’une expansion des lignes aériennes africaines, souligne l’AFRAA, relevant que « l’association est témoin de la renaissance du marché du transport aérien en Afrique de l’Ouest, illustrée par la renaissance de transporteurs disparus et le déploiement de plans d’expansion ambitieux ». 

En marge de sa participation à la troisième réunion sur l’opérationnalisation du Marché unique du transport aérien en Afrique (SAATM),tenue récemment à Dakar, le Secrétaire général de l’AFRAA, Abdérahmane Berthé, a énuméré les nombreux défis auxquels sont confrontées les compagnies aériennes africaines.

Il s’agit, entre autres, des taxes et redevances élevées imposées par les gouvernements, de la faible connectivité intra-africaine et des restrictions d’accès au marché, des fonds bloqués dans certains Etats qui sont les revenus de ventes générés par une compagnie aérienne dans ses opérations à l’étranger et qui ne peuvent être transférés pour une raison quelconque, ainsi que du prix excessif du carburant d’avion.

Ces conditions, déplore-t-il, ont un impact négatif sur la capacité des compagnies aériennes africaines à accroître leur empreinte et à offrir des tarifs compétitifs aux passagers pour augmenter leur trafic. 

A cet effet, l’intégration régionale est indispensable pour débloquer la remarquable opportunité de croissance de l’Afrique.

Le Marché unique du transport aérien en Afrique (SAATM), l’Accord de libre-échange continental africain (ACFTA) et le Protocole relatif à la libre circulation des personnes et des biens constituent des projets phares qui devraient améliorer la connectivité intra-africaine et faciliter les voyages, le commerce, le tourisme, les affaires et le développement socio-économique sur le continent, fait-on remarquer.

L’AFRAA qui, comprend tous les grands opérateurs intercontinentaux africains représentant plus de 85 pc du trafic international total, continue de mettre en œuvre des initiatives visant à relever les niveaux de sécurité et de sûreté, à renforcer la coopération entre les compagnies aériennes africaines, à résoudre le problème des éléments impactant les coûts des compagnies aériennes, notamment les taxes et les redevances d’usage, et à veiller à ce qu’il y ait suffisamment d’infrastructures et de personnel qualifié pour soutenir la croissance du trafic sur le continent, rassure-t-on. (pana) 

 

Droit des passagers aériens : un pilote soudainement malade n’est plus une circonstance extraordinaire

Air-Journal.fr – 16 Février 2020

La Cour de cassation, dans son arrêt n°113 du 5 février 2020 (19-12.294), a estimé que « la maladie ou l’indisponibilité soudaine du pilote pour des raisons médicales« , n’est pas une « circonstance extraordinaire » de nature à priver le passager de l’indemnisation prévue par le règlement européen (CE) 261/2004 en cas de retard ou annulation d’un vol. 

Dans cette affaire, le passager avait réservé un billet d’avion Paris-Delhi, puis Delhi-Bangkok, auprès de la compagnie Air India. Le premier vol devait décoller le 12 août 2017 à 22h00 pour atterrir le lendemain à 9h35. Malheureusement, en raison de l’état de santé du pilote qui nécessitait une hospitalisation en urgence, le vol a finalement été reporté au lendemain, le 13 août 2017 à 16h30 avec une arrivée à Delhi le 14 août à 14h10, soit avec 18 heures de retard.

Le passager a alors voulu faire valoir ses droits fondés sur le règlement (CE) n°261/2004 du Parlement européen établissant des règles communes en matière d’indemnisation et d’assistance des passagers en cas de refus d’embarquement et d’annulation ou de retard important d’un vol. La compagnie aérienne indienne a refusé l’indemnisation de 600 euros, prétextant que la maladie soudaine du pilote est une « circonstance extraordinaire » .

Conseillé par Flightright, site spécialisé dans l’indemnisation des passagers, le passager a porté l’affaire devant la Cour de cassation, la plus haute juridiction de la justice française. Cette dernière s’est prononcée en faveur du passager en indiquant que la maladie du pilote n’est pas une « circonstance extraordinaire » de nature à priver ce dernier de son droit à l’indemnisation prévue par le règlement européen.

 

Coronavirus : KLM accusée de discrimination en Corée du sud

Air-Journal.fr – 15 Février 2020

Tout est parti d’un manuscrit écrit à la hâte, indiquant « toilettes réservées aux membres d’équipage » , et posé aux portes des toilettes sur un vol de KLM reliant Amsterdam à Séoul-Incheon.

Pour réduire tout risque de contamination du coronavirus, l’équipage a réservé ces toilettes uniquement pour ses membres. Problème : c’est écrit seulement en coréen, alors que d’autres nationalités sont présentes à bord. La publication du manuscrit sur les réseaux sociaux a déclenché un tollé général en Corée du sud. 

Bon nombre de Sud-Coréens accusent KLM de faire preuve de discrimination à leur égard et appellent au boycott de la compagnie néerlandaise. « Cher KLM… Aujourd’hui, vous avez clairement fait savoir que vous pratiquez une discrimination raciale. Utiliser le coronavirus comme excuse. Vous devez des excuses énormes… à la Corée », écrit ainsi un passager sur Twitter.

Hier, à Séoul, la représentation du groupe Air France-KLM a dû présenter des excuses publiques lors d’une conférence de presse : « C’est une erreur humaine, et nous ne la prenons pas à la légère », a déclaré Guillaume Glass, directeur général régional du groupe Air France-KLM, cité par le site ZoneBourse. « Nous sommes profondément désolés que cela ait été considéré comme une discrimination, ce qui n’était absolument pas l’intention de l’équipage », a-t-il ajouté.

L’affaire est remontée jusqu’au ministère sud-coréen des Transports, qui a publié une déclaration mettant en garde KLM contre ses « mesures discriminatoires » et demandant à la compagnie aérienne de veiller à ce que cela ne se reproduise plus. Même l’ambassadrice des Pays-Bas en poste à Séoul, Joanne Doornewaard, a exprimé ses regrets à propos de l’incident au ministre des transports sud-coréen, Kim Hyun-mee.

 

Aéroport El Prat : un projet d’agrandissement à l’étude

LePetitJournal.com – 16 Février 2020

L’entreprise de gestion des aéroports espagnols AENA prévoit un agrandissement de l’aéroport Josep Tarradellas Barcelona-El Prat, pour faire face à la croissance du nombre de passagers et de vols transitant dans cet aéroport (52,6 millions de voyageurs en 2019).

AENA a prévu, dans son plan stratégique 2022-2026, de consacrer 1,5 milliard d’euros de budget à ce développement qui compterait sur la création d’un terminal satellite à la T-1, et sur l’élargissement de pistes de décollage et d’atterrissage du côté du littoral.

Le projet se heurte encore aux négociations avec les municipalités locales compte tenu de son impact environnemental.

Revue de presse 10 Avril : • L’UE veut prolonger la fermeture des frontières extérieures jusqu’au 15 mai • Air France-KLM : Djebbari confirme les négociations de prêts de six milliards d’euros • Trafic Air France-KLM : – 56,6% en mars…

Revue de presse 6 Février : • le Top 10 des aéroports régionaux en 2019 • Vinci prêt à une nouvelle croissance dans les aéroports • Fret aérien : demande en baisse en 2019, l’impact du coronavirus encore inconnu • Qatar Airways débarque à Lyon • Cathay Pacific : congés sans solde en vue

Au sommaire :  

 

  • Trafic, croissance, nouvelles lignes : le Top 10 des aéroports régionaux en 2019

  • Vinci prêt à une nouvelle croissance dans les aéroports

  • Qatar Airways débarque à Lyon

  • Fret aérien : demande en baisse en 2019, l’impact du coronavirus encore inconnu

  • Cathay Pacific : congés sans solde en vue pour les employés

  • Au Royaume-Uni, Ryanair accusé de “greenwashing” pour des publicités mensongères sur l’environnement

  • Ethiopian Airlines va construire le plus grand aéroport d’Afrique (et du monde)

  • Nice : Des opposants au projet d’extension de l’aéroport lancent une action en justice

  • Wizz Air : grandes ambitions en Europe de l’est et à Abu Dhabi

  • Qatar Airways rachète 49% de Rwanda Air

  • Clap de fin pour l’ancien monde

 

 

Trafic, croissance, nouvelles lignes : le Top 10 des aéroports régionaux en 2019

Tour Hebdo – 04/02/2020

L’année 2019 est celle de tous les records pour les aéroports de province français ! Ceux de Nice, Lyon, Marseille, Bâle-Mulhouse, Bordeaux, Nantes, Lille et Montpellier affichent des chiffres de trafic passagers jamais vus jusque là !

Tous les détails dans notre classement exclusif des 10 premiers aéroports régionaux français.

1er : Nice Côte d’Azur, 14,5 millions de passagers

L’aéroport de Nice conserve sa place de premier aéroport régional français, avec une nouvelle hausse de 4,7% du trafic passagers. L’aéroport, qui proposait jusqu’à 121 destinations en saison, bat son record de 13,85 millions de passagers établi l’an dernier, enregistrant une croissance continue depuis 10 ans ! Et Nice entend bien poursuivre son développement : l’aéroport table sur 18 millions de passagers en 2023 et 21 millions en 2030.

2ème : Lyon-Saint Exupéry, 11,8 millions de passagers

Lyon bat encore son record ! L’aéroport Saint Exupéry affiche une hausse de 6,4% du trafic passagers, à près de 11,8 millions de voyageurs. La croissance apparaît presque identique entre le trafic intérieur, en progression de 6,3%, et le trafic international, en augmentation de 6,6%. Le bon score à l’international doit d’ailleurs beaucoup à l’envolée des destinations marocaines, dont le trafic progresse de 23,4%. A noter également l’impact de l’ouverture du second vol quotidien d’Aeroflot vers Moscou. L’aéroport de Lyon offre aujourd’hui plus de 130 lignes directes. 

3ème : Marseille-Provence, 10,1 millions de passagers

L’aéroport marseillais reprend sa place de 3ème aéroport régional français, avec une envolée de 8,1% du trafic passagers l’an dernier. Cette croissance est avant tout portée par l’international, en forte hausse de 11,1%. Le trafic international représente désormais 62% de l’activité de la plateforme, qui couvre aujourd’hui 124 destinations. Le gestionnaire insiste également sur le fait que 39 millions d’euros ont été investis en 2019, permettant notamment l’extension du Terminal 2.

4ème : Toulouse-Blagnac, 9,8 millions de passagers (estimation)

En raison de l’arrivée d’Eiffage dans l’actionnariat de l’aéroport, aucun chiffre n’est pour l’heure communiqué par l’aéroport. Selon nos estimations, Toulouse-Blagnac devrait toutefois avoir cédé son rang de 3ème aéroport régional français conquis l’an dernier, malgré une année qui devrait s’afficher en progression. Cet hiver, l’aéroport a effectivement inauguré 5 nouvelles liaisons : Tel Aviv, Budapest, Luxembourg, Tanger et Oujda, permettant de porter le nombre de destinations directes à 73. Pour mémoire, Toulouse-Blagnac a totalisé 9,6 millions de passagers en 2018, en hausse de 3,2% par rapport à l’année précédente. 

5ème : Bâle-Mulhouse, 9 millions de passagers

Nouveau record pour l’EuroAirport ! L’aéroport de Bâle-Mulhouse voit son trafic passagers progresser de 6% par rapport à 2018. Une croissance avant tout tirée par le low-cost. Easyjet enregistre ainsi une progression de 7,5% tandis que sa concurrente hongroise Wizz Air est en hausse de 7,8%. Air France et Lufthansa apparaissent en revanche en baisse, avec un recul du trafic qui atteint 11,3% pour la compagnie nationale et 1,6% pour la compagnie allemande. Des baisses que la direction de l’EuroAirport attribue aux grèves. Au plus fort de l’été, l’aéroport programmait 25 compagnies aériennes et plus de 100 destinations.

6ème : Bordeaux-Mérignac, 7,7 millions de passagers

L’aéroport bordelais passe la barre des 7 millions de passagers et signe un nouveau record, avec une croissance de 13,3% par rapport à 2018. La plateforme doit cette accélération à l’ouverture de 39 nouvelles lignes l’an dernier, portant à 113 le nombre de destinations proposées. L’international représente désormais 90% des lignes. Paris reste toujours la première destination de l’aéroport avec 1,2 million de passagers, devant Lyon (environ 580 000 passagers) et Londres-Gatwick (environ 320 000 passagers). Le Royaume-Uni s’impose quant à lui comme le premier pays desservi, avec près de 750 000 passagers, devant l’Espagne (environ 740 000 passagers) et l’Italie (environ 509 000 passagers).

7ème : Nantes-Atlantique, 7,2 millions de passagers

Non seulement la plateforme nantaise bat tous ses records mais elle s’impose de loin comme l’aéroport régional français qui enregistre la plus forte progression l’an dernier, avec une croissance de 16,6% par rapport à 2018. L’aéroport géré par Vinci Airports poursuit sur sa lancée, après avoir enregistré une progression de 12,9% de son trafic en 2018. La très belle année 2019 s’explique par l’ouverture d’une base EasyJet au printemps et le lancement de 29 nouvelles lignes, dont Copenhague, Tanger et Tel Aviv.

8ème : Beauvais-Tillé, 3,9 millions de passagers

Après avoir renoué avec la croissance en 2018, l’aéroport de Beauvais-Tillé confirme sa bonne orientation avec une progression de 5,2% l’an dernier. Un résultat positif lié à l’arrivée de la compagnie SkyUp, qui propose depuis septembre des vols vers Kiev et Lviv, en Ukraine, mais aussi une série de vols charter mis en place cet été vers Le Caire par FlyEgypt. Ryanair a quant à elle ouvert 3 lignes, vers Sofia, Brindisi et Poznan, tandis que Wizzair a inauguré Varna, en Bulgarie. Au total, 6 compagnies aériennes low-cost desservent près de 60 destinations en Europe et au Maghreb.

9ème : Lille-Lesquin, 2,2 millions de passagers

Après avoir passé le cap des 2 millions de passagers en 2018, l’aéroport Lille-Lesquin devrait enregistrer une croissance de près de 9% en 2019. L’aéroport précise que le chiffre de 2,2 millions de passagers est “prévisionnel” et doit être confirmé dans le courant du mois. En attendant, l’année 2019 a été marquée par une évolution importante : le groupe Eiffage et l’aéroport Marseille-Provence ont décroché la concession de service public de la gestion de l’aéroport pour 20 ans. Le nouveau gestionnaire entend doubler le trafic de l’aéroport, passant la barre des 4 millions de passagers d’ici 2039.

10ème : Montpellier-Méditerranée, 1,9 million de passagers

Si l’aéroport de Montpellier enregistre la croissance la plus faible de ce Top 10, avec une progression d’environ 3%, il n’en demeure pas moins que la plateforme signe un nouveau record, avec 55 000 passagers supplémentaires. Dans le détail, le trafic intérieur chute de 6,3%, principalement en raison de l’arrêt de la desserte de Nantes par Hop! Air France. La navette vers Orly reste à l’étal tandis que les vols vers Paris-CDG progressent de 17%. Le trafic international apparaît, pour sa part, stable. Le doublement du nombre de vols vers Berlin par Easyjet a notamment compensé l’arrêt des lignes vers Munich et Charleroi.

 

Vinci prêt à une nouvelle croissance dans les aéroports

Les Echos – 05/02/2020

Le groupe de BTP et de concessions affiche un niveau de trésorerie record. Il est candidat à sa propre succession à l’aéroport Nantes Atlantique. L’impact du coronavirus sur le trafic passagers de ses 45 aéroports reste limité à ce stade.

Vinci s’est mis en ordre de bataille pour une  nouvelle croissance dans les aéroports . La publication des comptes annuels du groupe de BTP et de concessions a révélé un bond d’un milliard d’euros en un an de sa trésorerie libre, passée à 4,2 milliards à la fin de l’année écoulée, et un endettement net de seulement 2,5 fois son résultat brut d’exploitation (Ebitda) malgré l’acquisition l’an dernier de 50 % de l’aéroport londonien de Gatwick.

« Si nous écoutons nos investisseurs et les financiers nous ne sommes pas assez endettés, a commenté le PDG du groupe Xavier Huillard, mais nous voulons avoir dans nos concessions une visibilité d’une trentaine d’années ». Cela implique d’en remporter régulièrement de nouvelles. Or, « il faut un bilan assez fort pour pouvoir y aller seul. Un consortium vous rend moins agile », a poursuivi le patron de Vinci.

Candidat à Nantes

« Nous avons gagné le Portugal [la concession des aéroports portugais ANA, NDLR] parce que nous avions un bilan que nous pouvions mobiliser pour y aller seul, ce genre de situation peut se reproduire ». Et pourrait même se présenter assez rapidement.

Le dossier ADP étant en suspens, la collecte de signatures par les opposants à la privatisation se terminant le 12 mars, l’actualité est la remise en concession de Nantes Atlantique, suite à la résiliation de la concession de Vinci dans la foulée de l’annonce par l’Etat, fin octobre, du réaménagement de l’aéroport.

Compensation financière

La concession de 55 ans remportée par Vinci en 2010 s’achèvera soit le 15 décembre 2021 soit quand arrivera le nouveau concessionnaire. Vinci ne commente pas l’appel d’offres en cours mais y participe. Parallèlement, depuis la résiliation, le groupe a demandé à deux reprises au gouvernement l’ouverture de la conciliation prévue par son contrat pour la compensation financière due. Sans obtenir, à ce stade, de réponse.

« Depuis 2010, nous avons fait passer le trafic de Nantes Atlantique de 3 à 7,2 millions de passagers par an et pendant dix ans nous avons payé des impôts sur les résultats sans percevoir de dividendes, tout étant réinvesti dans l’infrastructure. La résiliation représente 45 ans de manque à gagner », résume le président de Vinci Airports, Nicolas Notebaert.

S’il ne commente pas le montant d’un milliard d’euros avancé par « La Tribune », il note que les deux ans de manque à gagner de TAV (groupe ADP) après la fermeture de l’aéroport d’Atatürk d’Istanbul ont été chiffrés à 390 millions . Quant au consortium chinois qui  a cédé 50 % de Lyon Saint-Exupéry à Eiffage au bout de quatre ans, il a réalisé au passage une plus-value de 200 millions.

Impact limité

Vinci, candidat à sa propre succession à Nantes, ne précipitera rien. Il a les moyens d’attendre : l’année 2020 s’annonce bien, avec un carnet de commandes en hausse de 10 % dans le BTP, à 36,5 milliards. Et, pour l’heure, l’effet de l’épidémie de coronavirus sur le trafic aéroportuaire de ses 45 aéroports est limité. « 5,5 % du trafic de nos aéroports du Cambodge et du Japon sont des passagers en provenance de Chine, donc l’impact sur l’activité est limité, a précisé Xavier Huillard. Si le coronavirus devenait une pandémie mondiale au sens de l’OMS, nous reverrions nos prévisions ».

Vinci prévoit une nouvelle croissance de son chiffre d’affaires cette année, après une hausse de 10 % en 2019, à 48 milliards, pour un résultat net qui grimpe de 9,3 %, à 3,3 milliards. Seul bémol, la croissance sera plus modeste que l’an dernier, vu la base de comparaison élevée.

 

Qatar Airways débarque à Lyon

Les Echos – 05/02/2020

La compagnie qatarie a annoncé l’ouverture de nouveaux vols au départ de Lyon à raison de cinq liaisons par semaine à partir de juin 2020.

Rejoindre Doha, Amman ou Beyrouth depuis Lyon sera bientôt possible avec l’arrivée de Qatar Airways à l’aéroport de Lyon-Saint-Exupéry. C’est à l’occasion du salon de l’aviation, le Kuwait Air Show organisé mi-janvier, que la compagnie qatarie a annoncé huit nouvelles destinations dont Lyon, Accra au Ghana, Trabzon en Turquie ou encore Siem Reap au Cambodge.

« Ces ajouts à notre réseau nous permettent d’étendre nos opérations à 177 destinations à travers le monde, renforçant ainsi notre position en tant qu’une des compagnies aériennes les plus connectées au monde », a déclaré Akbar Al Baker, PDG du groupe Qatar Airways. « Cette expansion de notre réseau nous permet de continuer à offrir à nos passagers toujours plus de possibilités et de flexibilité lors de la planification de leurs voyages d’affaires et de loisirs », a-t-il poursuivi.

11 millions de passagers

Déjà implantée à Paris et Nice, Qatar Airways a choisi Lyon pour être son troisième port d’attache en France. Cinq vols par semaine seront assurés à partir du 23 juin 2020. Avec 11,7 millions de passagers accueillis en 2019, Lyon-Saint-Exupéry est le troisième aéroport le plus fréquenté de France, après Paris et Nice.

Pour la première fois depuis dix ans, le Conseil international des aéroports (ACI) a attribué en 2019 à Lyon-Saint-Exupéry le prix du meilleur aéroport européen parmi ceux accueillant de 10 à 25 millions de passagers par an. « Nous visons les 15 millions de passagers à Lyon et nous voulons une ligne avec les Etats-Unis, ainsi qu’une avec la Chine », avait alors déclaré le maire de la ville, Gérard Collomb.

Par ailleurs, l’aéroport teste une première mondiale. Il s’agit du premier service de voiturier géré par des robots qui garent, seuls, le véhicule pour faire gagner du temps au voyageur et optimiser l’espace. Vinci et Stanley Robotics viennent d’annoncer l’extension de 500 à 2.000 places de parking à l’été 2020. 

 

Fret aérien: demande en baisse en 2019, l’impact du coronavirus encore inconnu

Le Figaro / AFP – 05/02/2020

La demande en fret aérien a chuté de 3,3% en 2019, sa performance la plus faible depuis 10 ans, a annoncé mercredi l’Association internationale du transport aérien Iata, qui juge prématuré de mesurer l’impact à long terme des restrictions liées au coronavirus. Selon l’organisation, qui regroupe 290 compagnies, 2019 a été la première année de baisse des volumes de fret aérien depuis 2012 et la plus mauvaise année depuis la crise financière de 2009, où ce marché avait reculé de 9,7%.

«Les tensions commerciales sont à la racine de la pire année pour le fret aérien depuis la fin de la crise financière en 2009», a souligné le directeur général de l’organisation, Alexandre de Juniac, cité dans un communiqué. «Alors qu’elles se détendent, il y a cependant peu de soulagement alors que nous sommes dans l’inconnu par rapport à un éventuel impact du coronavirus sur l’économie mondiale», a-t-il ajouté. D’après Alexandre de Juniac, «il est trop tôt» cependant «pour estimer les effets à long terme de l’impact des restrictions associées à la lutte contre le coronavirus».

Des dizaines de compagnies aériennes internationales ont cessé leurs liaisons aériennes avec la Chine continentale depuis fin janvier pour tenter de freiner la propagation du virus, qui a été identifié chez près de 200 personnes dans plus de 20 pays. Le fret aérien représente une importante source de revenus pour les compagnies aériennes, dont un grand nombre ont fait le choix de réduire leur flotte d’appareils «tout cargo» pour privilégier les soutes des avions passagers et gagner en rentabilité. «Chez les compagnies commerciales, le fret constitue entre 10 à 20% des revenus», estime ainsi la société de conseil en management Kepler.

L’Asie pacifique a représenté en 2019 34,6% du marché en tonne kilomètre transportée (TKT) devant l’Amérique du Nord (24,2%), l’Europe (23,7%), le Moyen-Orient 13%, l’Amérique latine (2,8%) et l’Afrique (1,8%), selon l’Iata.

 

Cathay Pacific : congés sans solde en vue pour les employés

Air Journal – 06/02/2020

La compagnie aérienne Cathay Pacific a demandé à ses quelque 27.000 employés de prendre trois semaines de congés sans solde entre mars et juin prochain, l’épidémie du coronavirus 2019-nCoV rendant encore plus fragile une situation financière déjà mise à mal par six mois de manifestations à Hong Kong.

Après avoir annoncé jusqu’à la fin mars une réduction de 30% des capacités globales (et 90% en Chine continentale) au départ de l’aéroport de Hong Kong-Chek Lap Kok « afin d’être en phase avec la demande globale », le CEO de la compagnie chinoise Augustus Tang Kin-wing a adressé un message vidéo à ses employés le 5 février 2020, leur demandant de prendre entre mars et juin prochain trois semaines de congés sans solde.

« J’espère que vous participerez tous, de nos employés de première ligne à nos cadres supérieurs, et partagerez nos défis actuels », a déclaré le dirigeant de Cathay Pacific, soulignant que la période du Nouvel an chinois 2020 était « la plus difficile de son histoire ». Ne sachant pas combien de temps va durer l’épidémie, Augustus Tang a ajouté qu’avec « des perspectives aussi incertaines, ménager la trésorerie est désormais le point clé pour protéger notre entreprise »  

Et si la demande de prendre des congés sans solde est « difficile à entendre, il se peut que nous devions prendre d’autres mesures. En soutenant ces congés spéciaux, vous nous aiderez en ces temps difficiles », a prévenu le CEO. Qui demande également aux fournisseurs de « réduire leur prix ».

La compagnie de l’alliance Oneworld a confirmé dans un communiqué maintenir « un service régulier » entre Hong Kong et Paris-CDG (six vols par semaine en Boeing 777-300ER affichés les deux prochaines semaines, sept ensuite), une ligne sur laquelle elle avait déjà annoncé une réduction de capacité pour l’été : 12 fois par semaine au début de la saison estivale fin mars, puis 10 à partir du 31 mai.

 

Au Royaume-Uni, Ryanair accusé de “greenwashing” pour des publicités mensongères sur l’environnement

La Tribune / AFP – 05/02/2020

Des publicités de la compagnie aérienne irlandaise Ryanair ont été interdites au Royaume-Uni en raison d’un message trompeur sur les émissions de CO2, a annoncé mercredi le régulateur du secteur. Des faits qui sèment le doute sur la capacité du secteur à convaincre du sérieux de ses engagements climatiques.

L’autorité britannique de régulation de la publicité (ASA) a annoncé, mercredi 5 février, avoir interdit des publicités diffusées par Ryanair en septembre 2019 dans la presse écrite, à la radio et à la télévision. Le régulateur a jugé que le transporteur à bas coût a induit en erreur les consommateurs en se présentant comme la compagnie ayant les plus faibles émissions de CO2 en Europe parmi les grandes compagnies aériennes.

Or l’ASA a estimé qu’il était difficile de définir ce qu’est une “grande compagnie aérienne” et que les consommateurs pourraient avoir l’impression de moins contribuer aux émissions carbone, ce qui ne peut pas être prouvé. Ces “publicités (…) ne doivent pas apparaître une nouvelle fois sous leurs formes actuelles”, selon le régulateur, qui demande à Ryanair d’apporter “les preuves nécessaires” pour être en mesure de faire de telles promesses sur l’environnement.

Neutralité carbone d’ici 2050 pour le secteur aérien britannique

Dans un communiqué, Ryanair s’est dit “déçu et surpris” par la décision, et assure qu’il est le transporteur aérienne “le plus vert” en Europe. Selon ses chiffres, il émet 66 grammes de CO2 par passager et par kilomètre, soit une pollution 25% inférieure aux autres grandes compagnies, selon lui. 

“Nous avons déployé ce message publicitaire avec succès dans dix pays en Europe”, avance le groupe, qui reconnaît “avoir fait de mineurs ajustements sur le marché britannique à la demande des autorités compétentes”.

Selon son site internet, Ryanair s’est engagé à réduire ses émissions de CO2 sous 60 grammes d’ici 2030 et dit suivre les objectifs fixés par l’Association internationale du transport aérien (Iata) de les abaisser de 50% en 2050 par rapport au niveau de 2005. La compagnie avait toutefois été classée parmi les dix entreprises les plus polluantes d’Europe, selon des chiffres d’avril 2019 publié par l’ONG Transport & Environnement. Le secteur aérien britannique, regroupant les constructeurs et compagnies, a promis mardi d’atteindre la neutralité carbone d’ici 2050, grâce à des projets d’avions moins polluants et aux controversés mécanismes de compensation, sans convaincre les ONG comme Greenpeace qui accuse le secteur de “greenwashing”. 

Le groupe propose en outre depuis 2018 à ses clients de compenser l’impact sur l’environnement de leur voyage en versant une somme supplémentaire en plus du prix du billet pour financer des projets verts. Ryanair a levé jusqu’à présent 2,5 millions d’euros grâce à cette initiative. Cela n’a pas empêché la compagnie d’avoir été classée parmi les dix entreprises les plus polluantes d’Europe, selon des chiffres d’avril 2019 publié par l’ONG Transport & Environnement.

“Flight shaming”

Ce rapport, qui se fondait sur la totalité des émissions de CO2 en 2018, montrait que Ryanair figurait à la 10e place, derrière neuf producteurs de charbon d’Allemagne, de Pologne et de Bulgarie. En revanche, une récente étude de l’association britannique de consommateurs Which? avait constaté que les vols de Ryanair figuraient parmi les moins polluants sur un échantillon de destination. “Toutefois, nous avons aussi observé que les mécanismes de compensation carbone proposés par Ryanair font peu ou rien pour réduire les émissions”, signale Rory Boland, un responsable de Which? 

L’association salue dans le même temps la décision du régulateur de la publicité, surtout au moment où les messages sur l’environnement rencontrent un écho de plus en plus important dans la société.

“Des millions de voyageurs veulent faire des choix plus verts quand ils partent en vacances et le régulateur a raison de réprimander les entreprises qui compliquent les choses avec de l’information erronée”, selon M. Boland.

La pression augmente sur le secteur aérien, qui est accusé par les ONG d’être particulièrement polluant et de ne pas faire assez pour lutter contre la crise climatique. Depuis quelques mois, des citoyens se mobilisent, à l’image de la militante écologiste Greta Thunberg, pour appeler au boycott de l’avion, notamment en Suède où le mouvement “flight shaming” (faire honte de prendre l’avion) incite les voyageurs à privilégier d’autres moyens de transport.

 

Ethiopian Airlines va construire le plus grand aéroport d’Afrique (et du monde)

Déplacements Pros – 05/02/2020

Le nouvel aéroport dont l’ouverture est prévue pour 2028 pourra accueillir 100 millions de passagers par an.

Ethiopian Airlines veut consacrer environ 5 milliards de dollars pour construire le plus grand aéroport d’Afrique. Il pourrait également devenir l’aéroport le plus fréquenté du continent, capable d’accueillir plus de passagers que la plaque tournante la plus fréquentée actuellement à Johannesburg, en Afrique du Sud.

Dans une entretien accordé à l’Agence de presse éthiopienne (ENA), le PDG d’Ethiopian Airlines, Tewolde Gebremariam, a déclaré que la compagnie aérienne avait atteint ses objectifs pour 2025 avec sept ans d’avance. Le transporteur se dit maintenant prêt pour ses objectifs à l’horizon 2035, ce qui inclut la construction d’un nouvel aéroport de grande taille.

Ethiopian Airlines opère actuellement des vols au départ de l’aéroport international de Bole à Addis-Abeba, la capitale du pays. « L’aéroport est très beau et très grand, mais avec la croissance que nous constatons chaque année, dans 3 ou 4 ans, nous allons être complets », a précisé le patron de la compagnie aérienne.

Ce nouvel aéroport qui s’appellera Absera occupera près de 3400 hectares à une soixantaine de kilomètres au sud de la capitale éthiopienne. Il pourra accueillir dans les 100 millions de passagers par an.

Cette plateforme entend devenir une véritable « ville aéroportuaire« , avec des centres commerciaux hors taxes, des hôtels et des centres de formation. La compagnie aérienne n’a pas encore annoncé la date d’ouverture du nouvel aéroport, mais elle affirme qu’il rivalisera en taille avec le nouvel aéroport d’Istanbul, et devrait devenir le plus grand du monde lorsque sa construction sera terminée en 2028.

Actuellement, l’aéroport le plus fréquenté d’Afrique est l’aéroport international O.R. Tambo de Johannesburg. En 2018, environ 21 millions de personnes ont franchi ses portes.

 

Nice : Des opposants au projet d’extension de l’aéroport lancent une action en justice

20 Minutes – 05/02/2020

Particuliers et associations indiquent avoir déposé un référé-suspension et un recours en annulation contre le permis de construire

Ils l’avaient annoncé, c’est désormais chose faite. Des particuliers niçois et des associations de défense de l’environnement ont déposé mardi un référé-suspension et un recours en annulation contre l’arrêté préfectoral accordant un permis de construire pour l’extension du terminal 2 de l’aéroport de Nice, ont-il fait savoir ce mercredi.

« Ces recours s’appuient sur les illégalités de fond et de forme du projet, le référé-suspension étant fondé en particulier sur l’urgence à agir eu égard à l’impact environnemental et sanitaire de ce projet », avance le collectif Citoyen 06. Il est associé dans cette démarche à l’association France Nature Environnement (FNE) des Alpes-Maritimes et de Paca et au Collectif Pour des Réalisations Écologiques (Capre) 06.

« Contraire aux impératifs de lutte contre le réchauffement »

Le 13 janvier, la préfecture des Alpes-Maritimes avait validé le permis de construire pour un agrandissement du terminal 2 d’un peu plus de 25.000 m2 afin d’arriver à 18 millions de passagers (plus de 14 millions en 2019) d’ici à 2023. « Développer l’activité d’un aéroport devient contraire aux impératifs de lutte contre le réchauffement climatique », avait réagi le Collectif citoyen 06.

Mi-janvier, la société Aéroports de la Côte d’Azur a annoncé son engagement à faire passer les infrastructures au sol de la plateforme de Nice en mode « zéro émission » de gaz à effet de serre dès 2030. En avance de 20 ans sur son précédent engagement pris à l’été 2019. « Personne ne nous l’impose. Ce n’est pas une réponse à quoi que ce soit », avait répondu Dominique Thillaud, le patron d’ACA, interrogé par 20 Minutes.

 

Wizz Air : grandes ambitions en Europe de l’est et à Abu Dhabi

Business Travel – 04/02/2020

La compagnie vient de publier des résultats en forte hausse par rapport à l’an passé au 3ème trimestre. Elle poursuit son développement en lançant toujours plus de routes vers l’est de l’Europe. En France elle s’apprête à lancer de nouvelles routes au départ d’Orly.

L’année 2019 devrait être un bon cru pour la compagnie low-cost hongroise Wizz Air.

Wizz Air avait perdu 21 millions d’euros au troisième trimestre 2018 et affiche cette année un résultat net de 21,4 millions d’euros.

Au 3ème trimestre, Wizz Air a transporté 10 millions de passagers soit une hausse de 23%. Parallèlement ses revenus ont augmenté de 25% pour atteindre 673,3 millions d’euros.

La compagnie a récemment revu ses prévisions à la hausse pour l’ensemble de l’année 2019 avec un résultat net attendu de 350 à 355 millions d’euros pour son année fiscale 2019. D’excellents chiffres alors que de nombreuses low-costs souffrent notamment de la mise à terre des B737 Max.

Les prochains mois seront importants pour Wizz Air alors qu’elle a prévu un ambitieux programme d’expansion dans plusieurs pays dont à Abu Dhabi, en Russie à Saint Pétersbourg, en Autriche (à Vienne) en Pologne et en Arménie.

Wizz Air : nouvelle filiale à Abu Dhabi

A Abu Dhabi, la compagnie prévoit de créer une filiale opérant uniquement des A320neos à partir du second semestre 2020 avec pour objectif à terme une flotte de 50 avions et 20 millions de passagers transportés.

En Russie, elle mise sur Saint Pétersbourg et y lancer 4 routes vers Bucarest, Sofia, Vilnius et Bratislava à partir de juin/juillet 2020.

Plus d’avions basés à Vienne et en Pologne

La compagnie va également baser un 9ème avion à Vienne, un A321 qui permettra de lancer 5 nouvelles routes cet été vers Alghero, Corfou, Fare, Podgorica et Suceava. Wizz Air avait ouvert une base à Vienne en 2018.

En 2019, Wizz Air a transporté plus de 2,2 millions de passagers sur ses routes autrichiennes soit une croissance de 370% par rapport à 2018.

Parallèlement Wizz Air va investir fortement en Pologne son principal marché.

Elle va baser 4 nouveaux avions en Pologne en 2020 ce qui va lui permettre de lancer 15 nouvelles routes depuis Gdansk, Cracovie et Varsovie.

Elle va également renforcer ses fréquences sur ses routes existantes. Wizz Air va ainsi proposer un total de 13 millions de sièges en Pologne soit une croissance de 20% par rapport à 2019. Elle aura ainsi un total de 30 avions basés en Pologne. 

De nouveaux vols depuis Orly en France

Enfin en France, Wizz Air va proposer des routes au départ d’un nouvel aéroport Orly. Elle ne proposait jusqu’à présent des vols qu’au départ de l’aéroport de Beauvais.

Wizz Air va relier Orly à Varsovie et Budapest à partir du 29 mars 2020.

La desserte de ce nouvel aéroport aéroport devrait permettre à Wizz Air d’étoffer sa base de clients en France et de se faire mieux connaitre auprès des parisiens. Une étape importante pour son développement sur le marché français…

Horaires des vols vers Varsovie et Budapest depuis Paris :

Selon Airlineroute, la compagnie proposer des vols depuis Varsovie les lundis, mercredis et vendredis à 16h45 (arrivée à 19h10) et les autres jours à 17h40 (arrivée à 20h05).

Depuis Orly les vols décolleront les lundis, mercredis et vendredis à 19h50 (arrivée à 22h10) et les autres jours à 20h45 (arrivée à 23h05).

Au dpéart de Budapest les vols décolleront tous les jours à 6h35 pour se poser à 8h50. Les vols retour décolleront d’Orly à 9h30 pour se poser à 11h40

 

Qatar Airways rachète 49% de Rwanda Air

Business Travel – 06/02/2020

Le PDG de Qatar Airways Akbar Al Baker a confié que la compagnie allait racheter 49% de Rwanda Air.

L’information a été confirmée à l’occasion d’un sommet sur le transport aérien à Doha.

Ce rachat fait suite à l’entrée au capital de Qatar Airways au sein de l’aéroport de Bugesera avec une prise de participation de 60%. La construction de cet aéroport devrait être terminée en 2020.

«Nous voyons l’Afrique comme une région qui a un très gros potentiel de croissance» a assuré Qatar Airways.

Le seul problème est que Rwanda Air est déficitaire depuis sa création avec des pertes importantes depuis sa création soit au total 222 millions de dollars de pertes cumulées à fin 2016 selon Jeune Afrique.

Cet investissement a cependant payé alors que le Rwanda est devenu le 3ème pays pour l’organisation de conférences en Afrique selon le Ministre des Transport Jean de Dieu Uwihanganye derrière l’Afrique du Sud et le Marco.

Un moyen de contourner l’embargo pour les vols vers l’Afrique?

Pour Qatar Airways l’entrée au capital de Rwanda Air pourrait lui permettre de contourner l’embargo qui l’oblige à contourner l’Arabie Saoudite, les Emirates Arabes Unis et l’Egypte.

Ainsi les vols de Rwanda Air pourraient être utilisée pour les flux entre Doha et l’Afrique ce qui permettrait de contourner l’embargo. 

 

Clap de fin pour l’ancien monde

Voyages d’Affaires – 04/02/2020

Une tempête nommée rationalisation souffle de plus en plus fort sur l’aérien. Il est d’ailleurs probable que d’ici une décennie, seule subsistera une vingtaine de grands groupes à travers le monde et sans doute une trentaine de compagnies low cost ou positionnées sur des marchés de niche.

Le transport aérien peut se targuer d’être l’une des industries les plus fragmentées de la planète. Ainsi l’Association Internationale du transport aérien (IATA) recense-t-elle près de 800 compagnies aériennes dans le monde. Un chiffre faramineux si on le compare à celui de l’industrie automobile, un secteur ultra concentré avec 90 % des parts de marché aux mains de treize groupes, pour une soixantaine de marques. Si le paysage de l’aérien est morcelé, une douzaine d’acteurs regroupant à eux tous une quarantaine de compagnies sortent du lot et se sont engagés dans un vaste mouvement de consolidation.

Tandis que l’existence d’une masse critique est devenue la norme pour survivre, on a une petite idée de ce que l’avenir risque de réserver aux transporteurs aériens qui ne sauraient l’atteindre : disparition, fusion, rachat. Il semble d’ailleurs tout à fait probable qu’à la fin de la prochaine décennie, il ne reste plus qu’une vingtaine de groupes aériens, chacun rassemblant une multitude de marques. En parallèle pourrait subsister une trentaine de transporteurs plus ou moins indépendants et généralement impliqués sur des marchés très spécifiques, allant du low cost au transport régional en passant par la compagnie exclusivement classe affaires.

« À la fin de la prochaine décennie, il ne restera qu’une vingtaine de groupes aériens, chacun rassemblant une multitude de marques. »

 Il aura tout de même fallu un siècle d’existence au monde de l’aérien pour qu’une véritable révolution s’opère dans ses structures. En effet, depuis les premiers vols commerciaux, rien n’avait vraiment changé, ou presque, avec des compagnies aériennes soutenues par la grâce d’Etats qui n’ont eu de cesse de leur offrir un destin. Car, pour chaque nation, la possession d’une compagnie aérienne s’est très vite affirmée comme le symbole d’une certaine modernité, un marqueur de puissance économique et, donc, un vecteur de fierté nationale.

Battre pavillon sur tous les aéroports du monde apparaissait alors comme la panacée. Le temps a à peine écorné ce concept de la “compagnie-aérienne-objet-de-prestige”. Les récentes tentatives de vente d’Alitalia ou de Malaysia Airlines se sont notamment heurtées à une opposition liée à la honte de voir le pavillon national passer entre les mains d’un actionnariat étranger. On se souviendra aussi de l’hostilité initiale des syndicats d’Air France à l’arrivée à la tête de la compagnie d’un directeur général canadien en la personne de Benjamin Smith.

Autre exemple récent, la décision prise en octobre dernier par Air New Zealand de fermer son escale de Londres – sa seule ligne sur l’Europe – qui a engendré des réactions très fortes parmi les passagers néo-zélandais, certains demandant même à la compagnie de renoncer à cette fermeture. Pourtant, économiquement, plus rien ne justifie ce vol Auckland-Los Angeles-Londres qui, selon la direction d’Air New Zealand, n’attire plus guère que 7 % du trafic passagers entre la Nouvelle-Zélande et le Royaume-Uni, bien loin derrière la part de marché d’Emirates…

Mettre un peu d’ordre

Faute, cependant, n’est pas d’avoir tenté dans le passé de mettre un peu d’ordre dans la prolifération des transporteurs aériens. Dans les années 60 déjà, certains y ont songé, mais l’idée de regrouper les forces était alors essentiellement étayée par des considérations plus politiques qu’économiques. L’exemple le plus significatif fut en son temps Air Afrique, dans laquelle pas moins d’une douzaine d’Etats ouest-africains étaient impliqués. Au sommet de sa gloire, Air Afrique comptait parmi les trois plus grands transporteurs du continent avec un réseau de plus de 35 destinations, incluant même New York.

On pourrait de la même façon citer la constitution de Gulf Air, compagnie nationale de quatre monarchies du Golfe – Abu Dhabi, Bahreïn, Oman et Qatar – jusque dans les années 90, ou encore SAS Scandinavian Airlines, propriété des états danois, norvégien et suédois. De ces compagnies supranationales, seule SAS a conservé dans son capital les gouvernements danois et suédois. Air Afrique a de son côté disparu en 2002, tandis que Gulf Air est devenue le transporteur national du seul royaume de Bahreïn. 

« Ce qui s’est passé aux États-Unis préfigure sans doute ce que sera le transport aérien dans d’autres parties du monde, notamment en Europe. »

La fameuse dérégulation opérée à la fin des années 70 a réellement amorcé la rationalisation du transport aérien qui se poursuit aujourd’hui. Pionniers d’une déréglementation totale, les États-Unis ont connu à l’époque la fin des monopoles sur les lignes domestiques et internationales. Mises en concurrence, les compagnies se sont alors battues à coup de tarifs réduits, de lancement de nouvelles lignes et de puissantes plaques tournantes aéroportuaires, des hubs parfois situés à moins de 200 km les uns des autres.

La bataille a été rude et fait de nombreuses victimes. Depuis 1985, ont disparu ou fusionné Continental Airlines, Eastern Airlines, Northwest Airlines, PanAm, TWA et US Airways pour ne citer que les plus connues. Le phénomène de dérèglementation a également touché le Canada voisin. Afin de s’armer face aux géants aériens de l’autre côté de la frontière, Air Canada a peu à peu absorbé tous ses concurrents. Après Canadian Airlines il y a 18 ans, ce sera probablement au tour d’Air Transat, dont le rachat devrait être officialisé par les autorités au cours du premier semestre 2020.

Ces fusions-acquisitions ont concentré le transport aérien nord-américain entre les mains de quelques méga transporteurs. Selon les statistiques de l’aviation civile américaine FAA, il y avait aux USA 39 compagnies aériennes transportant au moins un million de passagers par an en 2009. En 2018, ce chiffre était tombé à 26. Autre chiffre éloquent, les dix premiers transporteurs aux États-Unis représentaient 85,5 % de tous les mouvements de passagers en 2018, alors que dix ans plus tôt, cette part n’était que de 73 %.

Cette hyper concentration est encore plus visible si l’on ne considère que les quatre plus grosses compagnies américaines. En 2009, American Airlines, Delta Air Lines, Southwest et United totalisaient une part de marché de 45 %. En 2018, celle-ci s’élevait à 65 % du total des passagers transportés. Au final, cinq transporteurs historiques – Alaska Airlines, American, Delta, Hawaiian Airlines et United – concentrent désormais l’offre nationale et internationale. Cinq grandes compagnies à bas coûts leur font face : le géant Southwest Airlines, Allegiant, Frontier, Spirit ainsi qu’une low cost “haut de gamme”, Jetblue. Cette dernière a de grosses ambitions sur l’axe Atlantique Nord et lancera en 2021 des vols vers Londres au départ de New York et Boston.

Les 70 autres transporteurs américains recensés par la FAA ont pour leur part une activité très régionale ou ont depuis longtemps perdu leur autonomie, servant à nourrir les hubs d’un ou plusieurs des opérateurs historiques. Il est aujourd’hui peu probable que de nouveaux grands changements interviennent encore aux États-Unis, les compagnies existantes ayant atteint une taille critique. Certains évoquent pourtant la possibilité de voir à terme Hawaiian Airlines fusionner soit avec Alaska Airlines, soit avec Jetblue. 

Faillites en cascade

Ce qui s’est passé aux États-Unis préfigure sans doute ce que sera le transport aérien dans d’autres parties du monde, notamment en Europe où l’industrie, historiquement moins concentrée que son homologue nord-américaine, rattrape aujourd’hui son retard en matière de consolidation. 2019 restera d’ailleurs comme une année particulièrement meurtrière avec la faillite des transporteurs français Aigle Azur et XL Airways, celles en Angleterre de Flybmi et des compagnies du groupe Thomas Cook ou encore la disparition du transporteur national slovène Adria Airways.

Ces liquidations ont mis en lumière la santé chancelante des transporteurs secondaires. La valse des concentrations se poursuit d’ailleurs, le groupe IAG ayant annoncé début novembre le rachat de la seconde compagnie espagnole, Air Europa. Spécialisée sur l’Amérique Latine, elle laisse entrevoir de nombreuses synergies avec Iberia, un des piliers d’IAG, afin de renforcer le hub du transporteur national espagnol à Madrid.

Cette année noire pour l’aviation, un visionnaire l’avait prévue depuis longtemps : Michael O’Leary, le PDG de Ryanair. Dans une interview accordée fin octobre à l’agence de presse Reuters, il affirmait que l’Europe allait bientôt ne compter que trois grands groupes aériens, en l’occurrence Air France-KLM, IAG – maison mère de British Airways, Iberia, Aer Lingus et Vueling –ainsi que Lufthansa qui regroupe sous son aile Austrian, Brussels Airlines, Eurowings et Swiss. En parallèle subsisteraient deux géants low cost, easyJet et Ryanair.

De fait, sa vision est partagée par d’autres dirigeants de compagnies aériennes. Carsten Spohr, le patron du groupe Lufthansa, est même encore plus radical. En août dernier, le PDG allemand affirmait à l’AFP que seule une douzaine de compagnies aériennes dans le monde exploiteraient à l’avenir des lignes long-courriers – trois aux États-Unis, trois en Europe, trois dans le Golfe et trois en Chine. Un excès de pessimisme probablement.

Les cinq transporteurs cités par le PDG de Ryanair représenteront 80 % du trafic passagers de l’Europe et devraient peser encore plus lourd à l’avenir. On sait que la compagnie nationale italienne Alitalia devrait bientôt se rapprocher d’un des trois grands groupes historiques. On parle beaucoup d’une coopération très poussée avec Lufthansa, certains observateurs parlant même d’une possible intégration au sein du groupe allemand. 

Si Lufthansa avale Alitalia, le groupe européen ferait plus que conforter son titre de champion sur le continent. Le groupe a transporté 142 millions de passagers l’an dernier, devant Ryanair, à 139 millions. Avec Alitalia dans son portefeuille, Lufthansa afficherait un trafic de 165 millions de passagers. IAG totalisait pour sa part 113 millions de voyageurs en 2018. Avec Air Europa, le groupe passerait à près de 125 millions, laissant loin derrière lui Air France-KLM, à 101 millions, et easyJet avec 92 millions de passagers.

Parmi les trois leaders européens, le groupe Lufthansa a pour l’instant parfaitement intégré ses diverses marques. Tandis que Lufthansa et Swiss se positionnent sur un segment premium, Austrian Airlines propose un modèle hybride, alors que Brussels Airlines et Eurowings ciblent davantage le trafic de point-à-point.

« Champion européen, le groupe Lufthansa a transporté 142 millions de passagers l’an dernier, devant Ryanair, à 139 millions. »

La taille du groupe allemand n’empêche pas la faiblesse de certaines de ses filiales. Ainsi, en novembre dernier, Lufthansa présentait un plan de restructuration drastique à la fois pour Brussels Airlines et pour Austrian. Désormais, Brussels Airlines va surtout se spécialiser sur les liaisons entre l’Europe et l’Afrique sub-saharienne, couverte par 17 destinations. Quant à Austrian, elle subit la présence de bases de quatre transporteurs low cost à Vienne, mais peut jouer sur l’excellence de ce hub vers les destinations d’Europe de l’Est, du Moyen-Orient et d’Asie.

IAG a adopté le même modèle multimarques que son homologue allemand. Deux compagnies premium forment ainsi le cœur d’IAG – British Airways et Iberia – avec pour atout principal leurs excellents réseaux vers les Amériques. S’y ajoutent deux transporteurs hybrides, l’Irlandais Aer Lingus et bientôt Air Europa, et deux compagnies pour le trafic de point-à-point, Vueling et Level. Quant à Air France-KLM, “sa première priorité a été la simplification de son portefeuille de marques avec la suppression de Joon et la réintégration puis disparition de HOP”, expliquait récemment Anne Rigail, directrice générale d’Air France.

Une plus grande flexibilité de gestion à la fois de la flotte et des moyens humains va permettre de peaufiner la stratégie définie début novembre par le directeur général du groupe Benjamin Smith qui s’articule autour de trois marques fortes : Air France sur un segment premium jouant la carte du raffinement à la française, KLM sur le trafic de correspondance avec son hub de Schiphol et Transavia pour le trafic dit de loisirs. Un Transavia qui a d’ailleurs l’ambition de devenir la première compagnie low cost basée en France, laquelle ambition est actuellement quelque peu contrariée par l’absence d’appareils et de pilotes. Enfin, si l’occasion d’acquérir un autre transporteur se présente, Air France-KLM annonce vouloir y réfléchir, étant, selon sa direction, “consciente du mouvement de consolidation en Europe”.

Avenir en suspens

Autour de ces trois groupes gravitent encore une quinzaine d’autres compagnies en Europe. Mais toutes résisteront-elles ? Le futur de SAS Scandinavian Airlines, qui a perdu ces dernières années des parts de marché sur le trafic en transfert au profit de Finnair à Helsinki et de KLM à Amsterdam, reste en suspens. Sur le long terme, il lui faudra probablement se rapprocher d’un partenaire – on évoque la compagnie polonaise LOT – ou alors carrément intégrer un mégagroupe.

L’avenir de Turkish Airlines est en revanche bien plus prometteur, son développement étant assuré grâce au nouvel aéroport d’Istanbul, capable de concurrencer les méga-hubs des transporteurs du Golfe. Sixième compagnie d’Europe avec 75 millions de passagers, elle s’enorgueillit d’avoir le plus grand réseau aérien du monde avec plus de 300 destinations couvertes. Autre géant européen avec ses 56 millions de passagers, Aeroflot a elle aussi peu de chance de voir son statut indépendant menacé, la compagnie bénéficiant d’un marché captif – et fidèle – en Russie et dans les anciennes républiques soviétiques.

« Au Moyen-Orient, la démultiplication des compagnies aériennes constatée ces vingt dernières années a probablement atteint ses limites. »

La pérennité est également a priori assurée pour trois compagnies positionnées sur des créneaux de niche : Finnair, TAP Air Portugal et LOT Polish Airlines. Ces trois transporteurs ont chacun développé leur propre spécificité : Finnair joue la carte d’un axe Europe-Asie, TAP Air Portugal est le chantre du trafic entre l’Europe et le Brésil et LOT Polish Airlines est en train de réussir son pari de devenir le transporteur de référence en Europe Centrale. Sa croissance est même fascinante, la compagnie étant passée de 4,3 millions de passagers en 2015 à 10 millions en 2019. LOT démultiplie les vols vers l’Asie et les États-Unis depuis Varsovie et a lancé un second hub à Budapest.

Au Moyen-Orient, la démultiplication des compagnies constatée ces vingt dernières années a probablement atteint ses limites. Dans un marché local de seulement 55 millions d’habitants se côtoient à la fois trois transporteurs de taille globale –Emirates, Etihad et Qatar Airways – et quatre compagnies challengers que sont Gulf Air, Oman Air et Saudia Airlines.

On entend cependant parler davantage de coopération qu’autrefois – le rapprochement commercial de Gulf Air et Saudia est-il le prémice à une fusion potentielle ? –, sans oublier le serpent de mer régulièrement évoqué que constituerait une fusion d’Emirates et d’Etihad. Il est vrai que le rationnel ne semble pas avoir de prise sur ces deux transporteurs de même nationalité et qui se livrent une compétition acharnée via leur deux méga hubs distants de 130 km seulement !

Orgueil national

C’est en Asie que la concentration partout constatée risque le plus d’échouer, les sentiments de fierté nationale étant plus exacerbés qu’ailleurs dans cette partie du monde. Seules la Chine et la Corée pourraient rationaliser leur industrie aérienne par de possibles fusions. Les trois grandes compagnies chinoises – China Southern, China Eastern et Air China – transportent chacune plus de 100 millions de passagers par an, représentant plus de 60 % de tout le trafic du pays. Ce qui laisse encore 40 % de parts de marché à d’autres… Du côté de la Corée, les difficultés d’Asiana pourraient à terme conduire à une fusion avec son rival Korean Air. Quant à l’Asie du Sud-Est, chaque gouvernement est trop orgueilleux pour laisser filer son transporteur national. Thai Airways International l’apprend par exemple à ses dépens. La compagnie nationale thaïlandaise a pour principal actionnaire le ministère thaïlandais des Finances. Plans de redressement et nouvelles pertes se succèdent, mais au moins, l’honneur est sauf !

L’avenir du low cost selon Michael O’Leary, PDG de Ryanair

Michael O’Leary, le bouillonnant PDG de Ryanair, n’a pas la langue dans sa poche et aime à dresser le portrait du transport aérien low cost en Europe. Dans une récente interview accordée à Reuters, il prévoit la prochaine disparition de son concurrent Norwegian, qu’il juge en mauvaise posture financière en raison de l’accumulation de ses pertes. La récente vente d’appareils par Norwegian ne ferait, à ses yeux, qu’en retarder l’échéance. Au passage, l’homme d’affaires irlandais ne se gêne pas pour égratigner ses concurrents : “Dans les prochaines années, nous allons pousser dehors les compagnies qui se targuent d’être des transporteurs à bas coûts, les Wizz Air ou easyJet. Pour autant, elles ne mordront pas la poussière, car elles se retrancheront dans leurs ‘tours d’ivoire’ que sont Gatwick, Roissy ou Schiphol où nous ne pouvons pas les concurrencer. Mais hors de ces bastions, Ryanair sera bien le seul transporteur low cost”. Pari ouvert.

Les alliances sont-elles un phénomène dépassé ?

La consolidation du transport aérien fait une autre victime, les alliances, qui se retrouvent désormais fragilisées. Très marqués “années 90”, ces instruments stratégiques remontent à une époque où il était encore difficile, pour un investisseur étranger, de monter au capital d’une compagnie aérienne dans un autre pays. Ce n’est plus le cas aujourd’hui avec l’accélération des fusions entre transporteurs. Par exemple, le rachat du groupe sud-américain LATAM par Delta se traduira par le départ de la compagnie de l’alliance oneworld pour faire son entrée dans celle de Delta, c’est-à-dire Skyteam. à l’inverse, l’acquisition d’Air Europa par IAG verra le transporteur espagnol troquer Skyteam pour oneworld.

En parallèle se forgent de plus en plus de joint-ventures entre les transporteurs aériens. Ces partenariats couvrent à la fois des segments de marchés stratégiques, mais aussi des participations financières à l’instar par exemple du joint-venture d’Air France-KLM avec Delta Air Lines et Alitalia sur l’Atlantique Nord, ou encore le joint-venture qui inclura Air France-KLM, China Eastern et Virgin Atlantic à partir de 2020. Les alliances y survivront sans doute, car elles apportent tout de même une plus-value au passager. Mais elles devront néanmoins faire preuve d’encore plus de souplesse dans la gestion de leurs membres aux parcours fluctuants.

 

Revue de presse 10 Avril : • L’UE veut prolonger la fermeture des frontières extérieures jusqu’au 15 mai • Air France-KLM : Djebbari confirme les négociations de prêts de six milliards d’euros • Trafic Air France-KLM : – 56,6% en mars…

Revue de presse 24 Janvier : • La croissance du nombre de touristes dans le monde a ralenti en 2019
 • La privatisation d’Aéroports de Paris, un enjeu majeur de démocratie et d’écologie


Au sommaire :  

 

  • La croissance du nombre de touristes dans le monde a ralenti en 2019

  • Aéroport de Rennes : recul du trafic et fermeture de piste

  • La privatisation d’Aéroports de Paris, un enjeu majeur de démocratie et d’écologie

  • TUI France : la reprise par Marietton est imminente

  • Air France renforce son offre durant la période estivale

  • XL Airways est de retour… dans une vente aux enchères

 

 

La croissance du nombre de touristes dans le monde a ralenti en 2019

L’Echo Touristique – 20/01/2020

Si 2019 n’atteint pas les chiffres record des deux années précédentes, la tendance reste positive, affichant une hausse de 4%.

La croissance du nombre de touristes dans le monde a ralenti en 2019 à 4%, en raison notamment du ralentissement économique mondial, des incertitudes géopolitiques et du Brexit, a annoncé lundi l’Organisation mondiale du tourisme (OMT). Au total, l’OMT a enregistré 1,5 milliard d’arrivées de touristes internationaux en 2019. En 2017 et 2018, le nombre de touristes internationaux avait augmenté respectivement de 7% et 6%. « Le ralentissement est lié à la performance de l’économie mondiale, avec une croissance économique aux environs de 3% », a expliqué Sandra Carvao, responsable des tendances de marché à l’OMT, citant également « une incertitude assez forte liée au Brexit », la « faiblesse de l’économie allemande » et l’impact des « problèmes géopolitiques ». La faillite du voyagiste britannique Thomas Cook a aussi contribué au ralentissement, selon l’OMT. 

Le Moyen-Orient tire la croissance

Ce ralentissement est toutefois à mettre en perspective, puisqu’il intervient après deux années de croissance spectaculaire. 2017 et 2018 « n’étaient pas des années de croissance normale (…). Nous revenons aux niveaux historiques de croissance du tourisme international ». Les régions les plus touchées par le ralentissement sont l’Europe, où le nombre de touristes a progressé de 4% contre 6% en 2018, et l’Asie-Pacifique, (+5% contre +7% en 2018), où s’est fait sentir l’impact de la crise politique à Hong Kong. L’Afrique a également vu fortement ralentir les arrivées (+4% contre +9% en 2018). La croissance a été nourrie par la reprise au Moyen-Orient (+8% de touristes contre +3% en 2018), due notamment au plan ambitieux lancé par l’Arabie saoudite pour attirer les touristes étrangers. La France, l’Espagne et les Etats-Unis devraient rester en tête des pays les plus visités, dans cet ordre selon les données provisoires disponibles pour 2019. En 2020, la hausse mondiale du nombre de touristes devrait rester du même ordre (3-4%).

 

Aéroport de Rennes : recul du trafic et fermeture de piste

Air Journal – 23/01/2020

L’aéroport de Rennes-Bretagne a vu son trafic reculer de 0,6% l’année dernière, notamment en raison des fermetures de routes d’Air France, et va être fermé au mois de mars pour des travaux sur la sa piste. Mais les compagnies aériennes easyJet et Lufthansa lui permettent d’envisager une année 2020 meilleure.

Avec 852.000 passagers en 2019, la plateforme rennaise n’a donc ni battu un nouveau record ni franchi le cap du million de clients, souffrant en particulier de la fermeture des liaisons vers Strasbourg et Bruxelles par Air France, qui a en outre réduit les fréquences vers Marseille, Nice et Amsterdam – pour une perte d’environ 48.000 clients. Mais le communiqué de Vinci Airports, gestionnaire de Rennes Bretagne, préfère revenir sur les bonnes nouvelles : Après Lyon et Genève, easyJet a lancé une nouvelle ligne vers Nice et réalisé une croissance de 132%, soit environ 70.000 passagers supplémentaires en 2019 ; « cette vague orange permet de compenser la baisse sur le réseau d’Air France ». L’ensemble du réseau domestique France enregistre « une belle croissance annuelle » de + 5.6%. 

L’activité fret totalise plus de 8600 tonnes de marchandises transportées en 2019. Ce chiffre devrait permettre à Rennes-Bretagne de conserver sa 9ème place dans le classement des aéroports régionaux.

En 2019 note par ailleurs Vinci Airports, l’aéroport de Dinard a accueilli 95.814 passagers, « ce qui représente une légère diminution de son activité de 11% ». Dinard est « très prisé » pour l’aviation d’affaires, avec 1184 passagers transportés en 2019 soit une progression de 15%.

L’année 2020 présente « d’excellentes perspectives », l’arrivée de la compagnie Lufthansa avec une ligne vers Francfort marquant « une étape majeure » dans le développement de la plateforme de Rennes : c’est l’unique accès depuis la Bretagne vers l’Allemagne, mais aussi « l’ouverture à un hub international de correspondances ». 2020 sera aussi la continuité du développement de la compagnie easyJet avec l’ouverture d’une troisième ligne domestique vers Toulouse ainsi que l’annualisation de la ligne vers Genève.

Petit problème toutefois, l’aéroport de Rennes affiche sur son site le message suivant : « Nous vous informons que la piste principale de l’aéroport de Rennes sera fermée du 2 au 28 mars 2020 (inclus) pour des travaux de rénovation et de mise en conformité. En conséquence, le programme de vols ne pourra pas être assuré pendant cette période. Nous vous invitons à contacter votre compagnie aérienne ou agence de voyages si vous devez voyager à ces dates. L’aérogare (commerces, restaurant…) restera ouverte ».

Outre les compagnies déjà citées, Rennes accueille les avions d’Aer Lingus, Chalair, Flybe, Iberia Express, TUI Fly Belgium, Volotea et Vueling.

 

La privatisation d’Aéroports de Paris, un enjeu majeur de démocratie et d’écologie

Reporterre – 23/01/2020 

Le projet de loi pour la tenue d’un référendum sur la privatisation, ou non, du groupe ADP, a jusqu’au 12 mars 2020 pour recueillir 4,7 millions de signatures. L’enjeu démocratique est majeur, comme l’enjeu écologique, alors que le trafic aérien continue de croître.

Le miracle arrivera-t-il, à presque 50 jours de la fin du recueil des signatures pour lancer le référendum d’initiative partagée sur la privatisation des aéroports de Paris (ADP) ? À la conférence-débat « Peut-on empêcher la privatisation d’ADP ? », organisée par le collectif des Économistes atterrés à l’université Paris 1 mardi 14 janvier 2020, l’humeur était morose.

La conférence a été menée par Paul Cassia, professeur de droit à la même université, David Cayla, économiste à l’université d’Angers et membre des Économistes atterrés et Martine Orange, journaliste économique à Mediapart. Tous les trois sont engagés en faveur du référendum d’initiative partagée (RIP) et contre la privatisation du groupe ADP, anciennement Aéroports de Paris — le numéro un mondial de la gestion aéroportuaire en nombre de passagers (aujourd’hui, l’État est actionnaire majoritaire à 50,6 %). Ils ont dressé un bilan navré de ce nouvel exercice démocratique et de l’avenir des infrastructures aéroportuaires franciliennes.

Lancée le 9 avril 2019 par 185 représentants de tous les groupes parlementaires, cette première utilisation du RIP — inscrite dans la constitution depuis 2008 — vise « à affirmer le caractère de service public national de l’exploitation des aérodromes de Paris ». La procédure, qui se termine le 12 mars 2020, doit rassembler un dixième du corps électoral, soit 4.717.396 signatures pour aboutir à un référendum. Ce chiffre était, le 17 janvier 2020, de 1.069.600 environ — un peu plus de 20 % des soutiens nécessaires.

« Tout est fait pour que ça ne fonctionne pas » 

Paul Cassia a regretté ce soutien insuffisant. « Les chiffres sont très en deçà des espérances. C’est surprenant, alors que le pouvoir est aujourd’hui contesté de toutes parts : ce référendum d’initiative parlementaire est un moyen de lui dire “merde” [sic].Peut-on empêcher la privatisation d’ADP ? La réponse est oui. La question est plutôt pourquoi nous ne le faisons pas. » Il émet deux hypothèses : « Soit le peuple est indifférent, soit il n’en voit pas les enjeux. »

Le site de récolte des soutiens lui-même ne facilite pas l’obtention des soutiens nécessaires, a estimé Paul Cassia. « Le site a été mis en œuvre le 13 juin 2019 et a coûté environ 300.000 euros. Il n’a pas été créé pour être fonctionnel : l’exécutif n’a aucun intérêt à ce que cela soit facile de déposer un soutien. » Lors du débat, une personne s’est plainte ainsi d’un « site qui beugue » et sur lequel « tout est fait pour que ça ne fonctionne pas ». Une autre personne, plus âgée, déplore que soutenir le RIP « se fasse uniquement par voie informatique ».

Pour David Cayla, le manque de signatures relève plutôt d’un phénomène courant dans les formes d’engagement politique. « Aujourd’hui, les pétitions ou les votes ne dépassent pas vraiment les cercles militants. Il s’agit alimenter la préoccupation des gens sur ce sujet, qui reste bien souvent en arrière-plan. » Malgré le fait que la procédure du RIP a été déposée par des représentants de tous les groupes parlementaires, un membre du public a estimé que seule la gauche s’est engagée sur cette question.

Par ailleurs, a dit Martine Orange, cette privatisation serait inconstitutionnelle. « Dans la Constitution, il est interdit de privatiser tout monopole physique. Or, le Conseil d’État a décidé que c’était possible, vu qu’ADP ne desservait pas l’ensemble des territoires et que ses aéroports étaient en concurrence avec ceux de Londres, Marseille… » Le groupe ADP représente pourtant 85 % du trafic aérien français, et serait « décisif pour les communautés locales », selon Martine Orange.

« Comment fera-t-on pour réorganiser les flux de transport ? » 

Pour David Cayla, le groupe ADP est d’une importance stratégique dans la politique climatique nationale. Le livrer totalement au privé priverait l’État d’un levier d’action climatique majeur. « Comment fera-t-on pour réorganiser les flux de transport face à un acteur qui fera du lobbying et cherchera à contrecarrer toute entrave à sa croissance ? Les projets ne seront pas menés dans une logique de réaménagement du territoire mais de rentabilité. »

C’est un argument que, dans un livre publié récemment, le journaliste Daniel Schneidermann a développé. « Outil d’aménagement du territoire, un aéroport est aussi un outil de politique climatique. Il pourrait éventuellement demain inciter ADP à favoriser les avions moins gourmands en kérosène, ou utilisant davantage de biocarburants. Autant de leviers de politique écologique qui seront plus lourds à manier, en cas de privatisation, si chaque détail n’a pas été explicitement prévu dans le contrat de concession », explique-t-il à Reporterre.

En tout cas, la bataille n’est pas perdue. Selon Martine Orange, « un million de soutiens, c’est déjà extraordinaire. Il faut se battre jusqu’au bout » et « profiter des municipales pour titiller les maires franciliens sur cette question, qui les concerne directement ».

 

XL Airways est de retour… dans une vente aux enchères

Le Quotidien du Tourisme – 22/01/2020

L’information a été relayée d’abord dans la presse spécialisée aéronautique. XL Airways est mis en vente aux enchères. Ou plus précisément ses actifs. La vente a débuté hier et se tiendra jusqu’au 28 janvier prochain.

Ce sont les pièces aéronautiques et consommables, puis l’outillage aéronautique Airbus, Boeing et Rolls-Royce qui sont mis en vente les 21, 22 et 23 janvier. Viendront ensuite le matériel informatique, le mobilier de bureau et le catering les 24 et 28 janvier prochains. L’ensemble de ces ventes aux enchères se déroulent à Roissy.

A l’instar de la procédure engagée actuellement pour les marques de Jet tours, les marques et noms de domaine détenus par XL Airways sont également à vendre. Au total, 19 marques françaises et étrangères et noms de domaine sont ainsi concernés (XL Airways, XL Air, XLAirways.com, XL Club, XL Holidays, XL Vacances…). Selon les informations d’air-journal.com, l’ensemble du lot est évalué entre 600 000 et 1 million d’euros. Rendez-vous le 27 janvier prochain à l’Union des fabricants, dans le 16earrondissement de Paris, pour connaître les noms des repreneurs.

Tous les lots sont visibles sur le site web Interencheres.com. Cette vente aux enchères est organisée la SELARL F. Wedrychowski – F. Magnin, installée rue Drouot dans le 9earrondissement de la capitale.

Pour rappel, XL Airways a fait faillite en septembre 2019, à quelques jours d’intervalle seulement avec le groupe Thomas Cook et la compagnie aérienne tricolore Aigle Azur.

 

TUI France : la reprise par Marietton est imminente

Tour Hebdo – 23/01/2020

Le groupe TUI devrait dans les tout prochains jours concrétiser le désengagement de sa filiale française dans le cadre d’un partenariat avec Marietton Développement.

Selon nos informations et des rumeurs de plus en plus insistantes, les deux parties auraient fini par trouver un terrain d’entente, au terme de très longs mois de négociations. Si la direction de TUI France ne fait aucun commentaire et que Laurent Abitbol, président de Marietton Développement, répond sobrement « joker » à la question de l’imminence d’une signature, plusieurs sources proches du dossier affirment, en revanche, que « cela sera signé la semaine prochaine ».  

Pour le groupe TUI, qui pourrait dupliquer à TUI France le modèle utilisé pour le désengagement de la compagnie Corsair en janvier 2019, l’enjeu est de sortir enfin d’un marché français où il accumule les pertes depuis des années. Même la défaillance de Thomas Cook en modifiant la donne n’a semble-il pas fait évoluer sa position.

« C’est trop tard », nous confiait Hans Van De Velde, PDG de TUI France en septembre dernier en évoquant la nécessité de trouver « un modèle d’association vertueuse entre acteurs du marché ».

Les salariés toujours dans l’incertitude

Les modalités de l’accord trouvé avec Marietton Développement ne sont pas encore connues mais devraient vraisemblablement prendre la forme d’une location-gérance. Qu’en sera-t-il notamment d’un éventuel et drastique plan social évoqué depuis des semaines ? S’ils s’en inquiètent les salariés de TUI France souhaitent en tout cas « qu’il se passe enfin quelque chose ».

« Nous sommes dans l’attente et l’incertitude depuis octobre 2018 », s’agace Lazare Razkallah, secrétaire du CSE de TUI France. « Les rumeurs ne cessent en effet d’enfler. Il faut que la direction et le groupe prennent enfin leurs responsabilités », rappelant que le CSE est formellement « opposé à tout projet de partenariat ».  

Nicolas Delord aux manettes ?

Le CSE extraordinaire, qui se tiendra demain matin au siège de Levallois, a pour ordre du jour le futur déménagement de TUI France d’ici septembre prochain. Il n’est pas corrélé, a priori, à un futur plan social, précise le secrétaire du CSE. Un litige avec le bailleur et le besoin de faire des économies, le justifient. Les nouvelles implantations envisagées, dont Gennevilliers, peuvent d’ailleurs toutes accueillir l’ensemble du personnel actuel.

L’arrivée d’un nouveau partenaire bouleversera en revanche à coup sûr l’organigramme à la tête de TUI France. « Un nouveau partenaire ne pourra pas totalement accorder sa confiance au Comex actuel puisque celui-ci n’a pas réussi à redresser les résultats de l’entreprise », aurait déclaré en substance Hans Van De Velde en décembre dernier au CSE qui lui posait la question. La future gouvernance « serait partagée » entre les deux parties assurait alors le PDG.

Le nom de Nicolas Delord, ancien président de Thomas Cook France, revient avec insistance dans les pronostics. Marietton Développement pourrait-il lui confier les manettes pour le redressement de TUI France ? A suivre mais les représentants du personnel ont également déjà fait connaître leur hostilité à cette option. On en saura plus très rapidement.

 

Air France renforce son offre durant la période estivale

Déplacement Pros – 23/010/2020

Sont annoncées, au départ de Paris CDG, des nouvelles liaisons vers Djerba, Thessalonique, Santorin et Mykonos du 13 juillet au 30 août. La ligne vers la Tunisie opérera 4 fois par semaine ; 3 fois par semaine vers Thessalonique; 1 fois par semaine pour Santorin et 2 fois par semaine vers Mykonos. 

Un vol hebdomadaire volera également entre Calvi et Brest du 20 juin au 26 septembre 2020.

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