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Au sommaire :  

 

  • L’UE veut prolonger la fermeture des frontières extérieures jusqu’au 15 mai

  • Transport aérien : 65,5 millions d’emplois directs et indirects menacés dans le monde

  • Air France-KLM : Djebbari confirme les négociations de prêts de six milliards d’euros

  • Faillite compagnies aériennes : 100 députés français demandent la création d’un “fond passagers”

  • Trafic Air France-KLM : – 56,6% en mars

  • Le nombre de passagers d’Air France-KLM s’est effondré en mars

  • Lufthansa arrête les opérations de Germanwings

  • Coronavirus: Korean Air met 70% de son personnel en congé

  • Malaysia Airlines : une offre de 2,5 milliards de dollars

  • Non au sauvetage inconditionnel du secteur aérien!

  • Les Français pourront-ils partir en vacances cet été? 

 

L’UE veut prolonger la fermeture des frontières extérieures jusqu’au 15 mai

La Tribune du 08/04/2020

La Commission européenne a invité les Etats membres à prolonger jusqu’au 15 mai l’interdiction des voyages non essentiels vers l’UE, qui avait été décidée le 17 mars pour un mois en raison de la pandémie de nouveau coronavirus.

La reprise du transport aérien n’est pas pour demain. La Commission européenne a invité mercredi les Etats membres à prolonger jusqu’au 15 mai l’interdiction des voyages non essentiels vers l’UE, qui avait été décidée le 17 mars pour un mois en raison de la pandémie de nouveau coronavirus.

“L’expérience des Etats membres et d’autres pays exposés à la pandémie montre que les mesures en oeuvre pour combattre la propagation du virus requièrent plus que 30 jours pour être efficaces”, a indiqué la Commission dans un communiqué.

Un certain nombre d’exceptions

Cette fermeture des frontières extérieures de l’UE compte un certain nombre d’exceptions (ressortissants européens et leur famille, résidents de longue date, diplomates, personnel soignant, chercheurs, transfrontaliers…). Les ressortissants britanniques, dont le pays a quitté l’UE le 31 janvier, sont une autre exception et ne sont pas concernés par la mesure.

Le Royaume-Uni, qui ne fait pas partie de l’espace Schengen, ne s’est pas rallié à cette fermeture des frontières extérieures, pas plus que l’Irlande.

 

Transport aérien : 65,5 millions d’emplois directs et indirects menacés dans le monde

Tourmag du 08/04/2020

Dans sa conférence de ce mardi 7 avril, Alexandre de Juniac a dressé un constat catastrophique de la situation du transport aérien. Quelque 61 milliards de dollars pourraient disparaître des réserves de liquidités au cours du deuxième trimestre seulement. La demande est en chute libre. Dans le monde, il est en baisse de 70% par rapport à l’année dernière – 90% en Europe. Et cela pourrait même empirer. 25 millions d’emplois directs et indirects menacés dans le monde. Extraits.

Si les avions ne volent pas, la viabilité de bon nombre de ces emplois disparaît, a averti Alexandre de Juniac lors de la conférence de presse de l’IATA ce mardi sur le COVID-19. “Nous estimons qu’environ 25 millions d’emplois sont menacés jusqu’à ce que le secteur de l’aviation fonctionne à nouveau, a-t-il mis en garde.
25 millions de personnes équivaut à l’ensemble de la main-d’œuvre italienne et supérieur à la main-d’œuvre des principaux pays industrialisés comme l’Espagne ou le Canada. (…) Les gouvernements doivent accorder d’urgence une aide financière aux compagnies aériennes.

“Faire de la viabilité des compagnies aériennes une priorité…”

Nous continuons de demander aux gouvernements: (un) Soutien financier direct; (des) Prêts, garanties de prêts et soutien au marché des obligations de sociétés par le gouvernement ou les banques centrales, et Allégement fiscal. (…) Nous pensons que les gouvernements doivent faire de la viabilité des compagnies aériennes une priorité.
La vitesse est essentielle. Les compagnies aériennes disposent en moyenne de deux mois de liquidités. Et de nombreuses compagnies aériennes sont déjà dans la troisième semaine de fermetures majeures de leurs activités. (…) Les compagnies aériennes ont été largement fermées pendant quelques mois, le redémarrage est une chose compliquée. Les licences peuvent avoir expiré ou les dates d’audit de sécurité être passées. Les certificats de navigabilité peuvent ne plus être valides. Les avions auront besoin de quelques travaux de maintenance… (…)
Nous n’avons jamais fermé l’industrie à l’échelle mondiale auparavant. Ce sera donc une première pour une réouverture.(…)

 

Air France-KLM : Djebbari confirme les négociations de prêts de six milliards d’euros

La Tribune du 08/04/2020

Les informations selon lesquelles Air France-KLM pourrait avoir besoin d’une ligne de crédit de six milliards d’euros pour faire face à la crise du coronavirus sont réalistes, a jugé mercredi le secrétaire d’Etat français aux Transports, Jean-Baptiste Djebbari. “Tout est envisageable et tout est prêt”, a ajouté Bruno Le Maire au sujet des aides de l’Etat à Air France et à Renault.

L’Etat se tient prêt à renflouer le capital d’Air France et de Renault face à la crise du coronavirus, a indiqué mercredi le ministre de l’Economie Bruno Le Maire.

“Je vais être très bref, tout est possible, tout est envisageable, tout est prêt”, a déclaré le ministre de l’Economie et des Finances, Bruno Le Maire, à la sortie du conseil des ministres.

Ce matin, le secrétaire d’Etat aux transports Jean-Baptiste Djebbari a confirmé sur LCI les six milliards d’euros environ dont a besoin le groupe d’Air France-KLM pour survivre.  Dévoilé par Reuters la semaine dernière, cet ordre de grandeur avait été confirmé à La Tribune par un connaisseur du dossier.

“C’est à peu près ces horizons financiers. C’est en discussion. Vous annoncez un volume qui n’est pas irréaliste, donc je peux le confirmer”, a déclaré Jean-Baptiste Djebbari.

Soutien des deux Etats

Négociés avec des banques françaises et néerlandaises, ce montant serait couvert par deux prêts. L’un à hauteur de 2 milliards d’euros environ pour KLM, et l’autre de 4 milliards d’euros pour Air France. Celui de la compagnie néerlandaise sera garanti par l’Etat néerlandais, celui d’Air France par l’Etat français. Pour rappel, la France et les Pays-Bas sont les deux principaux actionnaires d’Air France-KLM, à hauteur de 14,3% et 14% respectivement.

“C’est en discussion évidemment avec les services de Bercy, l’agence des participations de l’Etat et nos homologues néerlandais”, a ajouté Jean-Baptiste Djebbari.

 

Faillite compagnies aériennes : 100 députés français demandent la création d’un “fond passagers”

Tourmag du 09/04/2020

Sous l’impulsion de Pascale Fontenel-Personne, députée de la Sarthe et co-présidente du groupe d’étude « Tourisme » à l’Assemblée Nationale, 100 députés ont écrit à la présidente de la Commission Européenne pour l’inciter à créer un “fond passagers” garantissant aussi bien les voyageurs que les agents de voyages en cas de faillite de la compagnie.

Un courrier signé par 100 députés et écrit à l’initiative de Pascale Fontenel-Personne, péputée de la Sarthe et co-présidente du groupe d’étude « Tourisme » à l’Assemblée Nationale a été envoyé à la présidente de la Commission européenne, Ursula Von Der Leyen afin de la sensibiliser aux pratiques de IATA qualifiées d’abusives par les agences de voyages. Pascale Fontenel-Personne a reçu le 3 avril dernier le CEDIV, les Entreprises du Voyages, le SNRT, le SETO ainsi que d’autres entreprises du tourisme afin de lancer ce courrier d’initiative parlementaire. Objectif : inciter la commission européenne à appliquer le règlement européen 261/2004 qui prévoit de rembourser les billets non volés et annulés aux passagers et aux agences de voyages.
“Cette position a été réaffirmée par la Commission Européenne dans son communiqué du 18 mars 2020. Alors appliquons-la.” indique le courrier signés des 100 parlementaires qui demandent surtout la mise en place d’urgence d’un “fond passagers” garantissant aussi bien les voyageurs que les agents de voyages en cas de faillite de la compagnie.

Comme le précise la député de la Sarthe, “la mise en place d’une garantie financière sur le transport aérien est un serpent de mer de la vie politique. À chaque faillite, l’idée et le débat resurgissent”.
L’objectif est de “trouver le compromis permettant de protéger toute la chaîne commerciale : du consommateur au producteur comme l’agent de voyages.”
“Cette fois-ci, nous ne pouvons y échapper. C’est l’une des conditions essentielles du rebond économique commun du secteur touristique et aérien qui permettra de rassurer durablement la filière” souligne Pascale Fontenel-Personne, députée de la Sarthe. La co-présidente du groupe d’études « Tourisme » de l’Assemblée nationale avait déjà condamné le 18 mars dernier les tarifs excessifs de certaines compagnies aériennes lors des rapatriements des Français bloqués à l’étranger.

 

Trafic Air France-KLM : – 56,6% en mars

Air journal du 09/04/2020

Pandémie de Covid-19 oblige, le trafic du groupe aérien franco-néerlandais a chuté de 56,6% en mars avec 3,597 millions de passagers. Air France affiche -58,8%, quand KLM Royal Dutch Airlines perd 54% et la low cost Transavia 56,6%,

Les statistiques d’Air France-KLM pour mars 2020 sont « fortement impactées par le COVID-19, reflétant l’extension progressive des réductions de capacité suite à l’expansion mondiale du virus ». Des vols spéciaux ont été opérés par Air France, KLM et Transavia pour rapatrier les citoyens dans leur pays d’origine, en étroite collaboration avec les gouvernements français et néerlandais, précise le communiqué du groupe. Pour avril et mai 2020, le Groupe prévoit que « plus de 90% de la capacité prévue sera suspendue en raison des restrictions de voyage imposées au niveau mondial » pour contrer la propagation du coronavirus ; Air France et KLM ont l’intention de continuer à desservir des paires de villes clés à partir de leurs hubs respectifs sous forme d’opérations réduites. Au-delà de mai 2020, le groupe n’est actuellement « pas en mesure de fournir des informations en raison du niveau élevé d’incertitude sur la durée de la crise » ; il suit l’évolution de la situation au quotidien « en évaluant en conséquence si des ajustements complémentaires sont nécessaires sur le réseau ».

En mars 2020, Air France-KLM affiche une baisse de 50,6% du trafic en PKT (passager kilomètre transporté), sur des capacités en SKO (siège kilomètre offert) en recul de 35,5. Le coefficient d’occupation global du groupe, toutes filiales comprises, recule de 20,5 points de pourcentage à 67,1%. La recette unitaire au siège kilomètre offert (RSKO) n’est pas mentionnée dans le communiqué publié ce jeudi matin.

L’activité passage réseaux, regroupant les compagnies aériennes Air France (HOP incluse) et KLM, a accueilli 3,065 millions de passagers en mars, un résultat en baisse de 56,9% par rapport au même mois l’année dernière. Le trafic en PKT recule de 51,0% sur des capacités en SKO baissant de 34,8%, pour un coefficient d’occupation à 65,4% (-21,6 points). Le nombre de voyageurs sur le seul long-courrier recule de 48,6% (1,166 million de passagers), et en particulier de 49,5% sur l’Amérique du nord, de 37,7% sur l’Amérique latine et de 65,8% vers l’Asie ; il est également en baisse de 41,8% sur l’Afrique et le Moyen-Orient et de 38,2% vers les Caraïbes-Océan Indien. Le coefficient d’occupation moyen sur le long-courrier est de 66,7% (-21,0 points). L’activité court et moyen-courrier est en baisse de 60,8% avec 1,899 million de passagers, et une occupation à 58,8% (-25,5 points).

Air France (incluant désormais sa filiale régionale HOP) a accueilli en mars 1,795 million de passagers, un résultat en baisse de 58,8%. Le trafic en PKT recule de 52,5% sur des capacités en SKO en baisse de 37,0% ; le coefficient d’occupation a perdu 21,3 points de pourcentage à 65,3%. Le court et moyen-courrier affiche 1,109 million de passagers (-62,9%), avec une occupation à 59,6% (-23,4 points) ; le long-courrier a transporté 686.000 voyageurs (-49,7%), avec une occupation moyenne à 66,4% (-21,1 points).

KLM Royal Dutch Airlines a de son côté accueilli 1,271 million de passagers le mois dernier (-54,0%), avec un  trafic en PKT à -48,9% sur des capacités en SKO à -31,6% ; le coefficient d’occupation s’établit à 65,4% (-22,1 points). Le court et moyen-courrier affiche 790.000 passagers (-54,7%), avec une occupation à 57,8% (-28,5 points) ; le long-courrier a transporté 480.000 voyageurs (-46,9%), avec une occupation en baisse de 20,9 points à 67,0%.

Transavia, la filiale low cost du groupe de l’alliance SkyTeam, a accueilli le mois dernier 532.000 passagers (-54,6%), avec une baisse de capacité (-43,3%) inférieure à celle du trafic en PKT (-46,3%) ; le coefficient d’occupation recule de 4,9 points par rapport à mars 2019, à 89,3%.

Enfin l’activité fret d’Air France-KLM a vu son trafic mensuel en TKT (tonne kilomètre transporté) baisser de 28,8% le mois dernier, sur des capacités en baisse de 27,8% ; le taux de remplissage recule de 0,8 point de pourcentage à 61,5%. Dans le détail, le cargo Air France voit son taux de remplissage chuter en mars de 2,0 point à 55,2%, sur un trafic en TKT en baisse de 22,5%, quand le taux de remplissage du cargo KLM perd 0,2 point à 67,3% sur un trafic en TKT en baisse de 24,7%.

Sur les trois premiers mois de l’année 2020, Air France-KLM a vu son trafic reculer de 20,1% avec 18,111 millions de passagers transportés, et un coefficient d’occupation en baisse de 6,1 points de pourcentage à 80,7%.

 

Le nombre de passagers d’Air France-KLM s’est effondré en mars

Les Echos du 09/04/2020

Le groupe franco-néerlandais a fait état d’une chute de 56,6 % du nombre de passagers en mars par rapport à mars 2019. S’il maintiendra certaines dessertes, il a précisé qu’il ne donnerait plus de prévisions au-delà du mois de mai, compte tenu des incertitudes sur la durée de la crise du coronavirus.

La crise du coronavirus vide le secteur aérien de ses passagers. Ce jeudi, le groupe Air France-KLM a annoncé que son nombre de clients transportés s’est effondré de 56,6 % en mars, par rapport à la même période l’an dernier.

La zone Asie, berceau de la pandémie de Covid-19 , a enregistré le plus fort recul, avec un plongeon de 65,7 %. Viennent ensuite l’Amérique du Nord (-48,9 %) et la zone Afrique-Moyen Orient (-40 %). La desserte des destinations court et moyen-courrier s’est, elle, effondrée de près de 61 %.

« Niveau élevé d’incertitude sur la durée de la crise »

Pour avril, le transporteur anticipe même « que plus de 90 % de la capacité prévue sera suspendue », en raison des mesures de confinement et des restrictions de voyages mises en place dans de nombreux pays. Air France-KLM compte toutefois « continuer à desservir des paires de villes clés à partir des hubs » d’Amsterdam-Schipol et Paris-Charles-de-Gaulle, avec des opérations réduites.

Le groupe précise qu’il n’est pas en mesure de fournir des prévisions au-delà du mois de mai, « en raison du niveau élevé d’incertitude sur la durée de la crise ». Il ajoute qu’il « suit l’évolution de la situation au quotidien, en évaluant en conséquence si des ajustements complémentaires sont nécessaires ». Il suspend également la publication des communiqués de trafics mensuels « jusqu’à nouvel ordre », « en raison des fortes réductions de capacité liées au Covid-19 ».

Air France-KLM, comme l’ensemble des compagnies aériennes dans le monde, est frappé de plein fouet par la crise du coronavirus. Celle-ci pourrait, selon l’Association internationale du transport aérien (IATA), coûter au secteur 259 milliards de dollars en 2020.

Lundi, la directrice générale d’Air France, Anne Rigail, avait indiqué qu’Air France-KLM aurait besoin d’un soutien financier rapide, précisant que le groupe disposait « d’une trésorerie de 6 milliards d’euros ». Le ministre de l’Economie français, Bruno Le Maire, a assuré mercredi soir qu’Air France bénéficiera d’un « soutien massif » de la part de l’Etat, après avoir indiqué un peu plus tôt que la France se tenait prête à renflouer son capital ainsi que celui du groupe Renault.

 

Lufthansa arrête les opérations de Germanwings

Tourmag du 08/04/2020

Le groupe Lufthansa poursuit sa restructuration. Le transporteur a annoncé le retrait définitif de plusieurs appareils de sa flotte sur les différentes compagnies du groupe et l’arrêt des opérations de Germanwings. Le groupe va entamer des discussions avec les syndicats et comités d’entreprise.

Chez Lufthansa, six Airbus A380 et sept A340-600 ainsi que cinq Boeing 747-400 seront définitivement mis hors service. En outre, onze Airbus A320 seront retirés des opérations court-

Le Conseil d’Administration de Deutsche Lufthansa AG ne s’attend pas à ce que l’industrie aéronautique retrouve très rapidement les niveaux d’avant crise du coronavirus.
Selon lui, il faudra “des mois avant que les restrictions mondiales sur les voyages soient complètement levées et des années avant que la demande mondiale ne revienne aux niveaux d’avant crise”. Sur la base de cette évaluation, le Conseil d’Administration a décidé aujourd’hui de prendre des mesures de grande envergure pour réduire la capacité des opérations aériennes et de l’administration à long terme. La vente des six A380 à Airbus était déjà prévue pour 2022. La décision d’éliminer progressivement sept A340-600 et cinq Boeing 747-400 a été prise sur la base des inconvénients environnementaux et économiques de ces types d’avions, indique un communiqué de presse. Avec cette décision, Lufthansa va réduire la capacité de ses hubs de Francfort et de Munich.

Les opérations de vol de Germanwings seront interrompues

De plus, Lufthansa Cityline retirera également du service trois Airbus A340-300. Depuis 2015, le transporteur régional assure des vols vers des destinations touristiques long-courriers pour Lufthansa. Sur le segment des vols court-courriers, dix Airbus A320 supplémentaires devraient être progressivement retirés du marché. Les activités long-courriers d’Eurowings, qui sont gérées sous la responsabilité commerciale de Lufthansa, seront également réduites. En complément, l’objectif d’Eurowings de regrouper les opérations aériennes en une seule unité, qui avait été défini avant la crise, va maintenant être accéléré. Les opérations de vol de Germanwings seront interrompues.
Les programmes de restructuration déjà engagés chez Austrian Airlines et Brussels Airlines seront intensifiés en raison de la crise du coronavirus. Les deux compagnies s’emploient notamment à réduire leur flotte. SWISS International Air Lines adaptera également la taille de sa flotte en retardant les livraisons de nouveaux avions court-courriers et envisagera le retrait progressif des avions plus anciens. De plus, les compagnies aériennes de Lufthansa Group ont déjà résilié presque tous les accords de « wet lease » avec d’autres compagnies aériennes. Le groupe a entamé des discussions avec les syndicats et les comités d’entreprise pour trouver “de nouveaux modèles d’emploi.”

 

Coronavirus: Korean Air met 70% de son personnel en congé

Challenges du 08/04/2020

La compagnie aérienne sud-coréenne South Korean a annoncé la mise en congé de 70% de ses 19.000 employés en raison de la crise liée à la pandémie de coronavirus qui frappe durement le transport aérien.

De nombreuses compagnies aériennes internationales ont été contraintes de clouer au sol la quasi-totalité de leur flotte en raison des restrictions de circulation liées au Covid-19. Ce secteur est l’un des plus durement touchés par la crise financière liée au nouveau coronavirus.

Korean Air, l’une des plus grandes compagnies au monde, est le fleuron de Hanjin group, un des plus vastes conglomérats familiaux, appelés “chaebols”, qui dominent l’économie sud-coréenne, la 12e mondiale. La majorité de son personnel sera mise en congé pour six mois à compter du 16 avril en réponse à la “détérioration des conditions commerciales”, a déclaré Korean Air dans un communiqué.

Conformément aux usages en Corée du Sud, les employés percevront 70% de leur salaire habituel, dont la majeure partie – jusqu’à 90% selon certaines sources – sera financée par un plan gouvernemental en faveur des entreprises nécessitant un soutien financier pour faire face à la crise liée au coronavirus.

Le syndicat de Korean Air a accepté cette mesure qui vise à “partager les charges”, a déclaré la compagnie dont les dirigeants ont également consenti à des réductions de salaire. Cette mesure intervient après des mois de conflit au sein de la famille Cho concernant la prise de contrôle de la compagnie. Depuis des années, cette famille, mêlée à de multiples scandales, a défrayé la chronique.

L’aînée de la famille, Cho Hyun-Ah, avait notamment fait la une des journaux en 2014 après avoir forcé deux membres d’équipage à se mettre à genoux pour demander pardon après s’être vue servir des noix de macadamia dans leur sachet et non dans un bol.  Dernièrement, elle a cherché à évincer son frère Cho Won-tae de la présidence de Korean Air. Ce dernier a finalement obtenu, le mois dernier, le soutien des actionnaires. Avant même la crise liée au coronavirus, le groupe Hanjin était en difficulté.

Sa filiale Hanjin Shipping, premier armateur sud-coréen et septième mondial, avait fait faillite en 2017.

 

Malaysia Airlines : une offre de 2,5 milliards de dollars

Air journal du 08/04/2020

Une société privée malaisienne a présenté une offre de 2,5 milliards de dollars pour racheter intégralement la holding possédant la compagnie aérienne Malaysia Airlines. L’unique actionnaire, le fonds souverain Kazanah Nasional BhD, est sceptique sur sa réalité financière, surtout en pleine pandémie de coronavirus.

Afin de reprendre intégralement la société holding Malaysia Aviation Group (MAG) propriétaire de la compagnie nationale malaisienne, Golden Skies Ventures Sdn Bhd (GSV) a affirmé le 7 avril 2020 avoir obtenu « plus de 2,5 milliards de dollars » auprès d’une banque européenne non précisée. Interrogé par Reuters, le CEO de GSV Shahril Lamin a estimé qu’il lui faudra « trois ou quatre mois » pour obtenir le financement à long terme, une « société japonaise de capital-investissement » étant prête à injecter des fonds « immédiats » dans le groupe Malaysia Airlines « par le biais d’un accord de participation ». Des pourparlers seraient également en cours avec « d’autres banques étrangères et sociétés de capital-investissement pour un financement supplémentaire ». Les montants évoqués permettraient à la compagnie aérienne de « tenir confortablement » pendant 18 mois.

L’objectif serait de poursuivre son activité LC premium tout en maximisant l’utilisation de la flotte de 81 avions ; les activités de fret, de maintenance et les filiales régionales seraient conservées. Selon le directeur général adjoint Ravindran Devagunam, « nous ne licencierons pas les 13 000 employés de première ligne » ; et quelle que soit la durée de la pandémie de Covid-19 cette année, « nous envisageons une augmentation de l’activité à partir de l’été 2021 » – avec pour but un bénéfice net d’ici trois ans.

Fondé par d’anciens responsables de Malaysia Airlines et des professionnels ayant une expérience de l’aviation, GSV aurait soumis il y a un mois sa proposition à la banque Morgan Stanley, embauchée par Kazanah pour gérer la vente de la compagnie qui ne s’est jamais remise de la perte successive de deux avions en 2014 – un disparu dans l’Océan indien (vol MH370) et l’autre abattu au-dessus de l’Ukraine (vol MH17). Ces derniers mois, les rumeurs se sont succédées sur un possible intérêt de Japan Airlines, des low cost AirAsia et Lion Air, voire d’Air France-KLM.

Khazanah Nasional Bhd n’est pas convaincu par l’offre : selon le Daily Express, le fonds souverain est sceptique sur la proposition, affirmant que Golden Skies « n’a pas été en mesure de prouver sa source de financement ». Selon son directeur général Shahril Ridza Ridzuan, il serait « prudent » de savoir si l’offre a été faite avec un soutien financier, compte tenu de la crise mondiale des compagnies aériennes et de l’aversion au risque de crédit en cette période. « De plus, leur proposition initiale repose à 100% sur le financement par emprunt de tiers. Ils n’ont pas de capitaux propres », a-t-il souligné.

Depuis la mi-mars, Malaysia Airlines a suspendu plus de 4000 vols et prévu de conserver une capacité réduite jusqu’à la fin juin, supprimant en particulier tous les vols hors Jakarta en Asie du Sud-est et la plupart de ses rotations vers Londres. Elle a aussi demandé à ses employés de prendre trois mois de congés sans solde. 

 

Non au sauvetage inconditionnel du secteur aérien!

Mediapart du 07/04/2020

Par Maxime Combes

A l’heure où la France & les Pays-Bas envisagent d’injecter des milliards d’euros dans le sauvetage inconditionnel d’Air France – KLM, 250 organisations du monde entier appellent justement les gouvernements à conditionner leurs aides à une série de conditions pour que l’argent public ne soit pas dilapidé pour sauver ce monde d’avant, insoutenable tant sur le plan social qu’écologique.

A défaut de masques, de respirateurs et de tests en nombre suffisants, la France est sur le point de débloquer des milliards d’euros pour sauver Air France KLM, en lien avec les Pays-Bas. Alors que l’activité des compagnies aériennes est réduite à portion congrue, Paris et La Haye seraient d’accord, selon Reuters, pour engager la garantie des Etats pour des prêts de 6 milliards d’euros (4 milliards pour la France). Une injection de capital directe de capital est également dans les tuyaux, et l’hypothèse d’une renationalisation d’Air France – KLM n’est pas exclue comme l’a récemment confirmé Edouard Philippe : la France et les Pays-Bas détiennent 14% chacun de la holding. Avec Lufthansa, les principales compagnies américaines, ce sont toutes les entreprises aériennes qui vont être mises sous perfusion d’argent public – alors que les hôpitaux manquent de tout – dans les jours à venir.

Plus de 250 syndicats et ONG publient ce mardi 7 avril une lettre ouverte adressée aux gouvernements pour dire “Non au sauvetage inconditionnel du secteur aérien !”. Tout renflouement des entreprises du secteur aérien doivent être conditionnées à la reconversion du secteur, avec une réduction des émissions de gaz à effet de serre : jusqu’à présent, l’aviation civile, qui n’est pas couverte par l’Accord de Paris, a pu éviter toute contrainte climatique internationale : il serait aujourd’hui totalement infondé que les gouvernements les sauvent de la banqueroute sans leur imposer des conditions strictes et drastiques pour faire décroître rapidement et considérablement l’impact climatique et écologique de l’aviation. Depuis des décennies, l’industrie aéronautique a également œuvré pour que les exonérations de taxes sur les carburants ou les billets perdurent, permettant de fait au secteur de se développer avec un soutien massif des pouvoirs publics et sans remplir les caisses de l’Etat. Cela ne peut plus durer. 

Au milieu de la crise du Covid-19, alors que le monde entier lutte contre le virus et que d‘innombrables travailleur.euse.s perdent leurs revenus, le secteur aérien exige des renflouements massifs et inconditionnels garantis par les contribuables. Et ce, alors que ces dernières années, les compagnies aériennes se sont fermement op- posées à toute tentative de mettre fin à leurs exonérations fiscales inéquitables et ont refusé de contribuer aux objectifs globaux de réduction des émissions de gaz à effet de serre – objectifs qui nécessiteraient de réduire de manière significative l’activité du transport aérien.

Non seulement celui-ci est déjà responsable de 5 % à 8 % de l‘impact climatique mondial, essentiellement du fait d’une minorité aisée de grand.e.s voyageur.euse.s, mais le secteur prétend également qu‘il peut continuer à croître. D‘énormes profits ont été réalisés au cours des dernières décennies sur le dos de travailleurs à bas salaire et au détriment du climat.

Les travailleur.euse.s touché.e.s par la crise actuelle ont besoin de soutien, mais nous ne devons pas laisser l‘industrie aéronautique continuer à privatiser ses bénéfices et à combler ses pertes avec l’argent public. Si nous ne nous attaquons pas aux problèmes structurels qui ont rendu nos sociétés et nos économies si vulnérables à des crises comme celle-ci, nous serons encore plus vulnérables face aux prochaines, car les inégalités entre les pays et à l‘intérieur de ceux-ci continuent à se creuser et les crises écologiques et climatiques s‘aggravent.

Le sauvetage financier des compagnies ne doit pas permettre au secteur aérien de reprendre ses activités habituelles une fois la crise du Covid-19 terminée. L’argent public doit être utilisé en priorité pour les travailleur.euse.s et le climat.

NOUS DEMANDONS :

1. PRIORITE AUX EMPLOYES

Au lieu de voler au secours des cadres dirigeants et des actionnaires, toute aide financière devrait faire bénéficier les travailleur.euse.s de solides protections en matière de travail et de santé et assurer un revenu de base suffisant au personnel de bord, au sol, dans les services de restauration ainsi qu’aux pilotes et à tou.te.s les autres travailleur.euse.s touché.e.s.

2. UNE TRANSITION JUSTE VERS UNE MOBILITE RESPECTUEUSE DU CLIMAT

Tout soutien public doit s’assurer que l‘industrie aéronautique s‘aligne sur une trajectoire de 1,5 °C. Les réductions d‘émissions doivent être réelles et ne pas faire appel à des mécanismes comptables douteux, tels que la compensation carbone, ni reposer sur des biocarburants qui nuisent à l‘environnement, à la sécurité alimentaire et aux droits fonciers. L’aviation verte est une illusion, les voyages en avion doivent donc être réduits. Pour qu’une sortie de crise se fasse de manière juste, elle doit s’appuyer sur la prise de décision démocratique et l’appropriation publique. Les gouvernements doivent soutenir une transition juste : modifier les réseaux de trans- port de façon systémique, garantir l‘accès à des alternatives abordables (telles que le transport ferroviaire) et permettre aux travailleur.euse.s de quitter les emplois dépendant des combustibles fossiles pour des emplois décents et compatibles avec le climat.

3. PAS DE SAUVETAGES SANS UNE FIN DES EXEMPTIONS FISCALES

Il n‘est pas juste de sauver le secteur aérien avec l’argent des contribuables alors que celui-ci ne paie presque pas de taxes, lui donnant ainsi un avantage injustifié sur les modes de transport à faibles émissions. Il faut donc mettre un terme aux exonérations fiscales : obliger les compagnies aériennes à payer une taxe sur le kérosène et remplacer les programmes de fidélité qui incitent à prendre davantage l’avion, par des taxes équitables et progressives qui pénalisent ceux qui le prennent souvent.

Il s’agit de profiter de la pause involontaire du trafic aérien pour construire un secteur des transports respectueux du climat et résilient face aux crises futures. 

Ces demandes sont soutenues par plus de 250 organisations de la société civile :

Stay Grounded (international) | Am Boden bleiben (GE) | Aterra (PT) | Bevar Jordforbindelsen (DK) | Biofuelwatch (UK) | Coordinadora de Pueblos y Organizaciones del Oriente del Estado de México en Defensa de la Tierra, el Agua y su Cultura (MX) | Ecologistas en Acción (ES) | Fairosene (EU) | Flight Free Australia | PCS Public and Commercial Services Union (UK) | Réseau Action Climat (FR) | Schipholwatch (NL) | Umverkehr (CH) | Peris- kop (AU) | Possible (UK) | WEIT (GE) | Zomer Zonder Vliegen (BE) | 350 Denmark | ActionAid (IE) | Alternatiba (FR) | Amigos de la Tierra (ES) | ASEED (NL) | Attac (GE) | Attac (FR) | Back on Track (Europe) | BBI Bündnis der Bürgerinitiativen (GE) | BUNDjugend (GE) | Carbon Market Watch (interna- tional) | Center for Biological Diversity (US) | CommunityAIR (CA) | Ecomuni- dades (MX) | EDGE Funders Alliance (international) | European Environmental Bureau (EU) | Fern (BE) | Federación Nacional de Energías Renovables (CO) | Fridays for Future (several cities) | GLOBAL 2000 / Friends of the Earth (AU) | Global Forest Coalition (international) | Greenpeace (international) | Guerrilla Foundation (GE) | ICTA UAB (ES) | Jordens Vänner / Friends of the Earth (SE) | International Climate-Safe Travel Institute ICSTI (NZ) | Klima*Kollektiv (GE) | Land over Landings (CA) | Mouvement Ecologique (LU) …

 

Les Français pourront-ils partir en vacances cet été? 

Tourmag du 08/04/2020

Le secrétaire d’Etat aux Transports a demandé aux Français de patienter avant d’effectuer leurs réservations pour cet été … L’enjeu est pourtant de taille pour les professionnels du tourisme, qui n’enregistrent plus une seule vente depuis trois semaines.

Après des vacances de Pâques sans vacancier, le scénario va-t-il se répéter pour les vacances d’été ? S’il est impossible pour l’heure de savoir si les Français seront encore confinés à leur domicile dans trois mois, la prise de parole mardi de Jean-Baptiste Djebbari, secrétaire d’Etat aux Transports, n’est pas très rassurante pour les acteurs du tourisme. « Il y aura un après-coronavirus. Mais pour l’instant (…) je conseille aux Français la plus grande prudence sur la préparation de leurs voyages car la situation aujourd’hui est encore trop incertaine », a-t-il indiqué sur Franceinfo. « Je leur dis d’attendre ».

« Jean-Baptiste Djebbari sait-il combien de temps va durer la crise sanitaire ? Si, comme tout le monde, il l’ignore, alors il a dit une bêtise », réagit jean-Pierre Mas, le président des Entreprises du Voyage (Edv), aux propos du secrétaire d’Etat, et qualifie ses conseils de « prématurés ».

Interrogée mardi soir lors d’une audition de la commission des Affaires économiques du Sénat, la ministre de la Transition écologique Elisabeth Borne, a affirmé que les propos de Jean-Baptiste Djebbari portaient sur « les vols à l’étranger ». 

« Pas le moment d’acheter un billet »

Il n’était « pas en train de dire que les Français ne pourraient pas partir en vacances cet été« , a déclaré Elisabeth Borne. « Le point de vigilance que soulignait Jean-Baptiste Djebbari, c’est qu’aujourd’hui ce n’est pas le moment d’acheter un billet pour partir à l’autre bout de la planète avec toutes les incertitudes qu’on peut avoir sur ce que sera l’état de l’épidémie » en France et dans le monde, a-t-elle précisé.

Une prise de position qui fait bondir le président des Edv. « Si les conditions sanitaires sont réunies, je ne vois pas pourquoi les Français ne pourraient pas partir à l’étranger cet été », affirme Jean-Pierre Mas. Elisabeth Borne a rappelé que ces dernières semaines, le gouvernement a « accompagné le rapatriement de 150 000 Français qui étaient en déplacement à l’étranger ». Elle invite, en revanche, les Français à « profiter de notre beau pays pour les prochaines vacances, ce qui aidera aussi le secteur du tourisme ». Selon le cabinet Protourisme, les réservations pour juillet-août sont « correctes » avec, début avril, « seulement 7% d’annulation ». « Bon nombre ont déjà réservé leurs vacances, d’autres sont dans l’attente », estime Didier Arino, le directeur du cabinet.

« S’ils le peuvent, il y a fort à parier que les Français voudront se changer les idées et partir en vacances. La France sera comme chaque année privilégiée et cela va même s’accentuer cet été », affirme Jean-Pierre Mas. 

Des prévisions « extrêmement noires »

« Nous avons besoin d’un tourisme franco-français, domestique, de proximité. C’est très important pour les acteurs du tourisme sinon cela sera plus de 40 milliards d’euros de pertes pour l’été et des centaines de milliers d’emplois qui seront détruits », avance Didier Arino, qui regrette pour l’heure « le flou total » dans lequel sont plongés les professionnels. « Les acteurs du tourisme aimeraient qu’on leur dise : vous ne serez pas ouverts avant telle date, cela leur permettrait de différer les séjours et d’éviter de repousser de 15 jours en 15 jours les réservations », a-t-il indiqué le 8 avril sur BFM TV. Mais est-ce si simple ? Avant la crise sanitaire, les réservations pour cet été étaient supérieures à l’an dernier mais depuis trois semaines elles se sont littéralement effondrées.

« Seulement 50% des réservations sont maintenues par rapport à une année normale et ça va continuer à baisser », note Jean-Pierre Mas, qui révèle des prévisions « extrêmement noires », de l’ordre de -90% pour le deuxième trimestre et de -60% pour cet été.