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Au sommaire :

Privatisation d’ADP : le Sénat dit non, l’Assemblée nationale aura le dernier mot
Vols illimités en vue pour Qatar Airways en Europe ?
Le CDG Express sera bien construit, confirme Élisabeth Borne
Air France HOP supprime son Orly – Quimper
Ryanair en janvier : trafic en hausse de 11%
Ryanair ouvre un Bordeaux – Lamezia Terme
Faillite de Germania : les passagers secourus par ses rivales

 

Privatisation d’ADP : le Sénat dit non, l’Assemblée nationale aura le dernier mot

La Tribune du 05/02/2019

Ce mardi, le Sénat a adopté, par 246 voix contre 78, des amendements de suppression de l’article 44 modifiant le régime juridique d’ADP et ouvrant la voie à sa privatisation. Pour autant, le dernier mot reviendra cependant à l’Assemblée nationale qui avait adopté cet article en première lecture.

Le Sénat a rejeté ce mardi le projet de privatisation d’ADP. Lors de l’examen en première lecture du projet de loi Pacte sur la croissance des entreprises, le Sénat a en effet adopté, par 246 voix contre 78, des amendements de suppression de l’article 44 modifiant le régime juridique d’ADP et ouvrant la voie à sa privatisation. La très grande majorité des Républicains, la totalité des groupes PS et CRCE et une partie des Indépendants, ont voté pour ces amendements de suppression. La grande majorité des centristes, le groupe LREM et la quasi-totalité du groupe RDSE (à majorité radicale), a voté contre.

Les députés auront le dernier mot

Pour autant, le dernier mot reviendra cependant à l’Assemblée nationale qui avait adopté cet article en première lecture.

L’État est jusqu’ici tenu de conserver la majorité des parts du groupe ADP. Le projet de loi Pacte lui permettra, une fois adopté, de procéder à la vente au privé de tout ou partie des actifs qu’il détient dans le groupe aéroportuaire, soit 50,63% des parts représentant quelque 9,5 milliards d’euros.

La future privatisation d’ADP doit prendre la forme d’une concession pour 70 ans. Le produit des cessions d’actifs d’ADP, ainsi qu’une partie de ceux détenus par l’État dans la Française des jeux (FDJ) et Engie, devrait être investi en obligations d’État et rapporter 250 millions d’euros par an qui serviront à financer des projets innovants.

En commission, les sénateurs ont supprimé du texte les dispositions concernant la FDJ et amendé celles d’Engie. Ils devaient aborder en séance de nuit ces deux autres opérations de privatisations prévues par le projet de loi Pacte.

Réactions

“Après le désastre financier de la privatisation des autoroutes, vous nous proposez de privatiser des actifs hautement sensibles (…) ADP “c’est la porte de la France sur le monde”, “il faut le garder public”, a-t-il exhorté, glissant: “Si Vinci n’a pas eu Notre-Dame-des-Landes, ce n’est pas une raison pour lui faire un cadeau”. Martial Bourquin (PS)

“Nous parlons de notre principale frontière”. David Assouline (PS).

Michel Vaspart (LR) a jugé “étonnant de vendre au privé ce qui rapporte à l’État”, se disant “opposé à la privatisation d’un monopole”.

“C’est une entreprise qui fonctionne, gardez-là”. Roger Karoutchi (LR).

“Il y a des privatisations mal menées comme (l’aéroport de) Toulouse”, en partie cédé à un groupe chinois, a convenu le centriste Vincent Capo-Canellas, tout en faisant valoir que d’autres, comme Lyon et Nice, ” se sont bien déroulées”.

 

Vols illimités en vue pour Qatar Airways en Europe ?

La Tribune du 06/02/2019

Le Qatar et la Commission européenne ont trouvé ce mardi un accord sur les services aériens entre le Qatar et l’Union européenne. S’il est signé, cet accord libéralisera progressiverment les liaisons entre les deux parties et imposera des règles de concurrence équitables à respecter.

Vols illimités en vue pour Qatar Airways en Europe ? En tout cas une étape majeure a été franchie ce mardi, puisque le Qatar et la Commission européenne ont trouvé un accord sur les services aériens entre le Qatar et l’Union européenne. Les deux parties l’ont annoncé ce mardi.

“Cet accord historique sera le premier du genre jamais conclu entre l’Union européenne et un État membre du Conseil de coopération du Golfe (CCG). Il offre un avantage concurrentiel important aux transporteurs aériens des deux parties et un cadre durable pour les opérations futures. En conséquence, tous les transporteurs aériens des 28 États membres de l’Union européenne et du Qatar ont désormais un accès illimité et sans restriction à leurs territoires respectifs”, a déclaré Qatar Airways dans un communiqué.

La compagnie qatarie va néanmoins un peu vite. L’accord n’est pas signé. Il doit être au préalable examiné par le conseil européen. Par ailleurs, selon certaines sources, la libéralisation des services sera progressive en fonction des pays. Un ciel ouvert n’entrerait pas en vigueur avant plusieurs années.

“Nous sommes très heureux d’avoir conclu nos négociations avec l’État du Qatar aujourd’hui à Doha. Grâce à l’engagement ferme de toutes les parties, nous avons réussi à concilier nos différences et à trouver un terrain d’entente grâce à un engagement honnête et à un dialogue ouvert”, a déclaré de son côté Henrik Hololei, directeur général de la Commission européenne chargé de la mobilité et des transports.

Ciel ouvert contre classe de concurrence équitable

Dans l’esprit, cet accord vise à libéraliser à terme les liaisons entre le pays du Golfe et l’UE comme le souhaitait le Qatar en contrepartie de clauses de concurrence équitable inscrites dans l’accord, permettant aux compagnies européennes de se battre à armes égales contre ce concurrent accusé de bénéficier d’aides publiques de son émirat-actionnaire.

C’est pour lutter contre ces distorsions de concurrence que les pays européens, poussés par la France et l’Allemagne (eux-mêmes poussés par Air France-KLM et Lufthansa) avaient mandaté la Commission en 2016 pour qu’elle négocie, certes, une libéralisation des droits de trafic avec certains pays tiers, mais en instaurant des mesures permettant de lutter contre la concurrence déloyale des compagnies de ces pays. Les pays du Golfe comme Qatar Airways, mais aussi celles des Emirats arabes unis (Etihad et Emirates), étaient clairement dans le viseur. Mais si les négociations ont abouti avec le Qatar, elles n’ont toujours pas débuté avec les Emirats arabes unis. Prévue l’an dernier, la première journée de négociations a été annulée par les Emirats.

Reste à voir ce qu’il y a dans l’accord. Pour l’heure, silence radio sur les clauses de concurrence équitable exigées. Selon certaines sources en France, celles-ci intègreraient notamment une obligation de transparence sur les comptes et les subventions avec la mise en place d’une instance de règlement en cas de plainte.

“il est fort probable néanmoins que cet accord soit jugé insuffisant par des compagnies comme Air France-KLM ou Lufthansa. Ce ne sera jamais assez pour ces compagnies”, explique avec une pointe d’ironie un député européen non français.

Dans tous les cas, cet accord constitue une mauvaise nouvelle pour des compagnies comme Air France. Avec sa qualité de service, sa qualité opérationnelle, Qatar Airways est un concurrent redoutable. En outre, son réseau de partenaires (les compagnies du groupe IAG -British Airways, Iberia, Air Lingus, Level, Vueling- dans lequel Qatar Airways est actionnaire par exemple) peut l’aider à trouver de bons créneaux horaires sur les gros aéroports européens.

Face aux demandes du Qatar d’obtenir des droits dits de 5ème liberté entre l’Europe et un pays tiers, l’Union a, selon certaines sources, refusé.

La problématique du contrôle d’Air Italy

Outre la question des subventions, la présence de Qatar Airways au capital d’Air Italy (ex Meridiana) irrite certaines compagnies européennes comme Lufthansa et les compagnies américaines. Ces dernières y voient un cheval de Troie permettant à la compagnie du Golfe d’assurer des vols transatlantiques au départ de l’Europe. Pour elles, même si Qatar Airways ne détient que 49% du capital de la compagnie italienne, elle en possède le contrôle effectif, contrairement à la règlementation européenne qui interdit à tout transporteur non communautaire d’avoir le contrôle d’une compagnie de l’UE (d’où l’impossibilité de détenir une participation supérieure à 50% capital). Une accusation que dément évidemment Qatar Airways, comme le fait d’ailleurs Delta dans le cas de Virgin Atlantic dans laquelle elle détient 49% du capital également.

 

Le CDG Express sera bien construit, confirme Élisabeth Borne

La Tribune du 06/02/2019

La ministre des Transports a estimé que le projet de liaison rapide entre Paris et l’aéroport de Roissy-CDG était “nécessaire pour Paris et toute l’Île-de-France”. Pour tâcher d’éteindre les critiques de nombreux habitants et élus d’Ile-de-France opposés au projet, elle rappelle que plus de 500 millions d’euros, sur le 1,8 milliard d’euros que doit coûter le projet de CDG Express, iront à l’amélioration du RER B.

Le mois de février devait être celui de la décision de faire ou de ne pas faire cette liaison ferroviaire rapide entre l’aéroport Roissy-Charles de Gaulle et Paris. Février parce que, d’une part, c’est à ce moment que la mission de concertation menée par le préfet d’Île-de-France Michel Cadot, s’achève et d’autre part, c’est à ce moment-là que doivent impérativement commencer les travaux pour tenir l’objectif d’une mise en service en décembre 2023.

Et de fait, Élisabeth Borne a confirmé ce mardi la construction du CDG Express, train rapide censé relier Paris à l’aéroport de Roissy à temps pour les jeux Olympiques de 2024, assurant que “ça ne se fera pas au détriment des transports du quotidien”, et notamment du RER B.

“Le contrat de concession sera signé dans les prochains jours” avec le gestionnaire d’infrastructure détenu à parts égales par ADP, SNCF Réseau et la Caisse des Dépôts, a annoncé Mme Borne dans une interview au quotidien “Le Parisien”.

Un projet “nécessaire pour Paris et toute l’Île-de-France”

Elle ajoutait : “C’est indispensable pour pouvoir donner le coup d’envoi des travaux sans perdre de temps”, estimant que “le projet de CDG Express est nécessaire pour Paris et pour toute l’Ile-de-France”. Le CDG Express doit théoriquement relier, à partir du 1er janvier 2024, la Gare de l’Est, dans le centre de Paris, au terminal 2 de l’aéroport de Roissy. Le trajet, long de 32 kilomètres, doit durer vingt minutes et coûter 24 euros.

Mais ce projet est contesté par de nombreux habitants et élus d’Ile-de-France qui craignent notamment que les travaux ne perturbent trop les lignes de trains de banlieue au nord de Paris, en particulier le RER B. “Il y a un nombre de chantiers très importants, avec quinze projets majeurs d’après SNCF Réseau. Le CDG Express n’est qu’une petite partie du sujet”, a pointé la ministre. “Le préfet de région (Michel Cadot) a été chargé d’une mission sur le calendrier des travaux. Il remettra ses conclusions fin mars ou début avril. Il dira clairement quels sont les éventuels ajustements qui pourront être nécessaires dans l’organisation des chantiers”, a-t-elle relevé, notant qu’il faudra, le cas échéant, faire des priorisations”.

Mme Borne a rappelé au passage que plus de 500 millions d’euros, sur le 1,8 milliard que doit coûter le projet de CDG Express, iront à l’amélioration du RER B.

Une ouverture pour les JO de 2024 est “tenable”

Quant à une ouverture à temps pour les JO de 2024, “à l’heure actuelle, SNCF Réseau nous dit que cette date est tenable”, a constaté Mme Borne.

“La mission confiée au préfet de région vise à préciser à quelles conditions, et avec quelles interruptions de circulation, SNCF Réseau serait en mesure de tenir son calendrier. En fonction des conclusions qui me seront remises, on sera amené à prendre des décisions”, a-t-elle expliqué, ajoutant que “cela pourra le cas échéant toucher au calendrier”.

“Je le dis très clairement: je n’exclus rien, on n’est pas arc-bouté sur un calendrier qui serait irréaliste. Aujourd’hui, l’objectif est de mettre en service pour les JO, mais ça ne se fera pas au détriment des transports du quotidien”, a souligné la ministre.

 

Air France HOP supprime son Orly – Quimper

Air journal du 06/02/2019

La liaison de la compagnie aérienne Air France HOP entre Paris et Quimper sera suspendue à la fin du programme estival 2019, en raison de la baisse constante du trafic.

Les 18 rotations hebdomadaires sans concurrence de la filiale régionale d’Air France entre sa base à Paris-Orly et l’aéroport de Quimper-Bretagne ne sont plus proposées à la réservation après le 25 octobre 2019, une décision justifiée par plusieurs années consécutive de baisse de trafic, la dernière en date étant de -6,67% en 2018. L’annonce de HOP « sans concertation ni information préalable » n’est cependant pas une surprise pour le maire de Quimper Ludovic Jolivet, interrogé par Le Télégramme : il accuse la compagnie d’avoir « organisé sciemment et de façon méthodique le déclin de la ligne depuis plus de deux ans (pannes, annulations, reports) » pour justifier sa décision, malgré la « nécessité avérée de maintenir la ligne, les efforts des gestionnaires de l’aéroport et l’inscription dans le pacte d’accessibilité du projet d’une obligation de service public (OSP) ». La confirmation de l’OSP au 1er janvier 2020 pourrait permettre d’éviter « la rupture de service, grâce au concours de l’État et des collectivités », espère le maire. Lors de sa visite en Cornouaille en juin dernier, Emmanuel Macron avait annoncé un soutien financier de l’État à la liaison aérienne avec Orly, ainsi qu’à celle reliant Lorient à l’aéroport parisien. Les négociations avec le gouvernement se poursuivent.

L’aéroport Pluguffan est géré par ADC (Aéroport de Cornouaille), dont le président Jean-François Garrec, pour qui la ligne vers la capitale est « indispensable au tissu économique parce que la Cornouaille est excentrée, à plus de trois heures de Paris en TGV ». ADC est une filiale d’Aéroports de Bretagne Ouest (ABO), concessionnaire de l’aéroport de Brest où Air France propose des vols depuis Orly et CDG.

Outre Paris-Orly, Quimper est reliée cet été à Figari et à Nice par la compagnie française ; il accueille également les avions de British Airways en provenance de Londres-City.

 

Ryanair en janvier : trafic en hausse de 11%

Air journal du 05/02/2019

La compagnie aérienne low cost Ryanair a accueilli 10,3 millions de passagers le mois dernier Laudamotion incluse, un trafic en hausse de 11% par rapport à janvier 2018.

En janvier 2019, la spécialiste irlandaise du vol pas cher a transporté 10,0 millions de clients (+7%), tandis que sa filiale autrichienne en accueillait 300.000. Le coefficient d’occupation des Boeing 737-800 de Ryanair s’affiche à 91%, tandis que celui des Airbus A320 et A321 de Laudamotion est à 89%.

Ryanair précise dans son communiqué qu’elle a exploité plus de 58.000 vols réguliers en janvier. Plus de 90% d’entre eux sont arrivés à l’heure (excluant les retards liés au contrôle aérien), « offrant ainsi la meilleure ponctualité parmi les principales compagnies aériennes de l’UE ».

Sur les douze derniers mois en trafic glissant, Ryanair a vendu 140,2 millions de billets d’avion, un total en hausse de 8% par rapport à la période précédente à fin janvier 2018. Le coefficient d’occupation moyen était de 96%.

 

Ryanair ouvre un Bordeaux – Lamezia Terme

Air journal du 06/02/2019

La compagnie aérienne low cost Ryanair proposera cet été une nouvelle liaison entre Bordeaux et Lamezia Terme en Italie, sa 29eme dans l’aéroport français destiné à devenir une base.

Du 28 mai au 26 octobre 2019, la spécialiste irlandaise du vol pas cher proposera deux vols par semaine entre Bordeaux-Mérignac et l’aéroport de Lamezia Terme, opérés en Boeing 737-800 de 189 sièges. Les départs sont programmés à 11h10 pour arriver à 13h40, les vols retour quittant la Calabre à 14h15 pour atterrir à 16h25 (durée de vol 2h20). Ryanair sera sans concurrence sur cette route, sa seule entre la France et Lamezia.

La low cost proposera donc 29 routes cet été à Bordeaux, dont sept vers l’Italie, quatre vers le Maroc, trois vers l’Espagne, le Portugal ou le Royaume Uni, deux en France (Marseille et Nantes), deux vers l’Irlande et une vers la Belgique, l’Allemagne, le Danemark, la Grèce et la Pologne. L’aéroport Mérignac deviendra en avril une base de Ryanair, avec deux avions stationnés sur place et 60 postes créés qui doivent « soutenir 825 emplois sur site ».

Yann Delomez de Ryanair a déclaré hier dans un communiqué : « nous sommes ravis d’annoncer le lancement d’une nouvelle ligne au départ de Bordeaux vers Lamezia débutant fin mai, qui opérera avec un service de deux vols hebdomadaires, dans le cadre de notre programme d’été 2019 à Bordeaux. Pour célébrer cette annonce, nous mettons en vente des sièges sur cette ligne à partir de seulement 27,99 €, pour voyager de mai à juin. Cette offre est disponible à la réservation jusqu’à vendredi minuit (8 février). Étant donné que ces tarifs incroyablement bas seront happés rapidement, nous enjoignons les clients à se connecter sur www.ryanair.com afin d’en profiter au plus vite ».

Ryanair transporte 141 millions de passagers par an sur plus de 2400 vols quotidiens depuis 92 bases, reliant plus de 200 destinations dans 37 pays, avec une flotte de plus de 450 737-800 – et 210 737 MAX commandés, « ce qui permettra à Ryanair de réduire les tarifs et d’augmenter le trafic à 200 millions de clients par an d’ici à 2024. Ryanair compte sur une équipe de plus de 14.000 professionnels de l’aviation hautement qualifiés, qui assurent une ponctualité et une performance à la pointe de l’industrie, tout en affichant un record de sécurité inégalé en Europe depuis 33 ans ».

 

Faillite de Germania : les passagers secourus par ses rivales

Air journal du 06/02/2019

L’arrêt des opérations de la compagnie aérienne Germania mardi a entrainé les habituelles offres de rivales pour venir au secours des passagers bloqués dans les aéroports. Le gouvernement allemand a confirmé qu’il ne lui viendra pas en aide.

Lufthansa et les autres filiales du groupe Swiss, Austrian Airlines et la low cost Eurowings ont proposé dès le jour de la faillite de Germania le 5 février 2018 des offres commerciales, afin de permettre en particulier aux clients de la compagnie basée à l’aéroport de Berlin-Tegel bloqués à l’étranger de rentrer en Allemagne. Sur le site d’Eurowings par exemple, tout client de Germania réservant un vol de remplacement pourra prétendre à un remboursement de 50% du prix du billet acheté, sous conditions bien sûr – dont le fait que le vol retour vers l’Allemagne était prévu d’ici la fin février (les vols intérieurs ou achetés dans le cadre d’un forfait sont exclus). Des offres similaires sont proposées également par Condor et TUI fly. Côté voyagistes, l’Association allemande du voyage (DRV) a annoncé que des arrangements alternatifs étaient à l’étude.

Germania précisait dès hier que les passagers ayant réservé leur vol dans le cadre d’un forfait peuvent contacter leur voyagiste respectif afin d’organiser un transport de substitution. En revanche pour les passagers ayant réservé directement sur son site, « il n’existe malheureusement aucun droit de substitution ». Ses trois routes entre l’Allemagne et Bastia ne sont en particulier plus accessibles à la réservation, pas plus que celle reliant Paris-CDG à Pristina.

Le syndicat Verdi va mettre en place une assistance juridique aux employés de Germania, dont le versement des salaires avait été reporté ; un communiqué explique que les équipages « ont fait preuve d’un engagement total en dépit des turbulences, et ne doivent pas être maintenant livrés à eux-mêmes ». Verdi estime que la compagnie a été victime d’une « concurrence ruineuse », après avoir « tenté de profiter de la faillite d’Air Berlin » – en vain. Ryanair a de son côté promis une « embauche immédiate » aux pilotes, PNC et techniciens de Germania se présentant à l’embauche dans l’une de ses bases.

De son côté, le gouvernement allemand a exclu la possibilité de venir en aide financièrement à Germania, n’ayant « pas de plan concret » pour la soutenir même s’il surveille « de près » la situation. Cette faillite « est un cas d’économie du marché », a déclaré le ministre de l’Economie allemand Peter Altmaier, précisant que si l’Etat s’en mêle « en aidant arbitrairement certaines entreprises et pas d’autres, cela aurait un coût considérable qu’il s’agit d’éviter ». Les Démocrates sociaux, membres de la coalition au pouvoir, ont promis de pousser à la création d’un système à l’échelle de l’Europe de protection des passagers en cas de faillite d’une compagnie aérienne.

Le CEO de Germania Karsten Balke déclarait hier : « malheureusement, nous n’avons finalement pas été en mesure de mener à bien nos efforts de financement pour couvrir un besoin de liquidités à court terme. Nous regrettons beaucoup que, par conséquent, notre seule option était de nous déclarer insolvables ». Des « événements imprévisibles » sont rendus responsables de la faillite tels que les augmentations massives des prix du carburant l’été dernier et l’affaiblissement simultané de l’euro par rapport au dollar, des retards « considérables » dans l’intégration des avions dans la flotte, et un nombre anormalement élevé d’événements de maintenance des avions. Germania opérait en Allemagne une flotte de 19 Airbus A319, six A320 et cinq Boeing 737-700 (elle devait recevoir l’année prochaine 25 A320neo, dont la production n’avait pas encore commencé), sur un réseau principalement charter vers la Méditerranée, l’Afrique du nord et le Moyen-Orient, transportant environ 4 millions de passagers par an. Nul ne sait en particulier qui reprendra la navette Airbus entre Toulouse et Hambourg.

Rappelons que le réseau de la filiale suisse Germania Flug, basée à Zurich-Kloten et dont les opérations ne sont pas affectées, inclut Calvi en France à partir du 12 mai prochain et Agadir au Maroc ; à Toulouse, elle propose cet été des vols vers Dubrovnik, Oujda, Tanger et Madère. Autre filiale de Germania basée à Sofia, Bulgarian Eagle n’opère que dans le cadre de contrats ACMI, avec deux A319.

Une autre compagnie basée dans la capitale allemande a fait faillite en octobre dernier, Air Berlin dont le dernier vol après 39 ans d’activité avait relié Munich à l’aéroport Tegel.